Henri Bergson: philosophe français, né et mort à Paris (1859-1941)

dimanche 21 septembre 2014

Solidarité à temps partiel?

N'était-ce pas merveilleux, samedi dernier le 20 septembre, que de voir l'éveil de cette belle solidarité dans les rues de Montréal (dans un climat d'ordre parfait), où près de cinquante milles personnes ont pris part à cette marche de manifestation à l'endroit du Projet de loi 3 du Gouvernement Couillard, et du régime d'austérité que ce même gouvernement veux appliquer à l'ensemble de la société, en omettant, très curieusement, les députés de l'Assemblée nationale du Québec, et au premier chef, les membres du Conseil des ministres?

Autant puis-je être sidéré comme plusieurs de nos concitoyens, à la vue des attaques du Gouvernement du PLQ, à l'endroit des régimes de retraite, de la fonction publique, des employés du secteur municipal, des policiers, des pompiers et de nos acquis sociaux, et nous peuple de la classe moyenne que l'on veut appauvrir, autant le doute obscurcit mon esprit lorsque l'on fait appel à notre sens de la solidarité.

Comment ne pas être sensible aux appels des chefs syndicaux à l'endroit du peuple pour se joindre à ce combat, qui est également le nôtre, me dira-t-on, n'est-ce pas?

Je me pose cependant quelques questions, et j'ose les évoquer ouvertement.

Si les membres des grandes centrales syndicales obtiennent satisfaction auprès du Gouvernement, seront-ils toujours présent au côté du peuple, alors que le Gouvernement va poursuivre ses inlassables attaques?

Si les policiers obtiennent satisfaction face au Gouvernement, seront-ils au côté du peuple, alors que le Gouvernement va poursuivre ses inlassables attaques?

Comment pouvons-nous croire les grandes centrales syndicales, alors qu'au printemps étudiant, elles sont demeurées tout de même assez discrètes, alors que ce même PLQ corrompu attaquait de plein front les étudiants?

Comment pouvons-nous aujourd'hui être sensibles aux policiers, alors qu'au printemps 2012 ils ont été le bâton, le poivre de Cayenne, les trappes et le mépris du PLQ à l'endroit des étudiants qui étaient attaqué de plein front par ce parti politique corrompu?

Je veux bien être sensible et solidaire, parce que concerné à terme par les attaques du PLQ à l'endroit de nos acquis sociaux et de son intention de tous nous appauvrir par son régime d’austérité.

Mais serez-vous solidaire de notre cause, si vos affaires devaient être réglées à votre satisfaction, ou risque-t-on de voir le même scénario de 2012 se répéter à l'endroit de toute la classe moyenne par ce même PLQ corrompu à la moelle d’épinière?

Si le peuple se solidarise à votre combat, parce qu'il est nôtre également, serez-vous toujours à nos côtés, quoiqu'il advienne de vos négociations avec le Gouvernement, ou serons-nous abandonné à notre triste sort en subissant le même traitement que les étudiants en 2012, n'est-ce pas mesdames et messieurs des forces policières?

J'aimerais bien que mes quelques amis policiers ou membres de syndicats, particulièrement, répondent à ces quelques questions. Je suis persuadé que vous comprendrez le scepticisme qui m'anime, tout comme beaucoup de citoyens québécois en ce moment à votre endroit.

Je ne crois pas qu’il serait trop demandé, avant de nous solidariser à votre combat, que nous ayons l’assurance, au préalable, d’avoir votre solidarité dans notre combat, jusqu’à terme, et non à temps partiel. Jusqu’à quel point pouvons-nous compter sur votre engagement entier et total?

Ce texte a été publié sur le Huffington Post Québec le 22 septembre 2014.

samedi 13 septembre 2014

Le paradoxe écossais

Jeudi le 18 septembre prochain, le Royaume-Uni va vivre un moment historique, celui du référendum sur l’indépendance de l’Écosse. Après une année de campagne référendaire, les Écossaises et Écossais décideront de quitter ou non le Royaume-Uni, et s’ils le quittent, ce sera pour former un pays indépendant, répondant ainsi à une aspiration quelques fois centenaires. Autant pour la Catalogne, le Québec et peut-être d’autres endroits dans le monde, ce qui va se passer en Écosse ce 18 septembre, aura une influence plus ou moins grande, sur le plan politique, des aspirations des peuples cherchant à gagner le statut de pays indépendant, d’où la si grande attention que ce scrutin revêt déjà aux yeux de plusieurs, opposants comme en faveur d’une indépendance nationale sur leur territoire respectif.

