Henri Bergson: philosophe français, né et mort à Paris (1859-1941)

jeudi 23 janvier 2014

L’antisémitisme selon Harper : erreur de sémantique ou fraude intellectuelle?

Alors que le premier ministre canadien était en voyage officiel en Israël ces derniers jours, ce dernier fut reçu au Parlement israélien, la Knesset. Après y avoir reçu éloges et honneurs (dont la clé du Parlement) pour son appui indéfectible à l’égard de l’État d’Israël, Stephen Harper a livré discours fort bien reçu de la majorité des députés, sauf pour deux d’entres-eux, des députés arabes qui l’ont vivement dénoncé en le chahutant. La cause de cette discorde? Stephen Harper a qualifié « d’antisémite » celles et ceux qui se permettent de critiquer l’État d’Israël. Il y a là un raccourci historique, à tout le moins, explosif.

Selon Wikipédia, l’antisémitisme est :

le nom donné de nos jours à la discrimination et à l’hostilité manifestées à l’encontre des Juifs. Il s’agit donc d’une forme de racisme. Selon le Trésor de la langue française, le mot « antisémite » est attesté depuis 1890.

En dépit de l’étymologie du terme qui suggère que l’antisémitisme est dirigé contre tous les peuples sémites, Juifs et Arabes, en pratique il est utilisé pour faire référence à l’hostilité envers les Juifs comme groupe « religieux », « racial » ou « ethnique ». L’antisémitisme ne doit pas être confondu avec l’antijudaïsme et l’antisionisme.


Les manifestations de l’antisémitisme peuvent aller de la haine personnelle à des persécutions populaires et violentes ou idéologiques et institutionnalisées. Outre les pogroms localisés, il y eut des formes de grande ampleur, à l’échelle d’un pays comme l’édit d’expulsion des Juifs d’Angleterre en 1290 et l’éviction des Juifs d’Espagne en 1492. Il y en eut aussi à l’échelle d’un continent, lors de la Seconde Guerre mondiale, où la Shoah, « solution finale » d’Adolf Hitler à la « question juive » en Europe, causa la mort de près de 6 millions de personnes désignées comme juives. Ceux-ci représentaient les trois quarts des Juifs de l’Europe occupée, les deux tiers de ceux du Vieux Continent et plus du tiers de la population juive mondiale.

Est-ce que lorsque je critique les décisions de l’État québécois je suis antiquébécois? Est-ce que lorsque je critique les décisions de l’État étatsunien je deviens antiaméricain pour autant? NON!

Pour qui donc se prend Stephen Harper pour se permettre, de manière isolée mondialement parlant, en mon nom par surcroit, d’aller redéfinir devant la Knesset la compréhension universellement reconnue de l’antisémitisme?

Que l’on me comprenne bien : je n’ai rien d’un antisémite, bien au contraire. J’ai des amis qui sont juifs; j’ai suivi pendant plusieurs années à la télé les conférences philosophiques du Grand Rabbin de France, Joseph Sitruk, et je me suis même rendu à la synagogue de Côte St-Luc un jour pour l’entendre en personne et le rencontrer.

Tout cela dit, lorsque j’observe certains agissements de l’État d’Israël, je ne suis pas toujours d’accord avec ce que son gouvernement décide et fait, comme il m’arrive de ne pas toujours être d’accord avec ce que fait l’État québécois, l’État canadien ou l’État américain. Suis-je pour autant un antisémite? Jamais de la vie!

Faire une symbiose entre la religion juive, la nation juive et l’État d’Israël comme Stephen Harper le fait est une erreur de sémantique, et je me demande jusqu’à point il ne s’agit pas, dans les faits, d’une fraude intellectuelle?

Après avoir fait une nette démonstration que je suis tout le contraire d’un antisémite, je me sens libre de rejeter du revers de la main et de manière vigoureuse cette définition « improvisée » que Stephen Harper est allé décrire hier à la Knesset. Stephen Harper déforme la vérité, et je refuse d’admettre que Stephen Harper parle en mon nom en ce qui concerne cette question!

שָׁלוֹם Shalom

Billet publié également sur:

- Le République
- Le Huffington Post Québec

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