Henri Bergson: philosophe français, né et mort à Paris (1859-1941)

lundi 2 décembre 2013

Aristote, l'âme et le politique...

Citation du jour: « Le politique doit posséder une certaine connaissance de ce qui a rapport à l’âme »
- Aristote, philosophe grec de l'Antiquité; extrait de l'Éthique à Nicomaque.

Tout politicien qui ignore, volontairement ou non, cette affirmation du Stagirite, n'est pas au service du bien suprême dans la chose publique. Et de ce fait, si un politicien n'est pas au service du bien suprême dans la chose publique, ou bien il est au service d'intérêts tiers qui n'ont rien avoir avec la chose publique, ou bien il est au service d'un pur ego.

- Normand Perry, 2 décembre 2013.

Aristote sur Wikipédia

Aristote de Raphaël
(1510-1511, fresque du Vatican)

mercredi 21 août 2013

Se lancer dans la mêlée...

De manière très contemporaine et par les médias sociaux et mon blogue, j'annonce mon intention de me porter candidat à la mairie de Les Coteaux à l'élection du 3 novembre prochain.

J'entends présenter un programme qui va s'articuler sur quatre axes majeurs:

1- La famille
2- La sécurité
3- Le développement durable
4- Citoyenneté et démocratie participative

Tous mes engagements de campagne vont s'articuler autour de ces axes, ayant tous rapport les uns par rapport aux autres, et qui sont placé de manière prioritaire. Autrement dit, sécurité, développement durable tout comme la citoyenneté et la démocratie participative prennent leur racine et ont tous pour but de servir la famille.

Le développement d'une municipalité de région comme la nôtre ne peut avoir de sens que s'il est dirigé vers et pour la famille.

C'est donc avec le regard résolument tourné vers l'avenir et avec grand plaisir que j'entends ainsi être un candidat et éventuellement un maire en proximité avec ces concitoyens qu'il aura à servir d'abord et avant tout.

Hotel de Ville: Les Coteaux

dimanche 18 août 2013

Entre le point A et le point B, la rectiligne est toujours le plus court chemin...

Pourquoi est-ce que je donne mon appui à Jean-Claude St-André


Nous apprenions, ces derniers jours que l’ancien député péquiste de l’Assomption, Jean-Claude St-André, se lançait dans la course à la chefferie d’Option nationale, un poste laissé vacant après le départ, aussi inattendu que soudain, de son chef fondateur Jean-Martin Aussant, au début de l’été 2013. Je veux saluer, par ailleurs le courage immense de Jean-Martin et son travail titanesque, dans la fondation, avec succès, de ce nouveau parti indépendantiste, surtout auprès des jeunes, de même que son discours franc, précis et clair, ainsi que le courage dont il fait preuve en faisant passer son devoir de père de famille avant toutes choses.

Mais la Terre continue de tourner, le Québec est toujours une dépendance de cette monarchie britannique qu’est redevenu le Canada sous l’archiconservateur Stephen Harper. 

Lorsque j’ai rencontré Jean-Claude St-André pour la première fois c’était en 2005, au cours des dernières semaines de la course à la chefferie du PQ. À l’époque, je m’étais déjà engagé à donner un appui inconditionnel à Louis Bernard. Après avoir fait la connaissance avec Jean-Claude St-André, je savais, dans mon for intérieur, que cet homme avait la stature d’un chef en devenir, et surtout qu’il avait une conviction très solide à l’égard de la question de l’indépendance nationale. La seule chose qu’il lui manquait à l’époque pour devenir chef et réussir à remporter une élection générale c’était la notoriété. Depuis il en a fait du chemin pour l’accroitre. 

Je dois confesser aussi, qu’à l’époque je trouvais l’approche de Jean-Claude (sur la question nationale) un peu trop directe. Jean-Claude prônait et prône toujours une accession du Québec à son statut de pays indépendant par élection. En d’autres termes, on se fait élire majoritairement comme gouvernement du Québec, puis on enclenche les procédures de l’indépendance du Québec, en débutant par une déclaration d’indépendance. En 2005, je trouvais cette approche casse-cou. Casse-cou non pas pour la question nationale elle-même, mais parce que moi j’étais quelque peu attardé par la  mentalité électoraliste du PQ. Depuis il y a eu évolution en ce qui me concerne.

Celles et ceux qui me lisent savent très bien que j’ai rejeté du revers de la main cette approche étapiste du PQ : on se fait élire par un programme de bon gouvernement, puis on attend le moment propice pour déclencher un référendum sur l’indépendance du Québec; j’ai aussi rejeté du revers de la main le PQ, qui on le voit bien en ce moment et ce, depuis septembre 2012, avec son approche de gouvernance souverainiste, nous fait tourner en rond comme un chien courant après sa queue : le PQ nous fait perdre de l’énergie, du temps et fait surtout perdre de la crédibilité à l’égard du projet même de l’indépendance avec toutes les trahisons à l’égard de ses promesses de campagnes électorales de même qu’à l’égard de ces racines profondes. 

Bien des gens ont cru que le départ de Jean-Martin Aussant allait tuer son jeune parti Option nationale. Je le craignais aussi. Mais avec l’annonce de la candidature de Jean-Claude St-André, c’est une figure de proue et un véritable leader indépendantiste sur lequel nous allons pouvoir compter pour tenir la gouverne de la question nationale dans les prochaines années, à condition qu’il soit élu à la tête d’Option nationale.

Pour la première fois dans toute l’histoire moderne de la question de l’indépendance nationale du Québec, il y aura un chef qui va proposer une approche directe de l’accession du Québec à son statut de pays indépendant. Jamais avant Jean-Claude St-André un leader aura eu le courage de proposer cette approche, jamais. Il faut l’écouter dans ce vidéo pour s’en convaincre : il n’y aura pas de « niaisage avec la puck ». Si Jean-Claude St-André devient chef à Option nationale, nous serons sur la voie de l’indépendance du Québec. Et si ça veut dire prendre plus d’une élection avant de se faire élire au Gouvernement du Québec, eh bien qu’il en soit ainsi. Personne ne pourra reprocher à Option nationale d’avoir un jeu caché derrière le dos. Option nationale propose l’accession du Québec à son statut de pays indépendant, si vous votez pour nous, c’est pour ça que vous votez. C’est clair, précis et honnête!

Avec tout ce qui s’est passé depuis 2005 (époque à laquelle je trouvais cette approche trop directe), j’ai évolué sur la manière et l’approche de l’indépendance. D’abord avec tout ce que nous avons appris à propos des tricheries du camp du NON en 1995, et nous avons assez d’éléments de preuves pour présenter une requête à l’O.N.U. pour annuler les résultats de ce référendum volé aux Québécois. Ensuite, tout ce que fait et ne fait pas le gouvernement conservateur de Stephen Harper contre le Québec. Finalement, le tournage en rond du PQ et ses multiples trahisons; j’en ai assez! Sortons de cet infâme fédération canadienne avec laquelle (et plusieurs canadiens anglais en conviennent aujourd’hui d’ailleurs) n’avons plus rien en commun. Rien ne nous empêchera par la suite d’avoir des relations économiques et diplomatiques avec le Canada, comme nous en aurons avec n’importe quel autre pays au monde lorsque le Québec sera lui-même un pays.

Pour que nos rêves et aspirations profondes puissent être possibles, il faut d’abord se donner un chef indépendantiste qui en soit véritablement un, élisons Jean-Claude St-André à la tête d’Option nationale.

mercredi 3 juillet 2013

Où sont nos fruits et légumes produits au Québec?

