Henri Bergson: philosophe français, né et mort à Paris (1859-1941)

samedi 27 février 2010

Choisir l'exil ou se faire tondre comme un mouton ?

Au moment où une orchestration bien rodée dans l'opinion publique semble paver la voie à de drastiques mesures budgétaires pour le gouvernement du Québec (sorties répétées depuis quelques semaines des Lucides: Lucien Bouchard, Pierre Fortin, André Pratte entre autres), il ne semble y avoir au Québec actuellement aucune place au contrepoids de ce discours assaillant! J'ai beau me promener de la Première chaîne radio de la SRC vers le 98,5 fm; j'ai beau parcourir les pages aux opinions du Devoir ou de La Presse...mais diable où sont les représentants de la véritable social-démocratie? Est-ce par crainte d'être lapidé qu'on se tait ou est-ce parce qu’on se fait tout simplement museler comme des petits chiens qu'on ne veut plus entendre japper ?

En tout cas, une chose me deviens de plus en plus évidente : plus je jase avec des gens de ces questions-là, plus une idée semble se gagner du terrain : si le gouvernement frappe trop fort en venant réduire de manière drastique notre pouvoir d’achat (déjà assez affaibli) en tant que consommateur québécois par un train de mesures d’augmentation de frais, d’augmentation de taxes déjà existantes ou l’ajout de nouvelles taxes (toutes des mesures régressives à l’égard des moins bien nantis) il existe un risque de voir ces gains anticipés de tout simplement s’évaporer. Ce risque est celui de pousser plusieurs personnes au Québec vers l’exil.

Je me suis amusé à jaser de cela avec des gens de ma région limitrophe à l’Ontario et plusieurs personnes évoquent cette idée : « si le gouvernement du Québec pense que je vais me faire vider les poches en me laissant raser comme un vulgaire mouton, il se trompe : je vais tout simplement mettre ma propriété à vendre et déménager en Ontario! ». Il ne faudrait pas faire l’erreur que j’évoque ici des cas isolés, ce genre de réflexion se gagne beaucoup de terrain présentement.

L’exil est l’ultime moyen de manifestation lorsque nous voulons marquer notre profond désaccord avec les orientations de l’État : lorsque le gouvernement semble ne vouloir être à l’écoute que d’une seule classe de gens (les mieux nantis dans ce cas-ci au Québec, les fameux Lucides), et qu’il n’existe plus aucune autre façon de démontrer notre profond désaccord, alors l’exil reste l’ultime moyen de s’affirmer.

Je dois avouer cette idée m’effleure l’esprit depuis quelques temps…

Normand Perry
Soulanges au Québec, en ce 27 février 2010, 11h45

Merci à Vigile d'avoir publié ce texte: http://www.vigile.net/Choisir-l-exil-ou-se-faire-tondre

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