Henri Bergson: philosophe français, né et mort à Paris (1859-1941)

mardi 18 juin 2013

Tenir des élections municipales cet automne? D’une parfaite absurdité!

Alors que la Commission Charbonneau est dans la seconde phase de son mandat (Laval), et que l’UPAC multiplie enquêtes, perquisitions et arrestations, surtout dans le secteur municipal, il apparaît de plus en plus grave l’état dans lequel se trouvent nos institutions démocratiques, et encore et d’autant plus grave la réputation du Québec à travers le monde!

Pendant ce temps, toujours dans le secteur des municipalités et villes du Québec, les candidatures à divers postes électifs se préparent, s’annoncent et s’activent. Et, en même temps, un message, répété et insistant auprès de l’électorat de se faire présent lors du jour du vote, se fait entendre, et avec raison. Plusieurs prétendent, non sans raison, que l’état lamentable dans lequel nous retrouvons aujourd’hui nos institutions démocratiques municipales est,  en partie, attribuable à la désertion grandissante, tout comme inquiétante, des électeurs par rapport aux boîtes de scrutin lors d’élections municipales, mais aussi une absence encore plus désolante de la participation du citoyen à la vie démocratique lors des réunions du conseil municipal de chacune des municipalités et villes du Québec. À l’époque où j’occupais la fonction de conseiller municipal (2005 à 2009 à Les Coteaux), très rares étaient les fois où l’assistance dépassait le nombre de cinq personnes. Devant une telle désertion, les élus prennent pour acquises, de manière consciente ou non, les fonctions et responsabilités qui leur incombent. Parfois même, et nous le savons aujourd’hui avec les arrestations qui se multiplient dans le monde municipal, certains perdent toute conscience morale (s’ils en ont déjà eu une!) et se croient tout permis.

Heureusement un grand nettoyage se fait actuellement : reconnaissons à la Commission Charbonneau tous les bienfaits présents et à venir des révélations qui se font jour, tout comme le travail colossal de l’UPAC. Malheureusement, ce n’est pas suffisant. Car ce travail, effectué par ces deux organismes, constitue, d’une certaine manière, un travail en aval des problèmes graves de corruption-collusion que nous tentons d’éradiquer au Québec, donc après les faits. Mais que fait-on en amont? Ou que devrait-on faire en amont pour éviter que ces problèmes réapparaissent comme de véritables champignons empoisonnés?

D’abord, il ne faut guère s’illusionner : jamais nous ne vivrons dans une société parfaite et exempte de tout profiteur. Il en a toujours existé, il en existe, et il en existera toujours. Le défi, que nous posent cette problématique et ces gens à la conscience morale légère, est de leur rendre la vie d’une complexité telle, qu’ils se décourageront de s’engager dans des pratiques de corruption-collusion. Autrement dit, il faut savoir devenir plus rusé que le renard lui-même.

En ce qui concerne nos institutions démocratiques, tant à l’Assemblée nationale du Québec que dans nos conseils municipaux, il faut trouver une façon de leur barrer la route avant même qu’ils n’accèdent à des postes électifs, et ce, avant même qu’ils ne soient élus.

Dans plusieurs organismes de loisirs et de sports, nous voyons des responsables ou entraîneurs de jeunes être soumis à une vérification policière d’antécédents criminels afin d’empêcher d’éventuels pédophiles de s’immiscer dans ces milieux, d'avoir accès à des jeunes et de provoquer des drames terribles. Et il y a une acceptation sociale très forte de cette pratique de vérification policière d’antécédents criminels. Pourquoi ne pas appliquer une telle chose à l’égard de nos institutions démocratiques? 

Et il y a un autre problème : des élections municipales approchent à grands pas, elles se tiendront à la grandeur du Québec début novembre 2013. À la lumière de ce qui se passe présentement à Laval, Montréal, Boisbriand, Mascouche et ailleurs encore, peut-on vraiment aller en élections cet automne au Québec, en laissant n’importe qui se présenter à des postes électifs, sans connaître au préalable le passé de ces individus? Lorsque Michael Applebaum fut choisi comme maire intérimaire de Montréal après le départ de Gérald Tremblay qui,  du grand public, aurait pu prédire une arrestation de l’UPAC en juin 2013? Personne! Et pourquoi? Parce que personne du grand public ne pouvait se douter qu’un jour très proche de novembre 2012, Michael Applebaum se ferait arrêter et accuser de quatorze chefs d’accusation « de complot, de fraudes envers le gouvernement, d'abus de confiance et d'actes de corruption dans les affaires municipales ». Et pourtant, n’est-il pas arrivé à son poste de maire en prétendant être monsieur Net par excellence? 

Il serait d’une absurdité parfaite que le Québec entier plonge en élections municipales en novembre 2013 sans que rien ne soit fait. C’est absurde. Il faut barrer la route aux criminels à cravate à des postes électifs.

Je propose qu’une vérification policière d’antécédents criminels, doublée d’une enquête de l’AMF sur chacun des individus qui se présente à un poste électif au Québec soient effectuées, et ce, sous la responsabilité du DGEQ. Et si une telle mesure nécessite l’adoption d’une nouvelle loi, que nos élus à l’Assemblée nationale prennent une pause de leur congé estival et qu’ils se mettent à l’œuvre maintenant. Et dans l’hypothèse que de telles vérifications révèlent des actes criminels reconnus coupable dans le passé, que ce candidat (candidate) se retire volontairement ou que ces informations soient divulguées publiquement, puisque c'est de l'intérêt public dont il est question ici. Dans l’état actuel des choses au Québec, nous ne pouvons plus nous fier à la bonne foi des gens qui se disent intègres et honnêtes : nous devons nous en assurer avant qu’ils ne soient élus.

*Ce texte est également sur les tribunes suivante:

- Huffington post Québec
- Le Globe

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Seuls les commentaires et critiques signés (identifiés) par leur auteur seront publiés.