Ce printemps dernier le Gouvernement du Québec lançait sa politique de souveraineté alimentaire du Québec avec tambours et clairons. En ce qui me concerne, je n'avais pas besoin d'une telle politique pour être un consommateur consciencieux de la question pour me comporter de manière responsable à l'égard de nos agriculteurs du Québec.

Par contre, il est fascinant de constater jusqu'à quel point les grandes bannières de nos épiciers au Québec, tout comme les kiosques de ventes de fruits et légumes indépendants, tardent à appliquer la nouvelle politique québécoise de souveraineté alimentaire. Pour juger d'une telle chose, je me sers d'un indice: les champignons.

Je réside dans la région de Soulanges (sud-ouest de la de Montérégie), et sauf IGA qui me semble être la seule grande bannière à faire de véritables efforts pour offrir en rayon des champignons produits ici au Québec, les autres grandes bannières (Provigo, Loblaws, Maxi, Super C, Metro) et kiosques indépendants n'ont que des champignons ontariens à offrir. Pourtant nous avons deux gros producteurs québécois de champignons: G.D.P. de Verchères et Élite, et certainement d'autres que je ne connais pas.

Je veux, et je tiens à encourager nos producteurs de fruits et légumes du Québec. Je suis conscient jusqu'à quel point cela est d'une importance vitale pour la survie de l'industrie maraîchère au Québec que d'acheter localement: mais que peut faire le consommateur, réellement, devant des grandes bannières et kiosques indépendants qui ne semblent pas vouloir mettre l'épaule à la roue dans l'application de la politique de souveraineté alimentaire du Québec?

Faudrait-il un programme gouvernemental comportant des obligations contraignantes, avec pénalités à l'égard des distributeurs qui favorisent les producteurs d'ailleurs au détriment des producteurs québécois? En attendant que les chaînes de distributions alimentaires fassent l'effort d'offrir des champignons du Québec, je les achète là où on les trouve. Je fais tout pour éviter d'acheter ceux qui nous proviennent d'Ontario.

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Ce texte est également publié sur:

- Le Globe
- Huffington post Québec

jeudi 20 juin 2013

Le destin de la nation québécoise

C’était hier la journée Jean-Martin Aussant. Son départ laisse un grand vide, non seulement à Option nationale, mais également dans la vie politique québécoise, tout comme dans le mouvement indépendantiste. Rarement ai-je vu (depuis toutes ces années où la vie politique occupe une place importante dans mes centres d’intérêts), une personne porter avec autant d’intelligence et de finesse la question nationale. La plus grande preuve de réussite de son discours et de son action n’est pas uniquement d’avoir fondé avec succès un nouveau parti politique ayant de l’avenir, mais d’avoir suscité l’intérêt d’une nouvelle génération à l’égard de la chose publique et de l’indépendance. Cet héritage doit subsister!

Aujourd’hui débute ce qui va survenir du futur de cet héritage. Et il n’y a pas une minute à perdre.

Quoique Option nationale semble avoir un noyau de militants très solide, une vocation très claire et une notoriété grandissante dans l’électorat québécois, sa situation présente est grandement fragilisée suite au départ de Jean-Martin Aussant. Cette situation nécessite l’arrivé d’un nouveau chef qui va devoir, non seulement poursuivre la croissance de cette jeune formation politique, sur les bases solides qu’elle possède présentement, mais surtout s’appuyer sur une notoriété personnelle qui soit extrêmement solide à la grandeur du Québec.

En d’autres termes ça va prendre un individu qui a déjà fait ses classes, qui connaît le milieu indépendantiste et vice et versa, et qui a surtout le potentiel, sous son leadership, de permettre à Option nationale de faire élire des députés à l’Assemblée nationale du Québec, mais surtout de gagner le pouvoir afin de réaliser l’indépendance du Québec. Tout cela est possible, surtout dans un contexte où il est acquis (avec un taux d’insatisfaction croissant dans les sondages de près de 70% depuis plusieurs mois) que le PQ va prendre une méchante débarque au prochain scrutin général. Et je doute même que le PQ ne puisse survivre à un tel désastre.

Nous l’avons tous compris : nous sommes à la recherche d’une perle rare!

Et elle existe cette perle rare.

Ayant le verbe, la fougue et l’éloquence d’un Pierre Bourgault, cet individu incarne tout en même temps le charisme d’un René Lévesque en sachant galvaniser les foules par son énergie lorsqu’il s’exprime, le peuple se reconnait en lui j’en suis convaincu, tout comme Lévesque d’ailleurs. Car il incarne à sa façon et sa manière d’être l’âme de la nation Québécoise. Cet individu n’est ni un mythe pas plus qu’une chimère, il existe et j’ai nommé Pierre Curzi.

Je sais que Pierre Curzi, par l’amitié qui le lie à Jean-Martin Aussant, n’osera jamais initier de sa propre personne une cabale visant à le faire élire chef à Option nationale. Mais l’heure est trop grave et trop importante dans l’histoire actuelle du peuple québécois pour laisser place aux sentiments. La raison d’État doit primer en toutes choses et toutes circonstances.

Pierre, j’en appel à votre sens du devoir patriotique, à votre passion, à votre idéal, à votre fougue et à la réalisation de votre plus grande aspiration comme celle du peuple québécois qu’est celle de l’avènement du Québec au concert des nations : portez-vous candidat à la succession de Jean-Martin Aussant.

Vous avez tout ce qu’il faut pour réussir l’immense défi qui se présente à vous, il n’y a pas à n’en douter une seconde. Le peuple québécois de manière plus inconsciente qu’avouée, est à la recherche de ce type de leader dont il a cruellement besoin en ce moment. Un leader qui va permettre à ce peuple de vivre un réveil extraordinaire, une véritable résurrection ayant la capacité de lui permettre d’accomplir son destin, sa plus grande aspiration : celle d’être un pays.

L’heure du devoir sonne Pierre Curzi : répondez-lui avec toute la passion dont vous êtes capable, pour l’amour du Québec.

(Source de l'image: Société Radio-Canada)

mardi 18 juin 2013

Tenir des élections municipales cet automne? D’une parfaite absurdité!

Alors que la Commission Charbonneau est dans la seconde phase de son mandat (Laval), et que l’UPAC multiplie enquêtes, perquisitions et arrestations, surtout dans le secteur municipal, il apparaît de plus en plus grave l’état dans lequel se trouvent nos institutions démocratiques, et encore et d’autant plus grave la réputation du Québec à travers le monde!

Pendant ce temps, toujours dans le secteur des municipalités et villes du Québec, les candidatures à divers postes électifs se préparent, s’annoncent et s’activent. Et, en même temps, un message, répété et insistant auprès de l’électorat de se faire présent lors du jour du vote, se fait entendre, et avec raison. Plusieurs prétendent, non sans raison, que l’état lamentable dans lequel nous retrouvons aujourd’hui nos institutions démocratiques municipales est,  en partie, attribuable à la désertion grandissante, tout comme inquiétante, des électeurs par rapport aux boîtes de scrutin lors d’élections municipales, mais aussi une absence encore plus désolante de la participation du citoyen à la vie démocratique lors des réunions du conseil municipal de chacune des municipalités et villes du Québec. À l’époque où j’occupais la fonction de conseiller municipal (2005 à 2009 à Les Coteaux), très rares étaient les fois où l’assistance dépassait le nombre de cinq personnes. Devant une telle désertion, les élus prennent pour acquises, de manière consciente ou non, les fonctions et responsabilités qui leur incombent. Parfois même, et nous le savons aujourd’hui avec les arrestations qui se multiplient dans le monde municipal, certains perdent toute conscience morale (s’ils en ont déjà eu une!) et se croient tout permis.

