Henri Bergson: philosophe français, né et mort à Paris (1859-1941)

samedi 23 octobre 2010

Pourquoi le PQ se désintègre-t-il?

Depuis plusieurs années nous sommes collectivement témoin d’un morcellement des forces vives du Parti québécois, tant vers sa gauche (Québec Solidaire) que vers sa droite (ADQ un certain temps et la future formation Facal-Legault d’ici quelque temps).

Ce parti politique créé à la fin des années soixante du siècle dernier, fut le rassemblement des diverses tendances (gauche-droite) sous un même parapluie, dans le but de permettre à la nation québécoise de pouvoir accéder à son statut de pays indépendant et souverain.

Dès les premières années cependant, avec l’adoption de la démarche dite « étapiste » d’accession à l’indépendance, ce parti politique commençait dès lors à viser à côté de l’objectif de ce pourquoi il fut créé, dans la crainte de susciter méfiance et hostilité par rapport à ce qui constitue la substance même de son existence. Si on fait décoller une fusée spatiale, ne serait-ce qu’à un seul degré d’erreur au sol, le pilote de cette dernière aura tout un travail de redressement à faire pour parvenir à son objectif.

Puis sont venus deux référendums à quinze années d’intervalles l’un de l’autre, chacun posant au peuple du Québec une question référendaire qui n’était pas à proprement dit indépendantiste. Une véritable question indépendantiste serait : acceptez-vous que le Québec devienne un pays indépendant et souverain, oui ou non?

Puis dans le souffle du double échec référendaire des leaders arrivèrent à la tête du PQ en proposant une démarche en accentuant un éloignement du projet de pays, ne se rendant aucunement compte que cette démarche étapiste est le boulet empêchant le PQ d’offrir au peuple ce qu’il attend d’un parti politique indépendantiste. Qu’on pense à Pierre-Marc Johnson, André Boisclair, et malheureusement aujourd’hui Pauline Marois.

La création de Québec solidaire il y a quelques années, parti politique au programme et valeurs reflétant la social-démocratie; et la création anticipé d’un futur parti politique dans la foulée du manifeste des Lucides avec Joseph Facal et François Legault, ayant pour objectif (en apparence louable) de remettre de l’équilibre dans les finances actuelles du Québec; ces phénomènes donc, sont la manifestation assez claire d’une désintégration d’un parti politique souverainiste dans la forme, mais parce qu’il n’est plus l’ombre de ce qu’il était en substance. C’est pour cette raison que l’on déserte de plus en plus le PQ. Cette désintégration était prévisible et inévitable après le départ d’un chef qui n’aurait jamais du partir en juin 2005.

Une seule chose peut encore sauver ce parti politique de sa disparition et c’est un virage indépendantiste qui ne laisse aucun doute dans sa démarche pour y parvenir autant que dans l’apologie de la cause en tant que telle. Nous sommes foncièrement devant une question ontologique ici et rien d’autre. Tant et aussi longtemps que subsistera un relent d’étatisme au PQ, les personnes ayant foi en ce projet de pays poursuivront leur exode à gauche et à droite en dehors du PQ, parce qu’elles ne voient guère le jour où ce parti politique jouera franc jeux devant la population et ces propres membres.

Les problèmes financiers du Québec que les Facal, Legault et bien d’autres encore croient pouvoir régler en tassant la question nationale font erreur : c’est en devenant un pays souverain et indépendant que le Québec aura tous les leviers nécessaires pour agir pleinement, sans attendre sur la permission de qui que ce soit pour régler les problèmes en question.

Et comment peut-on s’imaginer un instant que c’est en tenant un discours sur une gouvernance souverainiste provinciale que l’on va réussir à vendre le projet de pays aux gens restant à convaincre? On le voit bien dans la stagnation des intentions de votes à l’égard du PQ depuis près de deux années : ça ne passe pas la rampe!

C’est en développant et en maintenant un discours sans équivoque sur la nécessité de l’indépendance que le PQ sera pris au sérieux, et surtout en proposant un agenda non moins équivoque.

Je crois qu’il y a encore un seul véritable leader au Québec capable de faire en substance de ce parti ce qu’il doit être. Malheureusement, ce leader n’est plus à la tête de ce parti. Il serait grandement temps que quelqu’un pense à le faire revenir à grands pas!


De Soulanges au Québec
En ce samedi soir d'octobre 2010

Normand Perry

samedi 4 septembre 2010

Si j’étais le premier ministre…

Si j’étais le premier ministre ayant déclenché une commission d’enquête, visant apparemment à faire la lumière sur un certain problème, et que d’autre part j’étais foncièrement convaincu de n’avoir absolument rien à me reprocher, alors je demanderais sans la moindre hésitation de comparaitre devant cette commission d’enquête que j’ai déclenchée en étant littéralement branché sur le polygraphe : mais pourquoi donc me demanderaient mes principaux conseillers ?

Pour convaincre le juge nommé à la tête de cette commission d’enquête que je suis blanc de tout soupçon par rapport à ce que le principal témoin a soulevé durant son témoignage ? Non. Car je sais dans mon fort intérieur que peu importe ce que va dire le rapport de ce juge, que l’opinion publique elle, a déjà forgé son jugement, et que la seule chose qui pourrait me sauver la face est un polygraphe venant révéler à la face de cette opinion publique que j’affirme la vérité, totalement ou entièrement sans faux-fuyant dans toute cette histoire face au principal témoin.

