Henri Bergson: philosophe français, né et mort à Paris (1859-1941)

jeudi 20 juin 2013

Le destin de la nation québécoise

C’était hier la journée Jean-Martin Aussant. Son départ laisse un grand vide, non seulement à Option nationale, mais également dans la vie politique québécoise, tout comme dans le mouvement indépendantiste. Rarement ai-je vu (depuis toutes ces années où la vie politique occupe une place importante dans mes centres d’intérêts), une personne porter avec autant d’intelligence et de finesse la question nationale. La plus grande preuve de réussite de son discours et de son action n’est pas uniquement d’avoir fondé avec succès un nouveau parti politique ayant de l’avenir, mais d’avoir suscité l’intérêt d’une nouvelle génération à l’égard de la chose publique et de l’indépendance. Cet héritage doit subsister!

Aujourd’hui débute ce qui va survenir du futur de cet héritage. Et il n’y a pas une minute à perdre.

Quoique Option nationale semble avoir un noyau de militants très solide, une vocation très claire et une notoriété grandissante dans l’électorat québécois, sa situation présente est grandement fragilisée suite au départ de Jean-Martin Aussant. Cette situation nécessite l’arrivé d’un nouveau chef qui va devoir, non seulement poursuivre la croissance de cette jeune formation politique, sur les bases solides qu’elle possède présentement, mais surtout s’appuyer sur une notoriété personnelle qui soit extrêmement solide à la grandeur du Québec.

En d’autres termes ça va prendre un individu qui a déjà fait ses classes, qui connaît le milieu indépendantiste et vice et versa, et qui a surtout le potentiel, sous son leadership, de permettre à Option nationale de faire élire des députés à l’Assemblée nationale du Québec, mais surtout de gagner le pouvoir afin de réaliser l’indépendance du Québec. Tout cela est possible, surtout dans un contexte où il est acquis (avec un taux d’insatisfaction croissant dans les sondages de près de 70% depuis plusieurs mois) que le PQ va prendre une méchante débarque au prochain scrutin général. Et je doute même que le PQ ne puisse survivre à un tel désastre.

Nous l’avons tous compris : nous sommes à la recherche d’une perle rare!

Et elle existe cette perle rare.

Ayant le verbe, la fougue et l’éloquence d’un Pierre Bourgault, cet individu incarne tout en même temps le charisme d’un René Lévesque en sachant galvaniser les foules par son énergie lorsqu’il s’exprime, le peuple se reconnait en lui j’en suis convaincu, tout comme Lévesque d’ailleurs. Car il incarne à sa façon et sa manière d’être l’âme de la nation Québécoise. Cet individu n’est ni un mythe pas plus qu’une chimère, il existe et j’ai nommé Pierre Curzi.

Je sais que Pierre Curzi, par l’amitié qui le lie à Jean-Martin Aussant, n’osera jamais initier de sa propre personne une cabale visant à le faire élire chef à Option nationale. Mais l’heure est trop grave et trop importante dans l’histoire actuelle du peuple québécois pour laisser place aux sentiments. La raison d’État doit primer en toutes choses et toutes circonstances.

Pierre, j’en appel à votre sens du devoir patriotique, à votre passion, à votre idéal, à votre fougue et à la réalisation de votre plus grande aspiration comme celle du peuple québécois qu’est celle de l’avènement du Québec au concert des nations : portez-vous candidat à la succession de Jean-Martin Aussant.

Vous avez tout ce qu’il faut pour réussir l’immense défi qui se présente à vous, il n’y a pas à n’en douter une seconde. Le peuple québécois de manière plus inconsciente qu’avouée, est à la recherche de ce type de leader dont il a cruellement besoin en ce moment. Un leader qui va permettre à ce peuple de vivre un réveil extraordinaire, une véritable résurrection ayant la capacité de lui permettre d’accomplir son destin, sa plus grande aspiration : celle d’être un pays.

L’heure du devoir sonne Pierre Curzi : répondez-lui avec toute la passion dont vous êtes capable, pour l’amour du Québec.

(Source de l'image: Société Radio-Canada)

mardi 18 juin 2013

Tenir des élections municipales cet automne? D’une parfaite absurdité!

Alors que la Commission Charbonneau est dans la seconde phase de son mandat (Laval), et que l’UPAC multiplie enquêtes, perquisitions et arrestations, surtout dans le secteur municipal, il apparaît de plus en plus grave l’état dans lequel se trouvent nos institutions démocratiques, et encore et d’autant plus grave la réputation du Québec à travers le monde!

