Henri Bergson: philosophe français, né et mort à Paris (1859-1941)

lundi 19 décembre 2011

Le destin des rails...

Comme sa nouvelle formation politique semble battre des records de popularité, alors qu’en fait ils n’ont absolument rien prouvé, sauf un très grand sens d’opportunisme (ou de timing comme on le dirait en bon anglais), la CAQADQ de François Legault semble se diriger tout droit vers la conquête du pouvoir au Québec, si on se fie à la lourde tendance qui se dessine dans les sondages depuis quelques mois.


Mais à vrai dire sait-on vraiment où on s’en va avec la
CAQADQ?

Nous avons vécu des années noires sous Duplessis selon les historiens.

Puis il y a ces temps d’un sinistre et sombre règne du PLQ sous Jean Charest depuis 2003.

Avec aussi peu de substance et de profondeur dans ces idées politiques, François Legault nous conduira-t-il vers des années les plus ténébreuses de toute l’histoire politique et sociale du Québec?

En tous les cas, la question mérite d’être posée.

La tournée du Québec de François Legault ayant précédée la fondation de son nouveau parti politique, fut la description lente et progressive des quelques éléments de gouvernance qui s’apparente beaucoup plus à du travail de plombier (sans offense à l’égard des gens de métiers manuels) que d’une véritable vision d’avenir fondée sur un projet de société solide. Au fait, ce que propose François Legault est typique du néolibéralisme où les acteurs n’ont une vision que de courte vue : on fait du patchage de problèmes, sans se poser de question sur les causes profondes des problématiques évoquées, et la vision à moyen et long terme du Québec est totalement absente des idées de Legault.

Lorsque les journalistes lui posent des questions demandant des précisions sur ces idées, on se fait répondre « on verra ». Vraiment inspirant pour l’avenir…

Puis lorsque François Legault lançait officiellement la
CAQ devenue CAQADQ, il était bien content de voir son train prendre les rails.

Mais avec autant d’incertitudes et une absence totale de projet de société pour le Québec, avec un chef de parti qui ne veut se définir ni à gauche, ni à droite, ni fédéraliste, ni indépendantiste, on peut aisément imaginer que ce train va conduire le Québec tout entier dans un néant épouvantable et un vide absolu.



C’est ça l’avenir que vous voulez pour vos enfants au Québec?

En tout cas, moi pas et surtout pas avec les opportunistes de la
CAQADQ!


De Soulanges,

Normand Perry.

mardi 6 décembre 2011

Kepler 22b: nous entrons dans l'ère Star Trek!

Représentation artistique de Kepler 22b © NASA
Exoplanète située à 600 années-lumières de la Terre
(1 année-lumière = 9460 milliards de km)


"L'espace, l'ultime frontière. Voici les voyages du vaisseau spatial Enterprise. Sa mission: explorer de nouveaux mondes étranges, de rechercher de nouvelles formes de vie, de nouvelles civilisations, pour aller où nul autre n'est allé auparavant" -Générique d'ouverture des épisodes des séries Star Trek, créateur: Gene Roddenberry.

Avec cette découverte attendue et espérée de Kepler 22b, le fantasme et le rêve d'exploration de l'impensable devient aujourd'hui une mission. De tous les temps, l'être humain a en lui cette soif de l'inconnu, de fascination à l'égard de ce qu'il ne connaît pas, et surtout un besoin inexplicable d'aller et de surpasser les frontières. Jusqu'à la découverte des Amériques ces frontières étaient terrestres. Mais depuis le lancement des premières fusées, ces frontières sont devenues spatio-temporelles.

Alors que l'humanité cherche encore un moyen de se rendre sur Mars avec un équipage, la destination Kepler 22b s'inscrit désormais aux carnets de nos voyages intersidéraux. Mars devient dans cette perspective une banalité! Kepler 22b devient LA destination ultime et impérative.