Heureusement un grand nettoyage se fait actuellement : reconnaissons à la Commission Charbonneau tous les bienfaits présents et à venir des révélations qui se font jour, tout comme le travail colossal de l’UPAC. Malheureusement, ce n’est pas suffisant. Car ce travail, effectué par ces deux organismes, constitue, d’une certaine manière, un travail en aval des problèmes graves de corruption-collusion que nous tentons d’éradiquer au Québec, donc après les faits. Mais que fait-on en amont? Ou que devrait-on faire en amont pour éviter que ces problèmes réapparaissent comme de véritables champignons empoisonnés?

D’abord, il ne faut guère s’illusionner : jamais nous ne vivrons dans une société parfaite et exempte de tout profiteur. Il en a toujours existé, il en existe, et il en existera toujours. Le défi, que nous posent cette problématique et ces gens à la conscience morale légère, est de leur rendre la vie d’une complexité telle, qu’ils se décourageront de s’engager dans des pratiques de corruption-collusion. Autrement dit, il faut savoir devenir plus rusé que le renard lui-même.

En ce qui concerne nos institutions démocratiques, tant à l’Assemblée nationale du Québec que dans nos conseils municipaux, il faut trouver une façon de leur barrer la route avant même qu’ils n’accèdent à des postes électifs, et ce, avant même qu’ils ne soient élus.

Dans plusieurs organismes de loisirs et de sports, nous voyons des responsables ou entraîneurs de jeunes être soumis à une vérification policière d’antécédents criminels afin d’empêcher d’éventuels pédophiles de s’immiscer dans ces milieux, d'avoir accès à des jeunes et de provoquer des drames terribles. Et il y a une acceptation sociale très forte de cette pratique de vérification policière d’antécédents criminels. Pourquoi ne pas appliquer une telle chose à l’égard de nos institutions démocratiques? 

Et il y a un autre problème : des élections municipales approchent à grands pas, elles se tiendront à la grandeur du Québec début novembre 2013. À la lumière de ce qui se passe présentement à Laval, Montréal, Boisbriand, Mascouche et ailleurs encore, peut-on vraiment aller en élections cet automne au Québec, en laissant n’importe qui se présenter à des postes électifs, sans connaître au préalable le passé de ces individus? Lorsque Michael Applebaum fut choisi comme maire intérimaire de Montréal après le départ de Gérald Tremblay qui,  du grand public, aurait pu prédire une arrestation de l’UPAC en juin 2013? Personne! Et pourquoi? Parce que personne du grand public ne pouvait se douter qu’un jour très proche de novembre 2012, Michael Applebaum se ferait arrêter et accuser de quatorze chefs d’accusation « de complot, de fraudes envers le gouvernement, d'abus de confiance et d'actes de corruption dans les affaires municipales ». Et pourtant, n’est-il pas arrivé à son poste de maire en prétendant être monsieur Net par excellence? 

Il serait d’une absurdité parfaite que le Québec entier plonge en élections municipales en novembre 2013 sans que rien ne soit fait. C’est absurde. Il faut barrer la route aux criminels à cravate à des postes électifs.

Je propose qu’une vérification policière d’antécédents criminels, doublée d’une enquête de l’AMF sur chacun des individus qui se présente à un poste électif au Québec soient effectuées, et ce, sous la responsabilité du DGEQ. Et si une telle mesure nécessite l’adoption d’une nouvelle loi, que nos élus à l’Assemblée nationale prennent une pause de leur congé estival et qu’ils se mettent à l’œuvre maintenant. Et dans l’hypothèse que de telles vérifications révèlent des actes criminels reconnus coupable dans le passé, que ce candidat (candidate) se retire volontairement ou que ces informations soient divulguées publiquement, puisque c'est de l'intérêt public dont il est question ici. Dans l’état actuel des choses au Québec, nous ne pouvons plus nous fier à la bonne foi des gens qui se disent intègres et honnêtes : nous devons nous en assurer avant qu’ils ne soient élus.

*Ce texte est également sur les tribunes suivante:

- Huffington post Québec
- Le Globe

dimanche 9 juin 2013

L'indépendance du Québec par la voie citoyenne

LE CONSEIL DE LA SOUVERAINETÉ DU QUÉBEC VERS LE CITOYEN

Les orientations dans lesquelles semblent s'orienter le Conseil de la Souveraineté du Québec m'apparaissent comme étant très porteuses pour une prise en charge de la question nationale hors des partis politiques, et cela par chacun des citoyens du Québec en solidarité les uns par rapports aux autres.

Le fait de rendre les représentants des partis politiques stricts observateurs sans droit de vote aux décisions fondamentales du CSQ, est très significatif en ce sens. Et je dirais même que cette manière d'aborder les choses constitue une véritable convergence des forces indépendantistes du Québec par la base citoyenne.

Ce qui me fait me rappeler une conversation que j'ai eue, un jour, avec Bernard Landry, alors chef de l'Opposition officielle à Québec, qui me demandait à brûle-pourpoint: "Normand, d'après-toi, comment pourrions-nous faire passer le taux d'appuis à l'indépendance à une proportion de plus de 50%?"

Ma réponse fut instinctive autant qu'immédiate: le peuple doit se réapproprier la question nationale. Pour l'heure, la question nationale est l'affaire des hautes sphères politiques et les citoyens s'y sentent de moins en moins impliqués. Trouvons des moyens d'impliquer le citoyen et le taux d'appuis pourrait prendre des proportions très surprenantes.

POUSSONS CETTE LOGIQUE UN PEU PLUS LOIN...

Cette logique vers laquelle s'engage le Conseil de la Souveraineté du Québec ne saurait être complète sans une prise en charge totale du « quand » et du « comment » de la réalisation de la question nationale. Pour qu'une telle chose puisse être possible, les partis politiques se déclarant officiellement en faveur de la réalisation de l'indépendance du Québec ne devraient s'en tenir qu'à cette déclaration et laisser entre les mains du CSQ la mécanique du « quand » et du « comment ». En d'autres termes, plus aucun parti politique ne pourrait avoir quelque emprise que ce soit, à des fins électoralistes, sur la question nationale, risquant d'entraîner cette noble question dans des dédales partisans. Nous le savons, la partisannerie politique est l'un des carburants les plus puissants du cynisme de la population à l'égard de la classe politique. La question de l'indépendance du Québec étant une question trop noble et trop grande pour la laisser ainsi être entraînée dans le cynisme de la population à l'égard de la classe politique doit être prise en charge de manière autonome. Je dirais même que les partis politiques doivent en être désappropriés, purement et simplement. 

Pour la suite des choses, lorsque le CSQ aura mené la société civile à un large consensus concernant l'acceptation de l'idée de l'indépendance du Québec, le CSQ pourrait très bien alors aviser le parti politique indépendantiste en fonction au Gouvernement d'enclencher le processus d'accession à l'indépendance. 

De cette manière, plus aucun parti politique ni aucun chef de parti, ne pourra prétendre que la question nationale leur est exclusive, ils perdront toutes formes de possibilité de manipulation de la question nationale pour en faire un enjeu ouvert ou caché d'un programme de gouvernement lors d'une campagne électorale, ou pire encore, prendre la question nationale en « otage » pour s'attirer le vote souverainiste. Et pour que le CSQ puisse jouir d'une véritable autonomie par rapport aux partis politiques indépendantistes, il serait plus que souhaitable, pour une question de transparence et de liens intrinsèques inappropriés, que son financement soit tout autant autonome et d'aucune manière lié à un parti politique ou un autre.