Malheureusement je ne suis pas le premier ministre : je ne suis que le pauvre contribuable obligé d’assister à toute cette mascarade qui ne fera jamais la lumière sur les vérités que je voudrais voir apparaître en pleine lumière. Alors je vois ce système démocratique que j’affectionne tant être vicié par des gens sans scrupules à l’égard de que ce système à de plus cher et de plus précieux : le noble service du peuple désintéressé de tout intérêt personnel.

Devant tout cela il ne me vient qu’une seule pensée à l’esprit, et c’est le mot de Camus : « Il y a de quoi en avoir la nausée ». Demandez-moi si j’ai encore envie de refaire un jour de la politique devant autant de théâtre, de saleté et de pestilence ?

J’ignore pourquoi, mais j’ai soudainement envie d’écouter l’Alouette en colère de Félix !



Normand Perry
De Soulanges au Québec.

samedi 17 juillet 2010

Vacances entre parenthèses.

Il a fallu un débat très important, ayant cours actuellement dans le milieu de la science, pour m'obliger à sortir de mes vacances estivales et intervenir sur mon blogue.


Darwin et Création biblique : pourquoi les opposer ?

Pourquoi cherche-t-on à opposer deux concepts expliquant deux réalités différentes : Ceux de la création biblique par rapport à l’évolution darwinienne ?

Depuis un certain nombre d’années, j’observe le débat opposant les tenants de la thèse darwinienne de l’évolution excluant toute intervention, de quelque nature que ce soit d’ordre divin. Et de l’autre côté, les gens croyants exclusivement à la thèse de la création de l’univers et tout ce qu’il contient y incluant l’être humain, le tout en six jours comme le raconte le récit dans le livre de la Genèse, le premier livre de la Bible. Ces créationnistes excluent toute idée d’évolution de l’environnement tout comme celle des êtres.

C’est du moins ce que laissent sous-entendre les questions posées lors d’un sondage publié et commenté dans le quotidien montréalais Le Devoir, vendredi le 16 juillet 2010 sous le titre « Le créationnisme, une affaire d’Américains…et d’Albertains » sous la plume d’Hélène Buzzetti.

D’entrée de jeux la journaliste évoque cette dualité, presque pour en faire une antithèse : « Entre Dieu et Darwin, les Canadiens choisissent le scientifique lorsque vient le temps d'expliquer l'origine de la vie. Leurs voisins du Sud, eux, préfèrent la théorie de La Genèse »

Ce qu’il faudrait savoir au préalable, concernant le récit de la Genèse, selon l’approche théologique historico-critique, c’est que nous sommes face à un livre, dont les 12 premiers chapitres présentent des récits qui n’ont pas pour but de décrire le début de l’existence de l’univers et de la vie. Mais par une approche poétique, ces livres veulent démontrer que tout ce qui vit sur Terre et peut-être ailleurs dans l’univers ne saurait exister sans une volonté qui lui soit extérieure et indépendante. Pour les croyants appartenant aux religions monothéistes, cet Être c’est Dieu, que l’on nomme de diverses façons selon la religion : Yahvé, Jéhovah, Allah, Je-Suis-Celui-qui-Est, et peut-être d’autres qui échappent à ma connaissance.

Que des gens n’ayant aucune foi en un être divin rejettent toutes références à Dieu dans le processus de l’origine de l’univers, de la vie sur Terre et de la création de l’être humain, c’est une conclusion normale dans leur raisonnement d’athées, et il faut respecter cette position. Cependant j’ai toujours une question à leur poser : si l’existence de Dieu n’est pas scientifiquement prouvable, comme on le prétend dans vos milieux, le contraire ne l’a pas été davantage non plus. Alors comment peut-on scientifiquement parlant, affirmer la non existence de Dieu en l’absence de preuves ?

A contrario, il y a des croyants qui rejettent du revers de la main la théorie des origines des espèces et de la vie selon Darwin. Holà attention : si l’être humain est doté d’une raison, c’est pour s’en servir, et s’en servir entre autres de manière scientifique, avec toutes les méthodes rigoureuses que la science s’est données au fil des siècles. Est-ce que la foi en Dieu exclue arbitrairement le recours aux méthodes scientifiques pour nous expliquer le comment des choses ?

Jamais de la vie !

Car voyez-vous, cette opposition existant entre la création avec Dieu et l’évolution sans Dieu est appuyée en grande partie sur une confusion des genres. Comment différencie-t-on ces genres ? La science (Darwin) sert à expliquer le comment des choses. La théologie (création avec Dieu) a pour but quand à elle d’en démontrer le pourquoi aux côtés de la philosophie. La science démontre la mécanique de la vie, alors que la théologie donne un sens à la vie, et la philosophie recherche ce sens tout comme la vérité. Alors il n’y a aucune raison valable pour les opposer. Et quand aux personnes qui cherchent à le faire, il faudrait se demander jusqu’à quel point elles sont conscientes ou non de la différence des genres que nous venons d’expliquer.

Que reste-t-il alors comme solution, sinon que de rechercher une conciliation entre les deux thèses ? Car si l’on admet que nous sommes face à deux genres expliquant des réalités différentes tout en ayant des objectifs et méthodes qui diffèrent, il peut alors exister une voie pour les faire coexister en éloignant une fois pour toute des disputes n’ayant aucune raison d’être.

Je dois avouer que cette question m'habite et me préoccupe depuis très longtemps. Je n’ai certainement pas dit mon dernier mot sur le sujet.

Mais puisque nous sommes en plein été, temps de vacances et de détente, je ne peux m’empêcher de terminer cette sortie de pause estivale sur une note d'humour.