Pendant ce temps, toujours dans le secteur des municipalités et villes du Québec, les candidatures à divers postes électifs se préparent, s’annoncent et s’activent. Et, en même temps, un message, répété et insistant auprès de l’électorat de se faire présent lors du jour du vote, se fait entendre, et avec raison. Plusieurs prétendent, non sans raison, que l’état lamentable dans lequel nous retrouvons aujourd’hui nos institutions démocratiques municipales est,  en partie, attribuable à la désertion grandissante, tout comme inquiétante, des électeurs par rapport aux boîtes de scrutin lors d’élections municipales, mais aussi une absence encore plus désolante de la participation du citoyen à la vie démocratique lors des réunions du conseil municipal de chacune des municipalités et villes du Québec. À l’époque où j’occupais la fonction de conseiller municipal (2005 à 2009 à Les Coteaux), très rares étaient les fois où l’assistance dépassait le nombre de cinq personnes. Devant une telle désertion, les élus prennent pour acquises, de manière consciente ou non, les fonctions et responsabilités qui leur incombent. Parfois même, et nous le savons aujourd’hui avec les arrestations qui se multiplient dans le monde municipal, certains perdent toute conscience morale (s’ils en ont déjà eu une!) et se croient tout permis.

Heureusement un grand nettoyage se fait actuellement : reconnaissons à la Commission Charbonneau tous les bienfaits présents et à venir des révélations qui se font jour, tout comme le travail colossal de l’UPAC. Malheureusement, ce n’est pas suffisant. Car ce travail, effectué par ces deux organismes, constitue, d’une certaine manière, un travail en aval des problèmes graves de corruption-collusion que nous tentons d’éradiquer au Québec, donc après les faits. Mais que fait-on en amont? Ou que devrait-on faire en amont pour éviter que ces problèmes réapparaissent comme de véritables champignons empoisonnés?

D’abord, il ne faut guère s’illusionner : jamais nous ne vivrons dans une société parfaite et exempte de tout profiteur. Il en a toujours existé, il en existe, et il en existera toujours. Le défi, que nous posent cette problématique et ces gens à la conscience morale légère, est de leur rendre la vie d’une complexité telle, qu’ils se décourageront de s’engager dans des pratiques de corruption-collusion. Autrement dit, il faut savoir devenir plus rusé que le renard lui-même.

En ce qui concerne nos institutions démocratiques, tant à l’Assemblée nationale du Québec que dans nos conseils municipaux, il faut trouver une façon de leur barrer la route avant même qu’ils n’accèdent à des postes électifs, et ce, avant même qu’ils ne soient élus.

Dans plusieurs organismes de loisirs et de sports, nous voyons des responsables ou entraîneurs de jeunes être soumis à une vérification policière d’antécédents criminels afin d’empêcher d’éventuels pédophiles de s’immiscer dans ces milieux, d'avoir accès à des jeunes et de provoquer des drames terribles. Et il y a une acceptation sociale très forte de cette pratique de vérification policière d’antécédents criminels. Pourquoi ne pas appliquer une telle chose à l’égard de nos institutions démocratiques? 

Et il y a un autre problème : des élections municipales approchent à grands pas, elles se tiendront à la grandeur du Québec début novembre 2013. À la lumière de ce qui se passe présentement à Laval, Montréal, Boisbriand, Mascouche et ailleurs encore, peut-on vraiment aller en élections cet automne au Québec, en laissant n’importe qui se présenter à des postes électifs, sans connaître au préalable le passé de ces individus? Lorsque Michael Applebaum fut choisi comme maire intérimaire de Montréal après le départ de Gérald Tremblay qui,  du grand public, aurait pu prédire une arrestation de l’UPAC en juin 2013? Personne! Et pourquoi? Parce que personne du grand public ne pouvait se douter qu’un jour très proche de novembre 2012, Michael Applebaum se ferait arrêter et accuser de quatorze chefs d’accusation « de complot, de fraudes envers le gouvernement, d'abus de confiance et d'actes de corruption dans les affaires municipales ». Et pourtant, n’est-il pas arrivé à son poste de maire en prétendant être monsieur Net par excellence? 

Il serait d’une absurdité parfaite que le Québec entier plonge en élections municipales en novembre 2013 sans que rien ne soit fait. C’est absurde. Il faut barrer la route aux criminels à cravate à des postes électifs.

Je propose qu’une vérification policière d’antécédents criminels, doublée d’une enquête de l’AMF sur chacun des individus qui se présente à un poste électif au Québec soient effectuées, et ce, sous la responsabilité du DGEQ. Et si une telle mesure nécessite l’adoption d’une nouvelle loi, que nos élus à l’Assemblée nationale prennent une pause de leur congé estival et qu’ils se mettent à l’œuvre maintenant. Et dans l’hypothèse que de telles vérifications révèlent des actes criminels reconnus coupable dans le passé, que ce candidat (candidate) se retire volontairement ou que ces informations soient divulguées publiquement, puisque c'est de l'intérêt public dont il est question ici. Dans l’état actuel des choses au Québec, nous ne pouvons plus nous fier à la bonne foi des gens qui se disent intègres et honnêtes : nous devons nous en assurer avant qu’ils ne soient élus.