J'affirme que les nouvelles orientations dans lesquelles semblent vouloir s'engager le CSQ répondent exactement à ce que j'avais en tête lorsque je répondais à la question de Bernard Landry, parce qu’ainsi le CSQ deviendra la locomotive de la question nationale, sans qu'aucun parti politique ne puisse prétendre posséder l'unique agenda de l'indépendance qui sera désormais une affaire citoyenne: la convergence nationale de la base de société civile.

Le temps n’est-il pas venu d’aller vers de nouveaux paradigmes concernant la question nationale québécoise?

Ce texte est également sur mes autres tribunes suivantes:

- Vigile
- Le Globe
- Huffington post Québec

lundi 3 juin 2013

La charité aux caisses? Non, merci!

Récemment, à deux reprises, en un très court laps de temps, alors que je me présentais à une caisse pour payer (la première fois, une addition au restaurant ; la seconde, des achats dans un magasin), je me suis fait demander par la caissière : « Voulez-vous, monsieur, ajouter un montant pour [telle] cause de charité ? »… Après quelques instants de silence, je répondis, chaque fois, assez sèchement : «Non.»

La première fois, au restaurant (une chaîne québécoise spécialisée en petits-déjeuners et déjeuners), en revenant à la voiture, j’en discutai avec l’ami avec lequel je venais de partager le petit-déjeuner. Nous en sommes assez vite arrivés à certains constats : une chaîne de restaurant qui s’adonne à une telle pratique ignore le malaise qu’elle peut occasionner aux clients qui se font demander pareille chose alors qu’ils sont probablement entourés soit de collègues de travail, d’amis ou de parents. De plus, le commun des mortels ignore probablement que l’ensemble des sommes recueillies par le commerce en question profite directement à ce commerce sur le plan fiscal, car les crédits d’impôt, déduits pour dons de charité, ne sont pas attribués aux donateurs (les clients), mais au commerce qui déclare cette grosse somme globale sur ses impôts d’entreprise.

Bon, je pense que vous avez une idée du portrait que je tente ici de dresser.

L’éthique commerciale

Évidemment, en plus de profiter des retombées fiscales dont je viens de faire la preuve, l’entreprise qui pratique ce genre de chose (collecte de fonds de charité à la caisse) tente de projeter une image d’entreprise soucieuse du bien collectif ou social : on se donne bonne conscience sociale, sur le dos du client, et surtout, à son insu ! Sans parler du profit qu’elle en tire sur le plan fiscal.

Ce faisant, cette même entreprise transgresse beaucoup d’éléments éthiques. Premièrement, lorsque je décide de faire la charité pour une cause qui me tient à coeur, je pratique systématiquement une maxime biblique qui stipule que « ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite » (Matthieu 6 : 3). En gros, faire le bien, soit, mais uniquement dans le but de faire le bien à la personne concernée, le tout discrètement, sans que ce soit vu et connu publiquement. Ainsi, le geste que je pose est dépourvu de toute forme de recherche de reconnaissance publique ; c’est un geste posé, purement et simplement, dans le but de faire du bien. Ainsi, lorsqu’une entreprise demande à un client, sans trop de discrétion, de faire don de charité, on lui force la main. D’un côté, le client ne voudra pas paraître radin de s’abstenir devant d’autres (qu’est-ce que les gens vont penser de moi ?) ou encore sera tenté de donner de manière plus substantielle qu’il en serait capable (sur le plan budgétaire personnel) pour se faire une belle réputation devant les autres.

Deuxièmement, une entreprise qui pratique ce genre de chose agit de manière très hypocrite. Car, comme je l’ai démontré plus haut, cette entreprise en retire un gain fiscal sans avoir eu à fournir aucun effort financier pour cela, en recueillant des fonds, simplement et insidieusement, auprès de sa clientèle. Clientèle qui, j’insiste, dans une très grande majorité, ignore tout des retombées fiscales dont cette entreprise profite grâce à elle, de même que de la notoriété qu’elle lui permet d’acquérir à son insu.

Au moins, de la discrétion

Soyons clairs, cette pratique visant à inciter la clientèle à faire un don de charité en l’interpellant verbalement devant témoins est profondément immorale sur le plan de l’éthique, et indécente à plusieurs égards à l’endroit de la principale source de revenus d’une entreprise : le client.

Vous tenez tout de même à inciter votre clientèle à faire des dons de charité ? Au moins, ayez la décence d’user de discrétion à son endroit ! Installez une boîte de dons à côté de la caisse en mentionnant sur cette boîte où les dons seront dirigés, et ordonnez à vos agents de caisse de ne point souffler mot à propos de cette boîte : elle est là, les gens ne sont pas des imbéciles, et ils feront un don s’ils en ont envie. Et ayez aussi la décence d’écrire « merci ».

L’éthique commerciale n’est pas une chose qui sert à montrer patte blanche quand ça vous chante ; elle a surtout pour but d’anoblir la pratique du commerce afin que tous, clients et fournisseurs, puissent bénéficier réciproquement de l’échange de biens ou de services contre de l’argent.

Ce billet est également publié sur l'une de mes tribunes suivantes:

- Le Globe
Huffington Post Québec

Il a également été publié en page A-7, section Idées du journal Le Devoir le 5 juin 2013 sous le même titre: La charité aux caisses? Non, merci!
(http://www.ledevoir.com/edition-pdf/2013-06-05.pdf)


jeudi 30 mai 2013

À toute rédemption un sacrifice est nécessaire.

La cause indépendantiste doit passer par une forme de rédemption pour regagner de l’appui et de la notoriété publique : qu’est-ce qui me fait dire une telle chose? La conclusion du Congrès de la Convergence nationale le 26 mai 2013 à Montréal, où visiblement une certaine forme de malaise était perceptible chez plusieurs devant l’absence d’un engagement profond et formel de la part du principal et, en apparence incontournable PQ et de sa chef, absente!

Mais qui dit rédemption, dit sacrifice (c’était d’ailleurs le sens de la dernière phrase de mon texte en lien d’avant le Congrès de la Convergence nationale).

Depuis qu’il a pris le pouvoir en septembre 2012, le PQ avec ses multiples trahisons, sa gouverne souverainiste avec balbutiement d’intention de modification de la constitution canadienne, avec une chef qui n’a jamais eu, n’a pas et n’aura jamais un jugement de la raison critique que tout chef d’État se doit d’avoir, le PQ est devenu le sacrifice que requiert la rédemption de la cause indépendantiste. Tout ce que l'on dit, tout ce que l'on fait, et tout ce que l'on ne fait pas dans ce gouvernement de Pauline Marois, fait un tort incommensurable à la notoriété de la cause de l'indépendance nationale du Québec. 

Certains se refusent de voir ce parallèle, mais plus le taux d'insatisfaction grimpe à l'égard des contre-performances de ce gouvernement Marois (à près de 70% selon une tendance ascendante dans les sondages), plus l'appui à la cause de l'indépendance a tendance à suivre un courbe descendante. Toujours selon des sondages les plus récents, l'appui à l'indépendance du Québec oscillerait actuellement autour de plus ou moins 30%. Au printemps 2005 l'appui était à 54% alors que Bernard Landry était chef du PQ.