Je vous recommande donc cette vidéo sur Youtube et je suis persuadé que si Darwin voyait cela, il réécrirait sa théorie de l’évolution !


De Soulanges au Québec

En ce samedi le 17 juillet 2010

Normand Perry

mercredi 16 juin 2010

Vacances estivales: du travail au menu.

Alors que la période estivale annonce l'arrivée des vacances pour la majorité des gens au Québec, on serait porté à croire que l'auteur de ce blogue fera une pause de l'écriture au cours de cette période pour les même raisons. Or pause il y aura sur ce blogue, mais de vacances... que très peu.

Sauf quelques jours en famille prévus en plein bois au bord d'un lac du nord québécois pour y taquiner le poisson et se faire taquiner par les mouches noires et autres moustiques, et la poursuite de mon initiation au golf, les vacances estivales n'auront rien d'un grand repos pour votre blogueur, et ce malgré le fait que ce blogue sera en pause jusqu'à l'automne.

En compagnie d'une équipe formidable composée de gens aux compétences reconnues, nous nous engageons dans un projet radiophonique, projet dont j'ai le plaisir d'assurer la réalisation et l'animation. Nous allons bientôt entrer en studios pour y enregistrer une série d'émissions de une heure chacune, dont la diffusion débutera dès la rentrée automnale de septembre prochain. "Voix Orthodoxes" sera le titre de cette série d'émissions radiophoniques portant entre autre sur la vie de l'Église orthodoxe au Québec et dans le Montréal métropolitain. Puisque la programmation automne-hiver de la station où sera diffusée notre émission n'est pas complétée, il est préférable de laisser aux soins de la station elle-même de procéder à l'annonce officielle de la mise en ondes de l'émission.

Puisque le plus grand de mes énergies sera consacré à ce projet, ce blogue sera donc officiellement en vacances pour un retour à l'automne prochain.

Et n'ayez guère d'inquiétude, je garde l'œil ouvert sur l'actualité sociale et politique: il y a une certaine commission d'enquête ces jours-ci qui semble démarrer sur des chapeaux de roues et une commission d'enquête dont on attend toujours le déclenchement malgré les appels du pied de près de 80% de la population du Québec au premier ministre actuellement en fonctions à Québec...! De l'action il y aura à observer, à analyser et à critiquer certes. Là non plus, pas de vacances pour les veilleurs.

En attendant je souhaite à tous nos lecteurs de passer un très bel été et de très bonnes vacances estivales 2010.



De Soulanges au Québec
En ce 16 juin 2010
Normand Perry

lundi 24 mai 2010

Le hasard existe-t-il ?

Dans un interview accordé au magazine Le Point publié le 20 mai dernier, le poète et penseur du "tout-monde" Edouard Glissant exprime quelques idées curieuses à propos de la connaissance humaine.


L'un des lieux de débats privilégié de la philosophie contemporaine est bien celui du monde de la connaissance chez l'être humain. Edouard Glissant stipule que le "Le hasard est une donnée de la connaissance" dit-il. Il en réfère à une expérience vécue lors de la rédaction d'une anthologie qu'il vient de publier.

Sur le site
Facebook de Philosophie magazine, j'ai sauté à pieds joints dans un débat lancé par le magazine en lançant une affirmation sans équivoque: "le hasard n'existe pas". Il s'en est suivi des échanges très émotifs entre divers intervenants dont votre humble serviteur.

Albert Einstein s'est opposé à l'idée du hasard à une certaine époque, voulant ainsi contrer la théorie de la mécanique quantique de son ami et physicien Niels Bohr. L'Histoire démontre qu'Einstein a fait erreur en se basant sur des prémisses scientifiques infondées. Cependant, la mécanique quantique ne prouve aucunement l'existence du hasard en tant que tel au plan scientifique.

Au plan philosophique le débat reste tout aussi ouvert: comment peut-on admettre l'idée de l'existence du hasard ? Pour moi cette question porte en elle des corollaires par rapport à la question de l'existence ou non du non-être, une question ayant passionnée les philosophes de l'Antiquité tout aussi bien qu'à plusieurs époques ultérieures.

Certains prétendent qu'il s'agit d'une équation à plusieurs inconnus. Mais une équation à plusieurs inconnus c'est de l'algèbre, donc aucune commune mesure avec l'idée du hasard. D'autres tentent de définir le hasard de la manière suivante: lorsqu'un fait surgit de nulle part de manière inattendue et que le sujet en a point connaissance au préalable, il s'agit d'un évènement provoqué par le hasard. Encore ici Aristote oppose à ce concept subjectiviste celui du réalisme: la réalité EST lorsque le sujet est en présence de son objet. Cependant, l'objet EST de manière indépendante de son sujet tout comme le sujet l'est par rapport à l'objet. Ma position est une opposition très ferme à ce ou ces concept(s) du hasard: ma position s'appuie sur le réalisme aristotélicien. Ce à quoi le sens commun attribue l'étiquette de "hasard", il faudrait plutôt parler de coïncidence.
Le terme coïncidence tel que définie dans la logique formelle, il n'y a donc aucune mesure de ce que le sens commun attribue au hasard.


Le hasard est une machination de l'esprit, une utopie et de la pure futilité!





Normand Perry
Région de Soulanges
En ce 24 mai 2010, 14h50

mercredi 19 mai 2010

Un glorieux centenaire ?

À nos joueurs du
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Chers joueurs du Canadien.


Après avoir eu une saison en dents de scie et ayant réussi à vous qualifier pour les séries éliminatoires par la peau des dents, vous y êtes arrivé tout en laissant un certain scepticisme, quant à vos chances de réussites, auprès de la presse sportive montréalaise et une bonne partie de votre audience chez vos partisans.