*Ce texte est également sur les tribunes suivante:

- Huffington post Québec
- Le Globe

dimanche 9 juin 2013

L'indépendance du Québec par la voie citoyenne

LE CONSEIL DE LA SOUVERAINETÉ DU QUÉBEC VERS LE CITOYEN

Les orientations dans lesquelles semblent s'orienter le Conseil de la Souveraineté du Québec m'apparaissent comme étant très porteuses pour une prise en charge de la question nationale hors des partis politiques, et cela par chacun des citoyens du Québec en solidarité les uns par rapports aux autres.

Le fait de rendre les représentants des partis politiques stricts observateurs sans droit de vote aux décisions fondamentales du CSQ, est très significatif en ce sens. Et je dirais même que cette manière d'aborder les choses constitue une véritable convergence des forces indépendantistes du Québec par la base citoyenne.

Ce qui me fait me rappeler une conversation que j'ai eue, un jour, avec Bernard Landry, alors chef de l'Opposition officielle à Québec, qui me demandait à brûle-pourpoint: "Normand, d'après-toi, comment pourrions-nous faire passer le taux d'appuis à l'indépendance à une proportion de plus de 50%?"

Ma réponse fut instinctive autant qu'immédiate: le peuple doit se réapproprier la question nationale. Pour l'heure, la question nationale est l'affaire des hautes sphères politiques et les citoyens s'y sentent de moins en moins impliqués. Trouvons des moyens d'impliquer le citoyen et le taux d'appuis pourrait prendre des proportions très surprenantes.

POUSSONS CETTE LOGIQUE UN PEU PLUS LOIN...

Cette logique vers laquelle s'engage le Conseil de la Souveraineté du Québec ne saurait être complète sans une prise en charge totale du « quand » et du « comment » de la réalisation de la question nationale. Pour qu'une telle chose puisse être possible, les partis politiques se déclarant officiellement en faveur de la réalisation de l'indépendance du Québec ne devraient s'en tenir qu'à cette déclaration et laisser entre les mains du CSQ la mécanique du « quand » et du « comment ». En d'autres termes, plus aucun parti politique ne pourrait avoir quelque emprise que ce soit, à des fins électoralistes, sur la question nationale, risquant d'entraîner cette noble question dans des dédales partisans. Nous le savons, la partisannerie politique est l'un des carburants les plus puissants du cynisme de la population à l'égard de la classe politique. La question de l'indépendance du Québec étant une question trop noble et trop grande pour la laisser ainsi être entraînée dans le cynisme de la population à l'égard de la classe politique doit être prise en charge de manière autonome. Je dirais même que les partis politiques doivent en être désappropriés, purement et simplement. 

Pour la suite des choses, lorsque le CSQ aura mené la société civile à un large consensus concernant l'acceptation de l'idée de l'indépendance du Québec, le CSQ pourrait très bien alors aviser le parti politique indépendantiste en fonction au Gouvernement d'enclencher le processus d'accession à l'indépendance. 

De cette manière, plus aucun parti politique ni aucun chef de parti, ne pourra prétendre que la question nationale leur est exclusive, ils perdront toutes formes de possibilité de manipulation de la question nationale pour en faire un enjeu ouvert ou caché d'un programme de gouvernement lors d'une campagne électorale, ou pire encore, prendre la question nationale en « otage » pour s'attirer le vote souverainiste. Et pour que le CSQ puisse jouir d'une véritable autonomie par rapport aux partis politiques indépendantistes, il serait plus que souhaitable, pour une question de transparence et de liens intrinsèques inappropriés, que son financement soit tout autant autonome et d'aucune manière lié à un parti politique ou un autre.

J'affirme que les nouvelles orientations dans lesquelles semblent vouloir s'engager le CSQ répondent exactement à ce que j'avais en tête lorsque je répondais à la question de Bernard Landry, parce qu’ainsi le CSQ deviendra la locomotive de la question nationale, sans qu'aucun parti politique ne puisse prétendre posséder l'unique agenda de l'indépendance qui sera désormais une affaire citoyenne: la convergence nationale de la base de société civile.

Le temps n’est-il pas venu d’aller vers de nouveaux paradigmes concernant la question nationale québécoise?

Ce texte est également sur mes autres tribunes suivantes:

- Vigile
- Le Globe
- Huffington post Québec

lundi 3 juin 2013

La charité aux caisses? Non, merci!