Grimpez dans les rideaux, criez au scandale, faites toutes sortes de pirouettes : à la fin du jour, c’est devenu une vérité qui crève le regard serein de toute personne ayant le sens du réalisme, et j'en suis.

N’invoquez pas à la défense du PQ qu’il est un gouvernement minoritaire, c’est peine perdue comme argument en ce qui me concerne : ni la CAQ ni le PLQ n’étaient (et ne sont toujours pas) en position de précipiter le Québec en une élection hâtive.

Le PQ avait (et a) toujours le loisir de défendre les idées fondamentales de son programme (à la limite de l’acceptable pour une partie de la gauche de l’électorat) tout en bâtissant une véritable « fièvre » indépendantiste, surtout avec tous les dossiers du gouvernement conservateur qui nuisent carrément à tous les québécois. Mais non, une véritable stratégie de terre brûlée est pratiquée par cet infâme gouvernement, le plus médiocre de toute l’histoire de ce parti. René Lévesque doit être train de fumer 10 paquets de cigarettes par jour dans sa tombe de Sillery tellement c’est honteux à sa mémoire tout ce que fait le PQ depuis le 4 septembre 2012.

Je l’affirme avec force et vigueur : le PQ doit être sacrifié pour que la rédemption de la cause indépendantiste soit possible, sans quoi oublions-ça mes amis, s’en est fait de la nation québécoise comme pays indépendant!

Il est temps qu’un réveil brutal soit provoqué et c’est ce que je veux faire de manière ultime!

Il est minuit moins cinq, réveillons-nous en sortant de nos illusions!

Normand Perry

Billet disponible sur l'une de mes tribune suivantes:



samedi 25 mai 2013

Réussiront-ils à vaincre mon scepticisme?


Alors que l'attention de tous les indépendantistes est mobilisé vers le Congrès de la Convergence nationale, et ayant reçu des dizaines d'invitations pour que j'y participe, j'ai résolument pris la décision de décliner de  toutes mes forces.

Dans une lettre par courriel que j'ai envoyé personnellement à Jocelyn Desjardins et Bernard Landry cette semaine, deux amis pour qui j'ai la plus haute estime, je leur demandais: « êtes-vous en capacité d'imaginer jusqu'à quel point ai-je perdu foi dans toutes formes de collaboration ou d'entente électorale entre les partis indépendantistes? Êtes-vous en capacité d'imaginer jusqu'à quel point mon « écœurement » est lourd à l'endroit de l'éléphant dans la pièce de verre qu'est devenu la plus grande nuisance à l'indépendance du Québec qu'est le PQ actuel?

Tant que ce parti existera ou qu'il ne vivra pas une transformation profonde, la cause de l'indépendance ne fera que reculer dans l'opinion publique tant et tellement le PQ fait un dommage irréparable à la cause par sa façon actuelle de gouverner et sa façon incohérente de s'y prendre pour montrer qu'il veut emmener le Québec vers le pays, alors que tous ces actes et décisions les plus fondamentaux et importants vont exactement dans le sens contraire.

Sincèrement je vous souhaite un immense succès à ce Congrès et ses suites et tant mieux si vous réussissez à me faire mentir. Et si cela devait arriver, je vais publiquement m'humilier et le reconnaître. 

Mais je n'y crois tout simplement plus (je ne parle pas du pays, mais de toutes les tentatives d'alliances stratégiques tant que le PQ dans sa mouture présente est dans le portrait), j'en suis trop dégoûté.

Le PQ a fait une sacré belle job pour s'aliéner de telle manière un militant aussi farouche de l'indépendance que je le suis! »

Voilà ce qui m'anime intérieurement face à la question nationale présentement. J'ai acquis l'intime conviction que seul un ou de véritables miracles seront en mesure de réussir à faire travailler tous les indépendantistes ensemble et vers la même direction dans le but de remettre le projet d'indépendance sur les rails, et surtout lui faire regagner de la notoriété dans l'opinion publique. 

Mais une telle chose ne pourra se faire qu'au prix d'un grand sacrifice que personne n'ose même imaginer l'impérative nécessité en ce moment...

Normand Perry.

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lundi 20 mai 2013

Je deviens critique de film d'un jour...


Photo: George Spigot's blog
Critique du film Star Trek: Into Darkness 
(Star Trek: Vers les ténèbres)

Sachant que l'histoire de ce film allait tourner autour de Khan Noonien Singh, je me suis dit qu'il me fallait me remettre en tête ce personnage important de l'histoire de Star Trek.

Alors dans les jours ayant précédés ma sortie au cinéma, j'ai revue l'épisode "Space Seed" de la première saison de la série originale de Star Trek. Puis le film Star Trek: The Wrath of Khan. Je ne pouvais terminer cette préparation sans revoir le premier film de J.J. Abrams projeté en salle en mai 2009, juste question de me remettre en tête les nouveaux acteurs personnifiant les Kirk, Spock, McCoy et cie.

Quoique la nouvelle histoire proposée par J.J. Abrams tourne autour du personnage de Khan, Abrams en fait quelque chose d'étonnant et d'inattendu.

Quoique ma préparation à ce nouveau film ne soit aucunement une nécessité pour le comprendre, il permet cependant une profondeur dans la compréhension qui échappera à un nouveau "trekkie".

Ce film est à voir absolument pour plusieurs raisons: l'excellence de l'histoire et de ces rebondissements; l'excellence des effets visuels et sonores aussi. Notre prix d'entrée est largement rétribué par ce que nous voyons et entendons, notamment la musique originale par Michael Giacchino et le rappel des thèmes familiers qui furent légués par Alexander Courage et Jerry Goldsmith.

Je me permets cependant quelques petits bémols:

1- Le jeu des acteurs laisse parfois sur notre appétit, malgré quelques moments drôle des jeux scéniques.

2- A quelques endroits du film on a nettement l'impression de copier-coller de quelques citations légendaires de Star Trek. Je me permets de dire à J.J. Abrams la chose suivante: quand à repartir à neuf une toute nouvelle affaire dans Star Trek (l'intention de son premier film), les emprunts de citations à ce que nous connaissons d'avant auraient pu faire place à plus de créativité.

Tout en me gardant de dévoiler quoi que ce soit sur l'intrigue du film Star Trek: Into Darkness ou de sa conclusion, elle laisse cependant entendre qu'une nouvelle série télévisée Star Trek est peut-être en préparation, puisqu'il est clairement fait mention de "la mission de cinq ans" de l'Enterprise, que l'on retrouvait dans le générique d'ouverture de la série originale dictée par le capitaine Kirk.

Je me permets de terminer cette critique en énumérant mon ordre de préférence de tous les films Star Trek ayant été faits à ce jour. Jusqu'à ce matin, le premier de ma liste était Star Trek: The Wrath of Khan. Mais ce n’est plus le cas :

12- Star Trek Nemesis (2002)

D'un simple mordu de Star Trek (séries et films),

Normand Perry.

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samedi 11 mai 2013

Un gouvernement lamentablement médiocre!


Stéphane Bergeron, ministre de la sécurité publique du Québec.
Photo: Gouvernement du Québec.

Quelques médias rapportaient ces derniers jours que le ministre de la sécurité publique du Québec, Stéphane Bergeron, rejette catégoriquement de l'ensemble des critiques à l'égard de son « comité » d'enquête sur le printemps érable... hum!

Et si on effectuait ensemble un petit voyage dans le temps monsieur Bergeron : comment était l’attitude de Jean Charest était alors que tout le Québec lui réclamait une commission d'enquête publique sur la construction et le financement des partis politiques il n’y a pas si longtemps il me semble? Entêté, obstiné, orgueilleux et acculé aux pieds du mur, et pendant deux ans il s'est endurci dans une position intenable... et que je sache il était vertement critiqué par le PQ. Ça ne vous dit rien j’imagine?