Joueurs du Canadiens de Montréal, vous êtes devenu l’équipe cendrillon des séries éliminatoires de la Coupe Stanley édition 2010 : vous devez vous convaincre que vous êtes les meilleurs. Vous avez d’abord éliminé les champions de la saison régulière, les Capitals de Washington. Puis contre toute attente, les champions de la Coupe Stanley édition 2009 furent à leur tour éliminé grâce à votre talent, votre combattivité et le surpassement en effort de chacun de vous tous de manière collective.


Mais là après deux défaites par blanchissage par les Flyers de Philadelphie nous ne reconnaissons plus l’équipe ayant brisé tous les scepticismes des deux premières rondes des séries éliminatoires actuelles.


Ce n’est pas une question de talent, ce n’est pas une question de cohésion collective non plus : vous venez de prouvez aux journalistes, partisans et partout dans le circuit de la LNH que vous pouvez vous surpasser. Les deux prochains matchs à domicile messieurs est l’occasion d’entrer en vous-mêmes et de puiser de cette force qui vous a animé contre les Caps et les Pinguins et de faire d’une seule bouchée des Flyers. Rappelez-vous le niveau de confiance qui vous animait tous au septième match contre les Pinguins et vous saurez à l’intérieur de chacun d’entre-vous que avez la capacité de faire la même chose et même mieux : vous qualifier pour la grande finale de la Coupe Stanley. Ne serait-ce pas le plus beau cadeau que vous pourriez offrir à vos partisans et à la fierté québécoise : une vingt-cinquième coupe pour clôturer cette année centenaire de la sainte Flanelle ?


De Soulanges au Québec


Normand Perry

En ce mercredi 19 mai 2010, 12h01 pm

samedi 15 mai 2010

Décadence démocratique

De manière très exceptionnelle aujourd'hui, je vais mettre en relief le texte récent d'une journaliste, Josée Legault, ayant exprimé les sentiments d'une grande majorité à l'égard de la classe politique au Québec, plus particulièrement du PLQ de Jean Charest. Dans une émission radiophonique diffusée à la Première chaîne de la SRC samedi le 8 mai 2010, madame Legault évoquait la colère grondante et bien sentie dans la population québécoise, particulièrement lorsque les gens du public l'abordent au marché, à la pharmacie ou autre endroit du genre, pour lui exprimer cette colère en des mots tellement crus que l'on ose guère les rapporter dans les médias. C'est d'ailleurs ce passage à la radio le 8 mai qui fut l'élément déclencheur de mon billet du même jour sur mon propre blogue.

Je vais placer en lien (à la fin de mon billet) ce texte qu'elle publiait cette semaine sur son blogue le 12 mai 2010. Ma volonté est d'inviter mon lectorat à entamer, par cette lecture et avec moi par la suite, une réflexion sur la décadence démocratique dont nous sommes à la fois les témoins et les victimes en tant que citoyens. A terme mon intention est démontrer la nécessité de jeter un regard studieux sur certains principes nous ayant été légué par certains penseurs en cette matière: Aristote, Platon, Cicéron, l'empereur romain Marc-Aurèle et beaucoup d'autres encore. Si certain d'entre-vous y perçoivent une opération visant à démontrer la nécessité de l'instauration d'un régime républicain au Québec, je vous dit maintenant que vous visez juste.

Avant d'y parvenir il faudra trouver un moyen de débarrasser le paysage politique québécois actuel des éléments à l'égard de qui de très graves allégations pèsent, et par incidence font peser sur la société québécoise un désabusement et une indifférence qui leur sont (aux présumés manipulateurs), dans les circonstances, très profitable. Mais qu'on ne s'y trompe guère: un jour ou l'autre il faudra bien rendre des comptes: la sagesse en effet tout comme l'histoire d'ailleurs démontrent que des intérêts gagnés de manières indus finissent toujours un jour ou l'autre par coûter plus cher à ce qu'il fut nécessaire en efforts pour les obtenir. Il ne suffit de lire l'histoire de certaines révolutions dans le monde pour s'en convaincre.


samedi 8 mai 2010

Vox populi....vox Dei !

Le cynisme est un prétexte à de l’inaction…selon Lucien Bouchard.

Il parait en effet que le cynisme serait largement le prétexte pour ne rien faire selon les dires de l'ancien premier ministre du Québec, tel qu’il l’exprimait en conclusion d’une entrevue livrée dans un quotidien québécois bien connu. Vraiment ? Que devrions-nous en penser du cynisme de la population devant les allégations de corruption en provenance de Québec ces jours-ci?

D’abord j’ai acquis la certitude cette semaine que la phase du cynisme est largement dépassée dans l’esprit d’au moins 80% de la population au Québec actuellement. Il règne dans la population un grondement profond, une colère très vive, un état d’esprit pouvant conduire à une révolte populaire susceptible d'éclater à la moindre étincelle. C’est ça qu’on ose qualifier de prétexte à de l’inaction?