Si cette planète est habitable sans receler aucune forme de vie intelligente, alors Kepler 22b sera un monde à coloniser dans une perspective de sauvetage d’une humanité en péril sur Terre. Si Kepler 22b était par contre une planète peuplé de gens comme nous, nous aurons alors le bonheur de savoir qu'il existe ailleurs des formes de vie intelligentes, avec qui il faudra développer un voisinage respectueux.

En ce sens, le monde imaginaire de Star Trek créé par Gene Roddenberry, devient alors une source d'inspiration et d'apprentissage. Klingons, Vulcains, Terriens, Andoriens, Romuliens, tous ont appris à vivre dans le respect des différences au sein d'une "Fédération des Planètes Unies" dont le logo rappelle étrangement celui de l'ONU.

Aux personnes pouvant se scandaliser d'investissement de sommes astronomiques dans l'exploration spatiale: dites-vous bien que sans ce besoin d'exploration de l'inconnu par la nature humaine, il vous serait impossible d'avoir à portée de mains toutes ces technologies vous permettant d'exprimer vos critiques en toute liberté!

De Soulanges,

Normand Perry.

dimanche 27 novembre 2011

What is your problem Mr. Macpherson?

Comment réagiraient les londoniens si plus de 50% des commerçants leur adressaient la parole en français et que la langue française deviendrait peu à peu la langue d'usage des immigrants en Angleterre? Ils n'accepteraient jamais une telle situation et ils auraient raison de se battre pour défendre la langue anglaise dans leur pays. Comment réagiraient les anglais si on nommait un nouveau ministre des finances qui soit unilingue francophone? Ils se révolteraient pour dénoncer une telle chose. Et tous les autres gouvernements des pays amis de l'Angleterre diraient que les anglais ont raison.

Quelqu'un pourrait-il m'expliquer pourquoi la même logique serait inacceptable au Québec? Quelqu'un pourrait-il me dire pourquoi cette même logique est traitée sous l'angle de l'extrémisme par certains journalistes anglophones de Montréal, comme Don Macpherson passe son temps à le faire sur Twitter par exemple?

Comment pourrait-on désigner ce genre de sophisme : malicieux à peine subtil?

Je lui ai déjà demandé à ce journaliste comment il se fait qu’un descendant d’anglais comme moi comprenne que l’on doit se conformer à la langue de la majorité au sein d’une nation quelconque? En Allemagne on parle en allemand avec les allemands. En Russie on parle le russe avec les russes. En Italie on parle italien avec les italiens. Comment il se fait que Don Macpherson soit incapable de comprendre une chose aussi élémentaire que celle-là? Comment il se fait que les gens qui vivent au Québec sont incapable de comprendre que le fait français est le fait de la majorité au sein de cette nation francophone?

En d’autres termes : c’est quoi votre problème M. Macpherson?!!!

***

How would Londoners react if more than 50% of the city's merchants spoke to them in French and if the French language was becoming, little by little, the everyday language of immigrants? Englishmen would never accept such a situation, and they would be quite right to defend English, the language of their country. How would the English react if a new, unilingual, French-speaking Finance Minister was appointed? They would revolt and denounce such a thing. And the governments of other countries friendly to England would say that the English were right in doing so.

Would someone therefore please explain to me why some of Montreal's English-speaking newspapermen treat this same logic as extremism, for example Don Macpherson who spends his time doing just that on Twitter?

How should this kind of sophism be called? Malicious and at that not very subtle.

I have already asked Don Macpherson how it is that a descendent of English ancestors, like me, can understand that people should conform to the majority language of any nation? In Germany, people speak German with Germans. In Russia, people speak Russian to Russians. In Italy, people speak Italian to Italians. How is it that Don Macpherson cannot understand such an elementary thing? How is it that people who live in Quebec cannot understand that the French is the majority language of this French-speaking nation?

In other words, what is your problem, Mr. Macpherson?!!!

(publié dans le journal The Gazette, le 29 novembre 2011 sous le titre: "When in Quebec, it's right to speak French", et la réaction des lecteurs sous le titre "Nation vs. Province".)


De Soulanges,

Normand Perry.

vendredi 25 novembre 2011

Au cimetière des partis politiques québécois.