En quoi votre réaction de rejet se différencie-t-elle, en substance, de cette attitude?

Il faut lancer une commission d'enquête publique avec un mandat clair et circoncis sur le printemps érable sans quoi le taux d'insatisfaction à l'égard de votre gouvernement va dépasser les presque 70% (et vous n'y êtes pas très loin) de celui du PLQ alors au pouvoir. Votre « comité » fantôme actuel ne plait à personne, ni du côté étudiants qui réclament plus de transparence et un mandat mieux définit, ni du côté policiers (3 syndicats à date ayant annoncé un boycott de ce comité par manque de transparence) et des partis de l’Opposition qui eux vous taxes de chercher à vouloir faire retomber le blâme de ce printemps érable sur le PLQ, alors que je vous reproche monsieur Bergeron d’être complaisant au PLQ! Et dans l’ensemble de tous les intervenants qui contestent votre « comité » fantôme nous retrouvons un mélange tout azimut d’arguments contre ce comité flasque et insignifiant!

Mais qu'avez-vous pour l'amour du ciel au PQ à passer votre temps à vous tirer dans le pied depuis le 4 septembre tout sciant la branche sur laquelle vous êtes assis?

C'est lamentablement médiocre votre performance en tant que Gouvernement du Québec! Lamentable! Comment expliquer autrement avoir presque atteint les 70% d'insatisfaction populaire en un temps record (moins d'un an) autrement que par cette médiocrité?

Normand Perry.

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jeudi 18 avril 2013

Just watch us!


Il semble bien que pour Justin Trudeau, le fait que l'Assemblée nationale du Québec adopte une motion unanime (fait rare) au nom du peuple du Québec, demandant d'avoir accès à toutes les informations relatives au rapatriement constitutionnel de 1982 où son paternel a joué un rôle central, que ce soit donc pour le fils une chose très très secondaire. Car voyez-vous «pour l’instant, c’est une question d’accès à l’information et bien que la Loi sur l’accès à l’information doit être mise à jour, je ne trouve pas que c’est important de rouvrir ces vieilles chicanes» déclarait le principal intéressé le 16 avril 2013

Puis comme pour ajouter l'injure à l'insulte Justin Trudeau, dans une arrogance typique de son paternel à l'égard du peuple du Québec, jetait sur les épaules de René Lévesque tout l'odieux de cette « non-signature » du Québec à cette constitution. Tout compte fait et à la lumière des informations nous provenant du livre « La Bataille de Londres » de Frédéric Bastien, l’on comprend qu'il en est mieux ainsi d'ailleurs!

Mais dites-moi Justin Trudeau: si nous suivons bien votre raisonnement, le fait de  vous refuser à l'idée de faire la lumière sur ces événements de 1982 constitue dans votre perception le fait de mettre à jour ce qui fut de vieilles chicanes, n'est-ce pas?

Est-ce que le fait d'admettre ainsi que les événements du rapatriement de la constitution en 1982 soient en effet de vieilles chicanes, n'admettez-vous pas du même souffle de manière implicite que ce Canada fondé par votre paternel ne le fut pas dans la concordance entre la nation canadienne et la nation québécoise? Est-ce admettre aussi que ce rapatriement de 1982, sans l'accord du Québec par son premier ministre d'alors René Lévesque, est en fait un véritable coup de force et un coup d'état constitutionnel, comme l'évoque le livre de Frédéric Bastien? Est-ce avouer tout en même temps que le Québec est actuellement et depuis 1982 soumis contre son gré à une constitution qu'il ne reconnaît pas de facto

C'est cela la vieille chicane que vous vous refusez de voir, alors que le Québec vient d'exprimer par la voix unanime de ses élus à l'Assemblée nationale sa volonté que toute l'information relative aux événements du rapatriement de la constitution de 1982 lui soit intégralement accessible ?

Faut-il donc conclure monsieur Trudeau que la vérité est le cadet de vos soucis en tant que chef d'un parti politique fédéral, et comme aspirant Premier ministre d'un pays fondé sur une constitution, dont la légitimé est plus que douteuse, à la lumière d'événements que vous vous refusez de voir et d'admettre?

Que devons-nous comprendre monsieur Trudeau d'un aspirant Premier ministre pour qui la VÉRITÉ est aussi banale que peau de chagrin?

En passant Justin Trudeau, si vous vous refusez toujours à l'idée d'ouvrir de vieilles chicanes, sachez qu'en jetant tout le discrédit sur le regretté René Lévesque comme vous l'avez fait, vous venez d'en créer une toute nouvelle. Et pour reprendre les mots célèbres d'un autre Trudeau, je me permet de dire au nom de toutes celles et tous ceux qui en ce moment se sentent profondément blessés par cette déclaration: « just watch us »!

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samedi 13 avril 2013

Une p'tite montée de lait!



J'ai une question pour François Legault, le chef de la Coalition "Avenir" Québec: t'as déjà vu un arbre réussir à pousser sans s'enraciner profondément dans la terre?

Alors comment peux-tu toi vouloir prétendre de réussir à diriger l'avenir du Québec alors que tu prétends en même temps qu'il faut en oublier son passé et son histoire sous prétexte de « vieilles chicanes »?

Plusieurs savent, sauf toi et les autres opportunistes carriéristes de la politique bien sûr, que l'avenir d'une nation s'enracine dans son histoire et son passé. Toi et tes semblables carriéristes semblent croire que seul le pouvoir du cash compte pour être heureux dans la vie, tant comme individu que comme société.

Platon avait bien raison de prétendre que la gouverne  et l'avenir d'une nation (que lui nommait La Cité) ne devrait être confiée qu'à des sages, et surtout pas à des opportunistes qui sont incapables de regarder plus loin que le bout de leur nez, surtout pas en périphérie et encore moins en rétrospective!

Comme aimait le dire le regretté recteur de l'université où j'ai fais mon bac en philosophie: « la philosophie ne sert strictement à rien, sauf quand on en a pas, ça paraît ».

En regardant tes réflexes si réducteurs François Legault comme ceux de tes semblables carriéristes politiques (car s'il y avait chez-toi la substance et le fondement d'une vraie pensée politique, tu n'aurais jamais déclaré que les questions constitutionnelles ne sont que de « vieilles chicanes »), je suis heureux à l'idée de n'avoir que la philosophie dans la vie, et d'un bonheur profond d'ailleurs! 

Et tout en même temps, je me désole et m'inquiète grandement que tu puisses un jour être mon premier ministre. Quel cauchemar juste à l'idée d'y penser que ça puisse arriver...

Normand Perry.

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mardi 2 avril 2013

La révolution nécessaire


Épilogue sur les scandales de corruption-collusion au Québec

Alors que la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (la Commission Charbonneau) en arrive presque à terme sur le volet « Ville de Montréal » de son long, dur et nécessaire travail, nul besoin d’attendre le rapport de madame la juge (en tout respect) Charbonneau pour mener une réflexion sur ce qui, en tant que société, institutions, corporations, entreprises et individus, a bien pu nous entraîner vers une corruption qui semble s’être généralisée depuis bon nombres d’années ici au Québec, et comment il est possible de donner le coup de barre nécessaire pour que tous, nous puissions vivre et prospérer de manière un peu plus saine et harmonieuse.