Toutes les allégations rapportées par les journalistes et les membres de l’opposition de l’Assemblée nationale du Québec, additionnées aux faits véridiques apparaissant maintenant en pleine lumière (tout ce qui fut écrit et dit concernant l’ancien ministre Tomassi et ayant conduit à son expulsion du caucus du PLQ) tendent à démontrer une corruption largement rependue dans ce gouvernement. De fragile qu’était la légitimité du gouvernement du PLQ il y a quelques semaines à peine, on peut maintenant affirmer qu’il n’y a plus de cette légitimité dans l’opinion publique, tous les sondages publiés depuis environs un mois l’expriment de manière constate et sans équivoque surtout. Si Lucien Bouchard ose qualifier ce cynisme de la population comme étant un prétexte à de l’inaction, on voit que l’inaction est bel et bien située du côté de l’entêtement de Jean Charest dans son refus obstiné à instituer une commission d’enquête publique sur le financement du PLQ, non?

De deux choses l’une : ou bien le premier ministre Jean Charest accepte d’instituer une commission d’enquête publique sur le financement du PLQ pour démontrer que ce parti n’a rien à se reprocher (et les faits tout comme les allégations pèsent actuellement lourdement en faveur de la thèse contraire), ou bien ce gouvernement remet sa démission au Lieutenant-gouverneur du Québec : c’est la croisée des chemins qui se présente devant eux présentement, et j’ai l’intime conviction d’exprimer tout haut ce qu’environs 80% de la population pense actuellement au Québec. Vox populi...vox Dei!

Et continuons notre cynisme actif!


De Soulanges au Québec : Normand Perry
En ce samedi 8 mai 2010, 11h15

samedi 24 avril 2010

Déclaration citoyenne solennelle.

DÉCLARATION CITOYENNE SOLENNELLE

Aujourd’hui, il n’est demandé à personne de descendre dans la rue.

Cependant plusieurs milliers de citoyens, tout comme nous, ont totalement perdu confiance, non seulement dans le Gouvernement du Québec, mais perdent également confiance en nos institutions démocratiques, consécutivement aux allégations de malversation, de collusion et de corruption à l’endroit du PLQ (Parti libéral du Québec) dont les faits nous sont relatés quotidiennement pas les médias d’information depuis plus d’un an.

Lisez la Déclaration citoyenne et suivez les instructions ci-après si vous avez le désir de voir des changements s’opérer dans les semaines et mois à venir :

_________________________________

Nous, citoyens et citoyennes du Québec, déclarons que:

les nombreuses allégations de malversation, de collusion et de corruption à l’endroit du Parti libéral du Québec (PLQ) depuis plus d'un an minent l’image du Québec et la crédibilité de ses institutions;
ces allégations ont mené à une crise politique sans précédent qui a rompu le lien de confiance entre le Gouvernement et la population;
le Gouvernement libéral de Jean Charest a perdu l'autorité morale de gouverner et n’a plus aucune légitimité pour gouverner le Québec.

En conséquence,

nous demandons à tous les membres élus de l'Opposition de cesser les travaux parlementaires, de quitter l'Assemblée nationale et de se joindre à nous, citoyens et citoyennes du Québec, pour exiger la démission du Premier Ministre Jean Charest, la dissolution de l'Assemblée nationale et le déclenchement d'élections générales.

Je, (votre nom), citoyen (ne) du Québec, appui formellement cette déclaration.

_________________________________

INSTRUCTIONS

Copier la Déclaration (entre les deux lignes rouges horizontales);

Cliquer sur l'un des deux liens ci-dessous (un nouveau message sera créé dans votre application de courriel avec les adresses de tous les membres élus de l'Opposition comme destinataires)

Écrire “Déclaration citoyenne” dans le sujet du message;

Coller la Déclaration dans le corps de ce nouveau message;

Envoyer le message.

PRÉCISIONS

SVP n’écrire rien d’autre et ne pas envoyer le message plus d'une fois avec la même adresse.

Cliquer sur l’un des deux liens ci-dessous pour envoyer un courriel

à tous les députés élus de l'Opposition en même temps.

Adresses séparées par des virgules

Adresses séparées par des point-virgules

Selon l'application de courriel utilisée, vous aurez à choisir une

des deux façons de séparer les adresses multiples.

Normand Perry

Soulanges au Québec, 24 avril 2010, 15h15


N.B.: Je vous invite à la suite de milliers d'autres citoyens québécois à envoyer cette déclaration aux membres de l'Opposition de l'Assemblée nationale du Québec, ce que j'ai fait au préalable avant de le placer ici sur mon blogue.



dimanche 18 avril 2010

In memoriam: Michel Chartrand (1916-2010)

In Memoriam: Michel Chartrand (1916-2010)
(photo: Wikipedia)

Bientôt sur ce blogue un article consacré à cet homme d'exception dans l'histoire du Québec, une esquisse du portrait de Michel Chartrand: ses racines et son héritage. A suivre.

Normand Perry
Soulanges au Québec
Dimanche le 18 avril 2010, 14h40

mercredi 14 avril 2010

Les Années Ténébreuses

En ce 14 avril le Québec entrait dans sa période des Années Ténébreuses en 2003 : la Grande Noirceur n’est que de la petite bière par rapport à ce que nous vivons collectivement depuis ce jour sombre de 2003, les historiens convergeront tous vers cette conclusion d’ici quelques décennies.

Ce n’est point une prédiction, c’est une certitude et les événements rapportés par l’actualité québécoise présentement le démontrent sans l’ombre d’un doute.

Les Années Ténébreuses doit désormais être le qualificatif de l’époque présente au Québec.

