Henri Bergson: philosophe français, né et mort à Paris (1859-1941)

samedi 7 mai 2011

2 mai 2011: un post mortem nécessaire

Depuis quelques jours, beaucoup de voix s'élèvent au Québec pour profiter de la nouvelle réalité politique post électorale du 2 mai dernier, afin de redéfinir le rôle du Bloc québécois, d'autres réclamants même qu'il soit sabordé.

Quelques éléments de réflexion me viennent à l'esprit, je crois important de les partager.

Les députés du Bloc québécois ont fait un travail admirable au cours des vingt dernières années à Ottawa. Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, pour qui j'ai le plus grand estime et la plus grande admiration, a su donner à la cause nationale du Québec une image beaucoup plus posée et sérieuse à l'endroit des anglophones du ROC, à tel point qu'il a été le député de la Chambre des communes le plus estimé par ses pairs. Mais dites-moi, malgré tout cela après vingt ans, le Québec est-il maintenant un pays indépendant?

Le travail acharné de l'ensemble de la députation du Bloc à Ottawa a permis au peuple du Québec de se faire reconnaître le statut de nation (mais à l'intérieur d'un Canada uni!!!); ce même travail acharné a permis de mettre en lumière la plus grande supercherie faite à l'égard de la nation québécoise par le Parti libéral du Canada dans le scandale des commandites, à tel point que l'existence même du PLC ne tient aujourd'hui qu'à un fil bien ténu. Le travail extraordinaire de la députation du Bloc québécois a permis la reconnaissance du déséquilibre fiscal et le remboursement au Québec de sommes d'argents extrêmement importantes. Et la liste pourrait s'allonger infiniment de tout ce que le travail acharné de la députation du Bloc a permis d'obtenir en gains de toutes sortes à l’égard de la nation québécoise. Pour tout cela nous devons être éternellement reconnaissants à cette formidable formation politique qu'est le Bloc québécois et à son chef démissionnaire Gilles Duceppe. Mais dites-moi les amis: malgré tout cela après vingt ans, le Québec est-il un pays indépendant, siégeant dignement à la table des pays souverains aux Nations-Unies?

Malgré tout ce qui vient d'être énumérer, le Québec est toujours et encore une nation non souveraine subordonnée à une autre contre qui il faut toujours se battre contre vents et marées pour obtenir quelque chose, ce quelque chose qui plus souvent qu'autrement nous est un dû!

Alors après vingt ans de cet extraordinaire travail du Bloc québécois à Ottawa, du dévouement sans borne de tous ces députés et de Gilles Duceppe en tête, nous devons en conclure que ce n'est pas par ce moyen que le Québec va accéder à son statut de pays souverain. Défendre les intérêts du Québec à la colline parlementaire d'Ottawa n'a aucunement fait avancer le taux de popularité de l'indépendance dans la population, un taux stagnant toujours à plus ou moins 40%. Plusieurs de celles et ceux qui hésitent toujours à appuyer la cause nationale avaient probablement acquis que le travail du Bloc était suffisant pour faire avancer le Québec correctement. Malheureusement ces avancements ne nous ont jamais donnés de pays que nous souhaitons avec ardeur.

En d'autres termes le Bloc était devenu une police d'assurance. Et qui dit police d'assurance dit tranquillité d'esprit, parce que nous n'avons pas à nous inquiéter, puisque nous avons l'assurance d'être protégé à Ottawa pas nos ardents et dévoués députés du Bloc. Et avec une telle tranquillité d'esprit, où est l'urgence de se donner un pays mes amis? Toute cette réflexion nous conduit qu’à une seule conclusion logique : la cause de l’indépendance nationale du Québec ce n’est pas à Ottawa qu’elle doit être promue et défendue, mais ici en terre québécoise et pas ailleurs.

L’effort des indépendantistes est maintenant unique : faire augmenter le taux d’appui à l’idée de l’indépendance et d’y consacrer tous nos efforts intellectuels et de terrain auprès des citoyens.

Je sais que la disparition du Bloc peut paraître effrayant au premier regard, mais en prenant un peu de recul les souverainistes prennent peu à peu conscience que la raclée subit par le Bloc québécois le 2 mai fut la meilleure chose qui devait arriver à l'égard de la cause de l'indépendance nationale.

Les québécois vont maintenant devoir effectuer une prise de conscience que la meilleure façon de défendre nos intérêts, c’est en faisant émerger le pays du Québec en travaillant ici au Québec. Ensuite on nous respectera et pas avant. Dans la situation présente du Québec subordonné à un Canada uni, nous ne sommes pas respecté parce que soumis dans l'esprit des autres dans le ROC. En devenant un pays indépendant, nous serons dans une position d'égal à égal dans un rapport de forces qui le sera tout autant.

La marche vers le pays vient soudainement de prendre un rythme auquel personne ne s’attendait avant le 2 mai. Pour les sceptiques, observez-bien les prochains mois...


De Soulanges, en ce 7 mai 2011.


Normand Perry.

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