Henri Bergson: philosophe français, né et mort à Paris (1859-1941)

lundi 11 avril 2011

Parfois avoir honte de ses origines anglaises...

Ce fut le cas dimanche soir dernier (le 10 avril 2011) alors que Guy A. Lepage recevait à TOUT LE MONDE EN PARLE Harley Morenstein et Sterling Toth, animateurs d’une série « culinaire » Epic Meal Time sur le web.

Je vous le dis, les restaurants de type rapide (McDonald, Harveys et Burger King de ce monde) sont des anges par rapport à ce que l’on propose à Epic Meal Time. Je vais prendre le moins pire des mets qui furent évoqués hier pour illustrer mon propos : un sous-marin d’une soixantaine de centimètres de longueur, on y aligne cinq à six saucisses à hot-dog, on y ajoute une poutine avec beaucoup de sauce, puis vient le sirop d’érable et une garniture de bacon en prime. Vous vous imaginez le nombre de calories d’une seule bouchée de cet infâme sandwich? Moi qui n’a rien d’un végétarien ou végétalien, j’avais les hauts le de cœur en voyant le type de recette qu’on propose à Epic Meal Time. Si vous décidez d’aller voir leur site web, je recommande de le faire alors que l’estomac est vide.

Mais il y a eu plus que cela pour me fâcher. Ces deux individus, originaires comme ils le disent du « West Island » de Montréal, ont répondu aux questions françaises de l’animateur en anglais seulement. Deux jeunes dans la trentaine s’ils y sont, nés et installés au Québec depuis toujours, répondent qu’en anglais à l’animateur.

Soyons clairs : lorsqu’une émission de télé francophone reçoit des invités de l’extérieur du Québec et qu’ils ne s’expriment pas en français, je suis d’une très grande tolérance en un cas semblable pour une entrevue avec réponses traduites simultanément. Mais lorsque nous recevons à des micros francophones du Québec des gens nés et ayant grandi au Québec et qu’ils ne peuvent pas dire un seul mot dans la langue de la nation québécoise, là j’ai des fusibles qui sautent dans mon esprit!

Regardez bien la chose suivante : PERRY. Est-ce que ça sonne français ce nom-là? Mes ancêtres venus des Îles anglo-normandes de Jersey ont adopté le français comme langue dès la première génération au début des années 1800, donc après la conquête anglaise. Question de respect à l’égard de la majorité d’accueil et d’accommodement pour la vie quotidienne, j’imagine. Puis, mes recherches m’ont fait découvrir que le nom Perry (ou Perree) a été répertorié une première fois dans la région du Hampshire en Angleterre autour de la période de la conquête des Normands vers 1060. Donc, du côté paternel mes origines n’ont rien de Françaises.

Du côté maternel : FETHERSTON. C’est un nom écossais. La majorité des Écossais vivant ici ont comme langue maternelle l’anglais et plusieurs font des efforts louables pour s’exprimer dans la langue nationale des Québécois, le français.

A quoi je veux en venir : moi descendant d’anglais et d’écossais, comment pourrais-je être fier de mes origines lorsque j’entends des gens, plus jeunes que moi par surcroît, s’exprimer publiquement en anglais seulement, alors qu’ils sont nés ici, qu’ils ont grandi ici et travaillent ici au Québec? Ces jeunes hommes (à TLMP) ont eu un environnement optimal pour qu’ils puissent avoir tous les outils nécessaires pour s’exprimer dans leur langue seconde au Québec, le français.

En plus d’être bilingue français-anglais, ma curiosité m’a amené à m’initier à six autres langues. Cette curiosité en plus de me faire apprendre des langues étrangères, m’a ouvert l’esprit à des dizaines et dizaines de cultures exotiques dans le monde.

Et une chose est très claire dans mon esprit : si un jour je décide de m’établir en Italie, en Russie, au Japon ou en Allemagne, alors je vais perfectionner la langue nationale du pays d’accueil pour parler adéquatement avec les gens vivant dans ce pays : l’italien, le russe, le japonais ou l’allemand. Question de respect, d’accommodement et de courtoisie.

Moi, descendant d’Anglo écossais vivant au Québec, ayant pour la langue première par principe et par amour le français, parce que la langue nationale des Québécois est le français, j’affirme ne m’en sentir aucunement diminué, je ne sens aucun mépris à mon égard pour cette raison, et en plus j’ai le loisir de m’amuser avec d’autres langues par pur plaisir.

Quand va-t-on se mettre ça dans la tête une fois pour toutes qu’au Québec la langue de la majorité est le français? Et que parler dans l’espace public avec les gens de la majorité dans leur langue n’est qu’une simple question de respect et de courtoisie?

Et vous québécois de descendance francophone, n’est-il pas temps de vous tenir debout courageusement sur le sol de votre nation et de vous affirmer en cessant de plier l’échine au moindre son de n’importe quelle autre langue en exprimant avec dignité toutes les beautés de la langue de Molière?

De Soulanges en ce 11 avril 2011,

Normand Perry

Un fier héritier le la langue de Molière!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Seuls les commentaires et critiques signés (identifiés) par leur auteur seront publiés.