Le génie de ce pamphlet tient au fait que sans avoir eu le besoin de nommer un seul nom, tous dans l’esprit collectif savent de qui et de quoi il est désormais question. N’est-ce pas ?

samedi 3 avril 2010

DÉSOBÉISSANCE CIVILE INTELLIGENTE ET SOCIALEMENT ACCEPTABLE

Le dépôt du budget Bachand-Charest le 30 mars 2010 à l’Assemblée nationale du Québec, constitue rien de moins qu’une déclaration de guerre du Gouvernement du Québec à l’égard de la classe moyenne inférieure et des moins bien nantis du Québec, nonobstant le fait que le ministre des finances nomme ce budget comme étant une Révolution culturelle. La rhétorique développée par les membres de ce gouvernement, soigneusement cousue de fil blanc, cache bien mal néanmoins la volonté très nette de la bourgeoisie richissime du Québec, qui s'est maintes fois exprimées, entre autre, par le groupe formé des Lucides, mais aussi par des éditorialistes et chroniqueurs à la solde de Gesca, de faire porter le fardeau entier de la dette du Québec et du déficit subséquent à la crise économique, bien en dehors de leurs propres épaules et surtout de leurs comptes de banque. Il est inutile de rappeler ici le caractère extrêmement régressif des mesures budgétaires présentées par le ministre des finances lors du discours du dernier budget, d’autres commentateurs ont amplement et très bien décrits et commenté ces mesures régressives. Je me limiterai à dire que la seule chose qui ne fut pas mentionnée est que le Québec est désormais un endroit où uniquement les riches ont le droit de vivre confortablement.

La réaction de la population quant à elle ne s’est pas fait attendre : quelques jours suivant le dépôt de ce budget, un sondage signifiait que plus de 70% de la population québécoises désapprouvait les mesures régressives présentées par Raymond Bachand. Une première manifestation populaire dans les rues de Montréal jeudi le 1er avril, où une foule estimée entre 10,000 à 12,000 personnes, a exprimée une colère très vive à l’endroit du Gouvernement du Québec à propos de ce budget. Est-ce là le début d’une révolte populaire comme l’exprimait une porte-parole de l’événement ? Seul le temps va le révéler. Nous connaissons la légendaire insensibilité du premier ministre du Québec, et il est certainement permis d’entretenir une certaine forme de scepticisme à l’égard de tels mouvements spontanés quand à leur capacité de faire reculer le Gouvernement du Québec en ce qui a trait aux mesures régressives de son budget. Cependant si ces manifestations devaient s’intensifier et devenir récurrentes, il pourrait s’agir alors de l’amorce de non seulement une révolte populaire, mais une véritable Révolution du peuple.

Pour répondre adéquatement à cette déclaration de guerre de ce gouvernement du PLQ à l’endroit de la classe moyenne inférieure,
des moins bien nantis et des plus vulnérables, il faut s’ingénier à combattre en ce servant des mêmes armes employées contre nous : l’argent. Le Gouvernement a décidé de passer par une hausse généralisée des taxes, des tarifs et la création d’une caisse santé pour régler ces soi-disant problèmes des finances publiques, évidemment en vidant les poches de celles et ceux pour qui chaque sou compte à la fin du mois et même de chaque semaine. Ceux qui appartiennent à la classe moyenne supérieure et la bourgeoisie ne verront guère de différence dans leur immense pouvoir d’achat (en comparaison aux gens de la classe moyenne inférieure et les moins bien nantis) voyant un peu de leur superflu disparaître sans trop de heurt. Alors que faire pour combattre avec les mêmes armes face à cette déclaration de guerre ?

Une première condition est impérative au succès : de la discipline. Il faut d’abord prendre la ferme décision de combattre de toutes ses forces, établir des objectifs très précis, et surtout se doter d’une volonté très ferme d’atteindre ces objectifs. C’est ainsi que ça fonctionne dans n’importe quel armée. Les officiers établissent les objectifs à atteindre, transmettent leurs ordres à leurs subalternes qui à leur tour les transmettre les ordres aux combattants sur le terrain.

Les sondages préliminaires et la manifestation (consécutivement au discours du budget) évoqués précédemment démontrent une ferme volonté de la population
d’un refus massif de ce budget et pour éviter de le subir il faut en empêcher l’adoption par l’Assemblée nationale du Québec. .

J’en appelle donc à une désobéissance civile, mais une désobéissance civile intelligente et socialement acceptable. J’ai évoqué l’idée de nous servir des mêmes armes que celles employées par ce gouvernement du PLQ (l’argent), et bien démontrons à ce gouvernement que le contrôle démocratique est une chose qui appartient véritablement au peuple.

L’idée que je vais proposer ici est parfaitement légale, tout à fait légitime et elle possède surtout le potentiel de faire très mal au gouvernement du PLQ : cessons d’acheter des produits taxables sur le territoire québécois. A tout le moins réduisons au strict minimum l’achat de produits taxables au Québec.

Tous les biens de consommation : voitures, électroménagers, télévisions, chaîne stéréo, cinéma maison, ameublement etc. Tout ce que nous pouvons imaginer en fait de produits que nous utilisons quotidiennement, ne les achetons plus au Québec. J’admets volontiers qu’une telle chose est plus aisée pour les gens ayant élu résidence aux abords de nos frontières géographiques. Cependant, nous avons été confrontés par une logique de guerre, nous devons prendre les moyens de nous défendre adéquatement. En achetant nos produits taxables hors du Québec (mais à l’intérieur du Canada), l’effet sera immédiat et ce gouvernement sera privé de sommes inestimables provenant de ventes sur des produits de consommation.

En ce qui concerne la nourriture par contre, achetons ici de nos marchands locaux, car la grande majorité de ces produits ne sont pas taxables. En autant qu’ils s’agissent de viande, de boulangerie, de fruits et légumes tout comme certains produits laitiers.