Un constat s’impose de lui-même : l’argent semble être au cœur et à la source de toute la problématique que nous retrouvons tout au long des témoignages défilants jours après jours à la Commission Charbonneau. Et si l’argent est le cœur et la source de la corruption et de la collusion (un corollaire nécessaire des deux dans ce contexte), la finalité en est sans aucun doute le pouvoir. Au nom de l’acquisition de cet idéal et ascendant (le pouvoir), la fin justifiant les moyens, les règles élémentaires du jeu démocratique se voient être violés de manière plus ou moins conscientes par des acteurs du monde des affaires, de la fonction publique et de la politique, et ce, dans des rapports qui nous apparaissent aujourd'hui, à l’écoute des témoignages à la Commission Charbonneau, incestueux.

Au-delà de tous les aspects spectaculaires qui apparaissent au grand jour à cette Commission Charbonneau, des réactions de révoltes provoqués par ce que nous y voyons et entendons, et d’une forme de thérapie publique, des questions fondamentales surgissent et elles nous renvoient à chacun de nous-mêmes, en tant que personne et individu, sur nos propres valeurs et attitudes face aux questions liés à l’argent. Je vous entends tous me répondre au secret de vos consciences : « mais les coupables ce sont les corrompus que nous voyons défiler à la Commission Charbonneau, pas nous! » Et si nous nous exercions un moment à une petite introspection?...

Quel est mon rapport à l’argent?

A quel point suis-je libre par rapport à l’argent?

L’accumulation de richesses monétaires : est-ce le seul but que j’ai dans la vie, au point d’en être devenu l’esclave?

Où l’argent n’est-il qu’un moyen parmi d’autres pour être confortable?

Jusqu’à quel point mes responsabilités citoyennes (impôts) me posent-elles problèmes dans la vie?

Si ma conscience me cause des maux de têtes à la vue de ces quelques questions bien simples, alors un examen en profondeur de mes valeurs est devenu une nécessité, en tant qu’individu certes oui, mais en tant qu’organisation (de quelque nature que ce soit en société) également.

Lorsqu’il est devenu une pratique normale de faire des choses en cachette par rapport à l’argent (par exemple par l’échange d’argent comptant uniquement pour service ou bien rendu) alors nous avons une indication de la conscience qu’il y a un problème! Lorsque je cherche à faire toutes sortes de détours légaux en apparence mais profondément injuste en substance pour « sauver » de l’impôt, alors il y a un problème! Lorsque je fais transiter de l’argent par cent mille détours pour servir la cause d’un parti politique d’une manière en apparence légale et qu’au fond toutes les règles du jeu démocratique sont violés en secret, alors oui il y a un sacré problème!

S’il y a un danger qui guette le Québec présentement de nous retrouver un jour en une situation pire que la Grèce actuelle, ce ne sera pas à cause d’un déficit budgétaire ou une dette endémique, non : ce sera par une déresponsabilisation généralisé par rapport à l’usage dont nous faisons individuellement et collectivement de l’argent et de la valeur que nous y rattachons, et de sa conséquence directe et lourde sur la dette publique! C’est cette corruption généralisée qui a conduit la Grèce à sa situation présente et rien d’autre! C’est ça que nous cherchons au Québec? Non? Alors si nous ne questionnons pas, fondamentalement, notre attachement par rapport à l’argent, et je le répète, de manière individuelle et collective, c’est exactement là où nous nous retrouverons, au même endroit où les Grecs sont. Une révolution nécessaire doit s’opérer dans les mentalités et ça presse! Nul besoin du rapport Charbonneau pour s’y attarder dès maintenant.

Je dois avouer très franchement qu’il y a une chose qui me tombe royalement sur les nerfs : alors que nous entendons partout dans les milieux d’affaires au Québec que nous devons fonctionner dans le libre marché et la concurrence, ce que nous entendons à la Commission Charbonneau met en relief exactement son contraire par des acteurs de  ce même milieu des affaires. Lorsque nous sommes témoins des stratagèmes de collusion entre entrepreneurs du milieu de la construction, idem pour les firmes de professionnels, cette collusion donc fait échec directement au leitmotiv dans le discours du libre marché. Mais c’est quoi toutes ces « amanchures » là?

Ni le monde des affaires au Québec, ni la fonction publique et ni le milieu politique n’échappent guère à l’examen de conscience que j’évoquais plus haut. Il va falloir que nous cessions de croire que le respect de la loi dans sa lettre est chose suffisante pour que nous puissions montrer pattes blanches dans l’opinion publique. Tant le milieu des affaires, de la fonction publique et du milieu de la politique ont un triple défi devant eux : un respect de la loi dans sa lettre, un respect de la loi dans son esprit, et la projection d’une image publique s’appuyant tant sur l’un et l’autre solidement. Et je m’adresse ici particulièrement aux services de contentieux légaux de ces trois milieux au Québec : le respect de la loi dans son esprit, essence et substance n’est pas une chose secondaire ou accessoire car, dans le contexte actuel, c’est ce sur quoi l’opinion publique aura désormais les yeux rivés lorsqu’il voudra s’assurer de la probité de votre organisation. Et pour vous accompagner dans ce travail, il vous faudra être accompagné d’experts en questions éthiques et morales. Le droit n’est pas une discipline qui s’est inventé d’elle-même, elle est essentiellement fondée sur la morale. Il vous faudra accepter d’être confronté dans vos convictions par ces experts lorsqu’il s’agit de juger de situations particulières dans vos milieux respectifs. 

Et s’il y a un aspect que j’espère voir ressortir dans les recommandations de la juge Charbonneau au terme de son travail c’est celui que je viens d’évoquer. En toute honnêteté, les changements en profondeur que requiert le milieu des affaires, de la fonction publique et du milieu de la politique au Québec ne pourront s’opérer sans un redressement très solide des questions d’éthiques, pas uniquement en surface et en forme, mais en substance et sur le fond des choses.

Normand Perry.
31 mars 2013

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mercredi 6 février 2013

Les questions de goûts et la vie en commun

Lorsque nous nous arrêtons pour y réfléchir, c'est une évidence que rien n'est plus subjectif à chaque individu que la question de chacun des goûts.

Si nos besoins primaires de se nourrir, dormir, se vêtir, se couvrir, se reproduire et pourvoir à tous ces besoins relèvent de la nature de l'être humain, chacun de nos besoins primaires ne répondent-ils non seulement à des besoins vitaux, mais sont également conditionnés par la culture ambiante.

Il y a cependant un lieu où nous répondons à des goûts culturels qui n'ont aucun lien en rapport à un besoin vital, c'est celui d'entendre de la musique. La privation de musique ne peut pas causer la mort, alors que la privation d'un besoin primaire ou de son abus peuvent mener au décès.

À quoi je veux en venir en rapprochant musique et nourriture? La musique présente dans les restaurants, les épiceries, entre autres choses, et même en d'autres espaces publics. Que de fois que je me rends en un espace public et que je ne cherche qu'à fuir l'endroit parce qu'on vient me casser les oreilles avec un type de musique que je n'aime pas! Cherche-t-on à favoriser le commerce ou le contraire? Si le commerce en est le but, alors revoyez vos façons de faire en matière de sons et de bruits ambiants.

Pourquoi nous rendons-nous au restaurant? Les raisons sont certainement variées. Mais essentiellement pour se nourrir et vivre une expérience gustative, à la base certes, mais y vivre une expérience éminemment sensorielle par-dessus tout, peu importe le choix de type de restaurant que je vais faire. Tous les sens sont sollicités lorsque je vais au restaurant : vue, odorat, tactile, gouter et ouïe.

