Henri Bergson: philosophe français, né et mort à Paris (1859-1941)

samedi 23 octobre 2010

Pourquoi le PQ se désintègre-t-il?

Depuis plusieurs années nous sommes collectivement témoin d’un morcellement des forces vives du Parti québécois, tant vers sa gauche (Québec Solidaire) que vers sa droite (ADQ un certain temps et la future formation Facal-Legault d’ici quelque temps).

Ce parti politique créé à la fin des années soixante du siècle dernier, fut le rassemblement des diverses tendances (gauche-droite) sous un même parapluie, dans le but de permettre à la nation québécoise de pouvoir accéder à son statut de pays indépendant et souverain.

Dès les premières années cependant, avec l’adoption de la démarche dite « étapiste » d’accession à l’indépendance, ce parti politique commençait dès lors à viser à côté de l’objectif de ce pourquoi il fut créé, dans la crainte de susciter méfiance et hostilité par rapport à ce qui constitue la substance même de son existence. Si on fait décoller une fusée spatiale, ne serait-ce qu’à un seul degré d’erreur au sol, le pilote de cette dernière aura tout un travail de redressement à faire pour parvenir à son objectif.

Puis sont venus deux référendums à quinze années d’intervalles l’un de l’autre, chacun posant au peuple du Québec une question référendaire qui n’était pas à proprement dit indépendantiste. Une véritable question indépendantiste serait : acceptez-vous que le Québec devienne un pays indépendant et souverain, oui ou non?

Puis dans le souffle du double échec référendaire des leaders arrivèrent à la tête du PQ en proposant une démarche en accentuant un éloignement du projet de pays, ne se rendant aucunement compte que cette démarche étapiste est le boulet empêchant le PQ d’offrir au peuple ce qu’il attend d’un parti politique indépendantiste. Qu’on pense à Pierre-Marc Johnson, André Boisclair, et malheureusement aujourd’hui Pauline Marois.

La création de Québec solidaire il y a quelques années, parti politique au programme et valeurs reflétant la social-démocratie; et la création anticipé d’un futur parti politique dans la foulée du manifeste des Lucides avec Joseph Facal et François Legault, ayant pour objectif (en apparence louable) de remettre de l’équilibre dans les finances actuelles du Québec; ces phénomènes donc, sont la manifestation assez claire d’une désintégration d’un parti politique souverainiste dans la forme, mais parce qu’il n’est plus l’ombre de ce qu’il était en substance. C’est pour cette raison que l’on déserte de plus en plus le PQ. Cette désintégration était prévisible et inévitable après le départ d’un chef qui n’aurait jamais du partir en juin 2005.

Une seule chose peut encore sauver ce parti politique de sa disparition et c’est un virage indépendantiste qui ne laisse aucun doute dans sa démarche pour y parvenir autant que dans l’apologie de la cause en tant que telle. Nous sommes foncièrement devant une question ontologique ici et rien d’autre. Tant et aussi longtemps que subsistera un relent d’étatisme au PQ, les personnes ayant foi en ce projet de pays poursuivront leur exode à gauche et à droite en dehors du PQ, parce qu’elles ne voient guère le jour où ce parti politique jouera franc jeux devant la population et ces propres membres.

Les problèmes financiers du Québec que les Facal, Legault et bien d’autres encore croient pouvoir régler en tassant la question nationale font erreur : c’est en devenant un pays souverain et indépendant que le Québec aura tous les leviers nécessaires pour agir pleinement, sans attendre sur la permission de qui que ce soit pour régler les problèmes en question.

Et comment peut-on s’imaginer un instant que c’est en tenant un discours sur une gouvernance souverainiste provinciale que l’on va réussir à vendre le projet de pays aux gens restant à convaincre? On le voit bien dans la stagnation des intentions de votes à l’égard du PQ depuis près de deux années : ça ne passe pas la rampe!

C’est en développant et en maintenant un discours sans équivoque sur la nécessité de l’indépendance que le PQ sera pris au sérieux, et surtout en proposant un agenda non moins équivoque.

Je crois qu’il y a encore un seul véritable leader au Québec capable de faire en substance de ce parti ce qu’il doit être. Malheureusement, ce leader n’est plus à la tête de ce parti. Il serait grandement temps que quelqu’un pense à le faire revenir à grands pas!


De Soulanges au Québec
En ce samedi soir d'octobre 2010

Normand Perry