Plusieurs produits peuvent se trouver sur des sites web transactionnels et internationaux aussi. Tout ce qui touche le domaine des livres, des CD ET DVD, la TVQ n’est pas appliquée lorsque nous transigeons sur des sites comme Ebay ou Amazon. Alors servons-nous de ce moyen autant que cela le nécessite pour le bien de la cause.

Une autre façon de priver ce gouvernement de revenu, et ça peut être très douloureux et très rapidement d’ailleurs, est que toutes celles et tous ceux qui n’acceptent pas ce budget aux mesures régressives prennent la ferme décision de ne plus payer de taxes volontaires en cessant de participer à des jeux de loteries. A quel pourcentage est évalué les réelles chances de gagner les 25, 30 ou 50 millions dollars en gros lots ? Tellement minime que ça ne fait même pas 1% de chance de gagner un gros lot de cette ampleur. Chaque fois que nous achetons des billets de Loto-Québec, c’est 100% de notre argent qui s’en va ainsi directement dans les poches de ce gouvernement par cette forme de taxe volontaire. Comme nous voulons faire mal de manière efficace, alors cessons de participer aux jeux de loteries au Québec et n’allons plus dans les casinos et centres de machines à sous.

J’ignore si cette forme de désobéissance civile intelligente et socialement acceptable passera un jour comme étant l’idée du siècle, mon objectif n’étant pas la recherche de la renommée, mais elle a au moins le mérite de posséder le potentiel de faire très mal, rapidement et efficacement. La réussite d’une telle action dépendra de la ferme résolution de toutes les personnes s’opposant à ce budget Bachand-Charest de faire reculer le gouvernement. Ce pouvoir est entre nos mains comme je viens de le démontrer. Certains auront le réflexe de répliquer « mais cette idée va faire mal aussi en même temps à nos commerçants du Québec ». C’est très vrai. Mais dans toute guerre il y a malheureusement des dommages collatéraux, ils sont le fruit d’un combat où des enjeux vitaux d’une masse plus grande sont au centre du conflit. Cette guerre rappelons-le, fut déclarée par ce gouvernement de Jean Charest à l’égard d’une très grande partie de la population du Québec, à commencer par les plus vulnérables de notre société.

A cette déclaration de guerre nous devons répondre maintenant et massivement par une Révolution du gros bon sens. La victoire va dépendre du courage et de la discipline de chacun et chacune d’entre nous. J’ose espérer que cette idée sera reprise et promue par certains membres de l’Opposition officielle à l’Assemblée nationale du Québec et des membres et la direction de Québec solidaire et largement diffusée sur Internet.


Normand Perry.
Soulanges au Québec.
Samedi le 3 avril 2010, 10h00 am.

dimanche 28 mars 2010

Choisir et vivre son état de vie est bien différent que d’essayer d’en vivre un qu’on nous impose.

Aujourd’hui plus que jamais le catholicisme romain vit l’une des pires crises qui l’ait affectée depuis l’époque des Borgia. Cette crise du catholicisme affecte directement la crédibilité de cette institution romaine vieille de deux millénaires, et bien au-delà du catholicisme romain, la chrétienté toute entière s’en trouve éclaboussée dans l’opinion publique mondiale. Comment en effet tenter de défendre l’indéfendable lorsqu’il s’agit d’histoires de pédophilie impliquant directement des membres du clergé et indirectement les autorités du catholicisme, c’est-à-dire des évêques et possiblement la personne même du pape (selon des révélations du New-York Times) ? Si d’aussi graves accusations se devaient être fondées, Joseph Ratzinger n’aurait peut-être alors pas le choix que de démissionner ou pire encore être déposé par le collège des cardinaux s’il devait s’entêter à demeurer en fonction.


Évidemment ces trop nombreux scandales mettent en relief la question d’un clergé romain obligatoirement célibataire. Y a-t-il ou non un lien de cause à effet, entre le fait que ces hommes voulant servir l’Église dans la prêtrise soient obligé de choisir un état de vie célibataire et le fait que plusieurs d’entres-eux développent cette déviance sexuelle ? Il est préférable de laisser les psychologues répondre directement à cette question. Cependant la sagesse chrétienne nous apprend certaines choses de très grande importance, et il faut entendre ici « sagesse chrétienne » n’étant point réduit au catholicisme romain. Avant le malheureux schisme ayant séparé les chrétiens d’Orient (les Églises orthodoxes) par rapport aux catholiques du patriarcat de Rome en 1054, cette discipline obligatoire d’un clergé célibataire n’était point en vigueur malgré certaines tentatives contraires.


Les théologiens catholiques auront beau évoquer les plus grandes vertus des appels évangéliques à la sainteté, là où ils se trompent c’est en faisant une adéquation néfaste entre sainteté de vie et vie sexuelle inhibée. Tout cela dans le but de préserver à tout prix le sacro saint célibat du clergé catholique romain. C’est à partir du premier concile du Latran en 1139 que cette règle devient obligatoire dans le catholicisme.