Récemment, à deux reprises, en un très court laps de temps, alors que je me présentais à une caisse pour payer (la première fois, une addition au restaurant ; la seconde, des achats dans un magasin), je me suis fait demander par la caissière : « Voulez-vous, monsieur, ajouter un montant pour [telle] cause de charité ? »… Après quelques instants de silence, je répondis, chaque fois, assez sèchement : «Non.»

La première fois, au restaurant (une chaîne québécoise spécialisée en petits-déjeuners et déjeuners), en revenant à la voiture, j’en discutai avec l’ami avec lequel je venais de partager le petit-déjeuner. Nous en sommes assez vite arrivés à certains constats : une chaîne de restaurant qui s’adonne à une telle pratique ignore le malaise qu’elle peut occasionner aux clients qui se font demander pareille chose alors qu’ils sont probablement entourés soit de collègues de travail, d’amis ou de parents. De plus, le commun des mortels ignore probablement que l’ensemble des sommes recueillies par le commerce en question profite directement à ce commerce sur le plan fiscal, car les crédits d’impôt, déduits pour dons de charité, ne sont pas attribués aux donateurs (les clients), mais au commerce qui déclare cette grosse somme globale sur ses impôts d’entreprise.

Bon, je pense que vous avez une idée du portrait que je tente ici de dresser.

L’éthique commerciale

Évidemment, en plus de profiter des retombées fiscales dont je viens de faire la preuve, l’entreprise qui pratique ce genre de chose (collecte de fonds de charité à la caisse) tente de projeter une image d’entreprise soucieuse du bien collectif ou social : on se donne bonne conscience sociale, sur le dos du client, et surtout, à son insu ! Sans parler du profit qu’elle en tire sur le plan fiscal.

Ce faisant, cette même entreprise transgresse beaucoup d’éléments éthiques. Premièrement, lorsque je décide de faire la charité pour une cause qui me tient à coeur, je pratique systématiquement une maxime biblique qui stipule que « ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite » (Matthieu 6 : 3). En gros, faire le bien, soit, mais uniquement dans le but de faire le bien à la personne concernée, le tout discrètement, sans que ce soit vu et connu publiquement. Ainsi, le geste que je pose est dépourvu de toute forme de recherche de reconnaissance publique ; c’est un geste posé, purement et simplement, dans le but de faire du bien. Ainsi, lorsqu’une entreprise demande à un client, sans trop de discrétion, de faire don de charité, on lui force la main. D’un côté, le client ne voudra pas paraître radin de s’abstenir devant d’autres (qu’est-ce que les gens vont penser de moi ?) ou encore sera tenté de donner de manière plus substantielle qu’il en serait capable (sur le plan budgétaire personnel) pour se faire une belle réputation devant les autres.

Deuxièmement, une entreprise qui pratique ce genre de chose agit de manière très hypocrite. Car, comme je l’ai démontré plus haut, cette entreprise en retire un gain fiscal sans avoir eu à fournir aucun effort financier pour cela, en recueillant des fonds, simplement et insidieusement, auprès de sa clientèle. Clientèle qui, j’insiste, dans une très grande majorité, ignore tout des retombées fiscales dont cette entreprise profite grâce à elle, de même que de la notoriété qu’elle lui permet d’acquérir à son insu.

Au moins, de la discrétion

Soyons clairs, cette pratique visant à inciter la clientèle à faire un don de charité en l’interpellant verbalement devant témoins est profondément immorale sur le plan de l’éthique, et indécente à plusieurs égards à l’endroit de la principale source de revenus d’une entreprise : le client.

Vous tenez tout de même à inciter votre clientèle à faire des dons de charité ? Au moins, ayez la décence d’user de discrétion à son endroit ! Installez une boîte de dons à côté de la caisse en mentionnant sur cette boîte où les dons seront dirigés, et ordonnez à vos agents de caisse de ne point souffler mot à propos de cette boîte : elle est là, les gens ne sont pas des imbéciles, et ils feront un don s’ils en ont envie. Et ayez aussi la décence d’écrire « merci ».

L’éthique commerciale n’est pas une chose qui sert à montrer patte blanche quand ça vous chante ; elle a surtout pour but d’anoblir la pratique du commerce afin que tous, clients et fournisseurs, puissent bénéficier réciproquement de l’échange de biens ou de services contre de l’argent.

Ce billet est également publié sur l'une de mes tribunes suivantes:

- Le Globe
Huffington Post Québec

Il a également été publié en page A-7, section Idées du journal Le Devoir le 5 juin 2013 sous le même titre: La charité aux caisses? Non, merci!
(http://www.ledevoir.com/edition-pdf/2013-06-05.pdf)