Si je prends la décision de me rendre dans une chaîne de restaurant rapide, je fais le choix de manger rapidement sans vraiment trop me préoccuper du raffinement alimentaire. Et avouons-nous-le franchement : les autres sens ne sont pas très gâtés dans ce type de restaurant. L'élément que je trouve préoccupant, est le choix et la force de la musique qu'on nous impose en ces lieux. Souvent, c'est de la musique pop et/ou rock assez forte. Cherchons-nous à plaire à la clientèle ou répondons-nous uniquement aux goûts musicaux des proprios? Combien de fois ai-je voulu me rendre dans un restaurant de ce type pour y prendre mon petit déjeuner le matin, et qu'une fois entré à l'intérieur j'ai rebroussé chemin parce que je me suis fait casser les oreilles par de la grosse guitare électrique le matin à 5h30? Non mais franchement!

Par contre si mon choix se porte vers un restaurant reconnu pour la finesse de ses plats, alors c'est une autre histoire.

Par exemple, si, un soir j'ai envie de me rendre dans un restaurant de fine cuisine chinoise avec ma famille, non seulement vais-je vivre l'expérience de goûter à l'Asie, mais également mes autres sens seront généralement sollicités par l'expérience de l'Asie : au plan visuel (le décor et le style vestimentaire des gens qui font le service), au plan de l'odorat (odeurs de la cuisine), au plan tactile avec l'utilisation de baguettes chinoises pour porter la nourriture à ma bouche, par exemple. Mais trop souvent, je suis témoin d'une incohérence parfaite dans l'harmonie de mon expérience sensorielle : mes oreilles sont exposées à de la musique pop ou rock, et très souvent à un volume où je dois élever la voix pour me faire comprendre des gens avec qui je tente de faire la conversation. Pensons-y : on veut me faire vivre une expérience sensorielle chinoise, japonaise, thaïlandaise ou vietnamienne avec tous mes sens, sauf mes oreilles : pourquoi autant d'incohérence? Je veux vivre une expérience asiatique dans un restaurant de fine cuisine asiatique sur tous mes sens : mettez de la musique traditionnelle d'Asie pour l'amour du ciel! Et de grâce, à un volume où elle fait partie du décor et non pas s'imposer par-dessus tout.

Ce que je viens d'illustrer pour l'expérience asiatique en restauration est d'autant plus vrai pour l'expérience italienne, grecque, québécoise, etc. À combien de reprises m'est-il arrivé de me rendre dans une cabane à sucre au printemps, où l'on veut me faire vivre une expérience d'une certaine époque du Québec sur tous mes sens sauf qu'on nous remplit les oreilles avec du rock à tue-tête. Mais qu'est-ce donc que ça? Mettez-nous de la musique traditionnelle du Québec que diable! On a plein de groupes de musique dite « trad » et il y a une recrudescence pour ce type de musique chez les jeunes et je suis là pour ça : pour vivre l'expérience de la tradition québécoise!

En d'autres termes, mesdames et messieurs les tenanciers de restaurant, faites donc preuve de cohérence et soyez harmonieux en regard de l'expérience sensorielle que le client vient vivre dans votre établissement. Vous lui offrez un décor, des couleurs, des odeurs et des goûts d'un type de cuisine? Alors, offrez-lui de la musique qui s'y marie dans une ambiance feutrée pour que l'on puisse se parler!

Pourquoi cherche-t-on à nous enfermer (dans les espaces publics) à l'intérieur d'un seul genre musical comme pour vouloir faire apparaître le pop/rock comme étant le seul genre plaisant à chaque individu qui doit s'y soumettre bon gré mal gré de ses propres goûts? Ouvrez-vous les horizons culturels musicaux, la musique c'est aussi le country, le jazz, le classique, le baroque et combien d'autres encore!

Normand Perry.

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jeudi 17 janvier 2013

Du cynisme à l’estime et à l’admiration



Nous le savons tous au Québec, le comportement des membres de la classe politique est parfois très douteux. Ce qui a pour effet d’avoir développé à l’égard de la classe politique une dose assez élevée de cynisme dans la population, à tel point de mettre notre système démocratique à mal, pour ne pas dire le rendre dysfonctionnel. À cet égard, le taux de participation aux élections municipales est devenu si peu élevé que des gens prennent le pouvoir sans une majorité d’électeurs inscrits, et parfois même sans majorité des votes. On pourrait jaser très longuement de la réelle légitimité des élus portés au pouvoir dans tels contextes par ailleurs.

L’objectif de ce billet n’est pas de discuter de solutions hypothétiques visant à paliers aux problèmes évoqués. Car en réalité, la seule solution à ce problème de cynisme chez les citoyens à l’égard de la classe politique réside chez les politiciens eux-mêmes, et pas ailleurs.

Des politiciens se gagnent vraiment la confiance des citoyens lorsque, au cœur de l’action de leur travail d’élus, ils savent démontrer, en paroles et en gestes en cohérence l’un par rapport à l’autre, un dévouement entier et total au service du citoyen et de la population qu’ils représentent.

De mémoire d’homme, je ne me rappelle pas la dernière fois où un élu s’est fait applaudir à tout rompre par sa population, alors qu’il venait de prendre une décision politique éclatante et voté une loi ou un règlement faisant la presque l’unanimité auprès de ces concitoyens. Et à une époque où les commissions d’enquêtes publiques dévoilent au grand jour des scandales de corruption et de collusion, où la classe politique est éclaboussée fortement au premier plan, de telles scènes d’ovations sont à peine imaginable ou relevant carrément d’un fantasme.

Eh bien cette ovation s’est produite à Gaspé le 14 janvier 2013 (extrait sur Youtube en lien). François Roussy, maire de l’endroit, entouré de son conseil municipal, venait de voter une réglementation sur la protection de l’eau potable, et annonçait qu’il allait faire appliquer cette réglementation.  L’adoption de cette réglementation était devenue un impératif alors qu’une compagnie pétrolière (Pétrolia) projetait (et projette toujours à ce jour) de creuser des puits d’exploration pétrolière à Gaspé même, risquant de mettre en danger la nappe phréatique de Gaspé. Malgré des menaces très sérieuses par le président de l’entreprise en question (juridiques et de quitter l’endroit) le maire de Gaspé n’a pas plié l’échine. En véritable gaspésien qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, François Roussy tel un David s’est dressé contre un grand Goliath et a dit « non »!

Le maire de Gaspé s’est clairement positionné du côté du citoyen et du développement durable. Le maire de Gaspé, malgré le chantage, les pressions et les menaces a fait preuve d’un courage assez rare de la classe politique de nos jours face au lobby de l’entreprise privé à la mentalité et fonctionnement du capitalisme néolibéral (sous entendre ici un comportement sauvage). François Roussy par son comportement et son exemple a donné à la fonction de politicien élu ses lettres de noblesse.

Cet homme mérite toute notre estime et notre admiration. Toute femme et tout homme qui songe un jour à se lancer en politique pour servir le citoyen au Québec a désormais un véritable modèle de qui s’inspirer, et il se nomme François Roussy.

Je vous lève mon chapeau monsieur le maire!

Normand Perry.

*Publié dans le journal Le Devoir, section Libre opinion - Gaspé: du cynisme à l’estime et à l’admiration.

*Publié aussi sur le Huffington Post: Bravo au maire de Gaspé!

*Publié aussi sur Le GlobeFrançois Roussy, maire de Gaspé – Du cynisme à l’estime et à l’admiration