Il faut savoir pour le commun des mortels que le célibat obligatoire du clergé dans l’Église catholique romaine ne provient d’aucun commandement évangélique; il ne provient d’aucune prescription du collège des Apôtres du Christ ayant fondé les diverses Églises d’Asie mineure jusqu’au cœur de l’Empire romain, au contraire, même l’Apôtre Paul va émettre une prescription très stricte en cette matière : « "Elle est sûre cette parole; celui qui aspire à la charge d'épiscope* désire une noble fonction. Aussi faut-il que l'épiscope soit irréprochable, mari d'une seule femme, qu'il soit sobre, pondéré, courtois, hospitalier, apte à l'enseignement, ni buveur ni batailleur, mais bienveillant, ennemi des chicanes, détaché de l'argent, sachant bien gouverner sa propre maison et tenir ses enfants dans la soumission d'une manière parfaitement digne. Car celui qui ne sait pas gouverner sa propre maison, comment pourrait-il prendre soin de l'Eglise de Dieu ? Que ce ne soit pas un converti de fraîche date, de peur que, l'orgueil lui tournant la tête, il ne vienne à encourir la même condamnation que le diable. Il faut en outre que ceux du dehors rendent de lui un bon témoignage, de peur qu'il ne tombe dans l'opprobre et les filets du diable. » (1Timothée 3,1-7); cette obligation d’un clergé obligatoirement célibataire n’est aucunement prescrit non plus par les Pères de l’Église et les Sept Conciles œcuméniques. En d’autres termes la Tradition Apostolique de l’Église indivise n’a jamais commandé une telle chose.


Une première tentative d’imposer au clergé un célibat obligatoire échoua au premier Concile de Nicée en 325. L’auteur Socrate (pas le philosophe) rapporte en effet dans son Histoire ecclésiastique au Livre 1, c. 11: « Mais le confesseur Paphnuce, évêque dans la haute Thébaïde, l'un des plus illustres et des plus saints d'entre les prélats, et qui avait toujours vécu dans la continence, se leva au milieu de l'assemblée et dit à haute voix qu'il ne fallait point imposer un joug si pesant aux ministres sacrés ; que le lit nuptial est honorable et le mariage sans tache ; que cet excès de rigueur nuirait plutôt à l'Église ; que tous ne pouvaient porter une continence si parfaite, et que la chasteté conjugale en serait peut-être moins bien gardée : qu'il suffisait que celui qui était une fois ordonné clerc n'eût plus la liberté de se marier, suivant l'ancienne tradition de l'Église ». Les sordides histoires révélées aujourd’hui à la face du monde entier montrent hors de tout doute que les sages paroles de cet évêque furent sans doute d’inspiration divine.


La plus grande erreur du catholicisme romain en cette matière est d’avoir fait une symbiose entre la vie monastique et la vie dans le monde d’un clerc. Il y a pourtant un abysse les séparant comme le démontre l’évêque Paphnuce de Thébaïde ! La vie monastique offre des conditions favorisant une vie saine au plan de l’équilibre psychique pour les individus qui la choisissent. Le prêtre inséré en paroisse lui, a des conditions de vie radicalement différentes par rapport à celles en monastère. Il vit au cœur même de la cité, mêlé aux gens, subissant des influences mondaines de tous acabits, bref : rien ne visant à protéger sa promesse de célibat, car contrairement aux religieux, le prêtre catholique ne prononce pas de vœu de chasteté.


L’Église orthodoxe dans sa sagesse, n’ayant jamais imposé quelque règle disciplinaire à l’égard de ces futurs prêtres en termes de vie de célibat, a compris que si l’un de ses candidats à la vie presbytérale voulait choisir le célibat dans sa vie de prêtre, il devait le vivre à l’intérieur d’un monastère, et c’est la coutume la plus répandue dans la grande majorité des Églises orthodoxes dans le monde. Un homme marié voulant servir l’Église orthodoxe comme prêtre recevra l’ordination (s’il est jugé apte à occuper de telles fonctions) sans discrimination par rapport à ses frères ayant choisit le célibat et sera appelé à servir à l’intérieur des paroisses. On le voit donc, dans le principe l’Église orthodoxe est ainsi demeurée fidèle aux origines de la Tradition Apostolique, aux Sept Conciles œcuméniques et à la Patristique.


Avant d’entreprendre la rédaction de cet article pour mon blogue aujourd’hui, j’ai eu l’idée d’entreprendre des recherches sur Google à l’aide de mots clés pour trouver si des articles de presse mettaient en avant scène des histoires de pédophilie impliquant des membres du clergé orthodoxe : faites l’exercice par vous-même et vous ne trouverez rien de crédible ou de fondé. Je n’affirme pas que cela n’existe pas chez les orthodoxes, mais je suis d’avis qu’un clergé dont les membres ont choisi leur état de vie au lieu de se le faire imposer favorise nettement l’équilibre psychologique tout en diminuant les risques de scandales.


En fait peut-être est-ce là un début de prise de conscience nécessaire dans l’état actuel des choses dans le catholicisme romain, car il m’apparaît très clairement aujourd’hui que la crédibilité de cette institution est à jamais entachée par ces histoires sordides et la seule voie pouvant apparaître comme étant salutaire en ce moment pour rétablir un temps soit peu de crédibilité de l’institution tout comme celui du message évangélique est une mise à l’écart définitive d’une discipline causant plus de tort que de bien, et le tort causé par cette discipline va bien au-delà d’une question de crédibilité, il s’agit de la vie de jeunes enfants qu’on détruit par d’ignobles actes méritant un procès en cour criminel.



Normand Perry.

Région de Soulanges au Québec.

Dimanche le 28 mars 2010, 00h10.


N.B. : L’auteur professe la foi de l’Église orthodoxe depuis Pâques 2000, après avoir été membre de l’Église catholique romaine dont il fut séminariste entre les années 1993 à 1997.


* Épiscope : dans l’Église primitive on nommait des responsables à la tête des communautés naissantes. On les appelait tantôt presbytre (qui vient du grec presbuteros = ancien), tantôt épiscope (du grec épis-kopos = surveillant ou gardien).