Les règles du jeu : soyons « gentlemen »…

L’aspect de cette campagne référendaire qui retient le plus mon attention et mon intérêt, ce sont les règles du jeu que ce sont donné, sur entente négocié et préalable, Londres et Édimbourg avant le déclenchement de la campagne référendaire en Écosse. 

Peut importe les motifs ayant incité le parlement de Westminster à inviter leur vis-à-vis d’Édimbourg à s’asseoir à une table de négociation, visant à déterminer les règles du jeu référendaire, dans le but d’avoir une campagne et des résultats qui ne puissent être contesté par qui que ce soit, qu’importe le résultat final, cette négociation de « gentlemen » est fort louable et doit servir d’exemple partout ailleurs dans le monde où va se tenir de futurs consultations populaires sur l’autodétermination d’un peuple. Si cette procédure de bonne entente à l’amiable ne peut être considéré comme étant une jurisprudence au plan juridique, cette procédure doit inspirer les indépendantistes à faire des pressions politiques sur les législatures impliqués au plan politique.

Ce qui est intéressant de cette entente à l’amiable entre Londres et Édimbourg est la reconnaissance d’un résultat de 50% + 1 vote pour le clan gagnant du référendum; l’entente commune sur l’élaboration d’une question claire; d’avoir permis le vote à partir de l’âge de 16 ans. Après-tout, n’est-ce pas la jeunesse d’une nation qui est la plus intéressé, objectivement parlant, par l’avenir de son pays?

En regardant cette entente comme modèle pour l’avenir, ici au Québec, des « amanchures » comme 1995 ou 1980 ne seront plus possible. Québec et Ottawa ont désormais l’obligation morale de s’asseoir ensemble afin de déterminer les règles d’une éventuelle consultation sur l’indépendance du Québec. Le temps est venu que nous sachions nous comporter en « gentlemen » de part et d’autre de la rive des Outaouais. Et il faut féliciter les parlementaires de Westminster de leur initiative dans ce processus, nonobstant l’argumentaire politique et tactiques de campagne employés par l’Angleterre durant la campagne référendaire.

Le fameux paradoxe

En écoutant ce matin « Faut pas croire tout ce qu’on dit » (que vous pouvez entendre sur le site) animé par Michel Lacombe sur les ondes de ICI Radio-Canada Première, j’ai été stupéfait d’apprendre que si le résultat du référendum était en faveur de l’indépendance de l’Écosse, imaginez-vous que les Écossais garderont tout-de-même le lien qu’ils ont à la monarchie anglaise. Je ne dirais pas les gros mots anglais que j’ai en tête en ce moment, mais pincez-moi quelqu’un, je ne la comprends tout simplement pas, celle-là. Mais c’est quoi la « joke » au juste?

Comment un peuple sous domination d’une autre nation depuis de si nombreux siècles, qui aspire de toutes ses forces à une liberté légitime et qui se donne les moyens d’y parvenir par cette consultation historique du 18 septembre 2014, peut-il par la suite, accepter de demeurer littéralement sous la jupe de la reine d’Angleterre? 

D’après ce que j’ai pu comprendre de la part des spécialistes de la question au micro de Michel Lacombe, il semblerait que ce lien entre l’Écosse et l’Angleterre serait la résultante de l’union des couronnes au moment où Jacques 1er, roi d’Écosse, aurait accédé au trône de l’Angleterre après le décès d’Élizabeth 1ère, décédée sans héritier. Mais d’après ce que je peux comprendre du contexte historique livré dans la rubrique à ce propos sur Wikipédia, cette union des couronnes n’a rien d’organique ni de politique. Comment il se fait que l’Écosse demeurera, même indépendante au plan de la gouvernance, sous dépendance de la monarchie anglaise? Pourquoi ne pas profiter de l’indépendance pour passer le coup de balais dans cette institution devenue tellement désuète, que même beaucoup d’Anglais n’en veulent plus pour eux-mêmes?

Quoi qu’il en soit, si un Québec indépendant est pour demeurer sous la jupe d’un monarque d’Angleterre une fois que son peuple aurait décidé de son indépendance, alors vaut mieux rester dans nos conditions actuelles, car je n’y vois aucun changement, de quelque nature que ce soit. Vraiment aucun!

Vivement une république pour le Québec!


Ce texte a été publié sur le Huffington Post Québec le 16 septembre 2014.