Madame Marois,

Un autre sondage (Crop - La Presse) indique en ce 25 novembre une tendance très lourde au Québec: non seulement vous ne deviendrez jamais la première femme à occuper le poste de première ministre du Québec, mais au contraire, tout semble indiquer que vous serez le dernier chef du PQ en le conduisant directement au cimetière des partis politiques québécois.

Par surcroît, ce même sondage indique aussi pour une "inième" fois consécutive que Gilles Duceppe ferait non seulement mieux que vous comme chef du PQ, mais les québécois en ferait leur premier ministre, faisant passer le PQ de son corbillard actuel vers le pouvoir.

Il est temps que vous mettiez un orgueil mal placé de côté madame Marois et que vous remettiez votre démission sur-le-champs. Votre position est devenue intenable et un prolongement de votre situation d'entêtement actuel vous fera porter sur les épaules un poids terrible devant l'Histoire.

Est-ce vraiment ce que vous voulez? Si vous êtes toujours chef du PQ au début de la semaine prochaine, il nous faudra en conclure que oui.

(Publié dans le quotidien montréalais Le Devoir, lundi le 28 novembre 2011, sous le titre "Le temps de céder sa place").

De Soulanges,

Normand Perry
Ex président du PQ de Soulanges.

mercredi 16 novembre 2011

Des intérêts qui engendrent des intérêts...

Dans une excellente réflexion qu'il présente sur son blogue, le correspondant parlementaire de la SRC à Québec, Pierre Duchesne, fait une analyse des plus intéressantes du parcours du cofondateur de la CAQ, François Legault.

Comme la plupart des affairistes venant dans le monde de la politique, François Legault démontre par son comportement que les convictions et les idéaux sont aussi éphémères qu'une lueur de luciole virevoltant dans une forêt un soir de clair de lune, surtout lorsque l'opinion publique laisse présager une prise du pouvoir fort probable. Alors là au diable les convictions pour ne faire place qu'à l'aspect nouveauté dont le peuple semble si assoiffé. Vieille recette de marketing qui fait vendre: NOUVEAUTÉ.

Les philosophes de la Grèce antique l'ont bien écrit: la gouverne de la Cité ne doit échoir qu'entre les mains de sages; ils savaient bien que les gens d'affaires en politique n'ont guère de convictions à défendre, autres que celles de leurs intérêts et des intérêts de leurs semblables.

Comment ne peut-on pas constater que c'est de cette même mouture que le pouvoir actuel est essentiellement constitué au Québec, et que cette mouture a plongé le Québec dans une noirceur de collusions et de corruptions depuis 2003? Comment peut-on si facilement berner le peuple avec la saveur du jour, sous le couvercle de la NOUVEAUTÉ, alors qu'en réalité le peuple risque de se retrouver dans une situation encore pire que nous le sommes actuellement, avec l'avènement d'une coalition qui n'est mue par rien d'autre qu'une convergence d'intérêts?


De Soulanges,

Normand Perry.

vendredi 11 novembre 2011

N’oublions jamais…

Ils ont sacrifiés leur santé physique ou leur santé psychologique, parfois leur santé entière, et pour plusieurs d’entre tous ce fut le sacrifice d’une vie, parfois trop jeune.

Ce jour du 11 novembre leur est consacré pour ce sacrifice fait parce qu’ils croyaient en une cause, que cette cause fut juste ou futile.

Il ne faudrait jamais oublier ces combattants qui ont tant sacrifié, volontairement ou à l’encontre de leur conscience par la force d’une loi de conscription.

De tous ces combattants et des guerres qu’ils ont du faire, dans notre camp ou dans le camp ennemi, nous avons le devoir de mémoire en ce jour pour toutes ces personnes humaines.

Où qu’ils furent dans leur camp respectif, nous sommes tous lié d’un lien fraternel par notre appartenance singulière à l’espèce humaine. Une appartenance singulière rendant absurde toute guerre, de quelque forme qu’elle puisse être.

Nous avons aussi un devoir de mémoire en ce jour à l’égard des victimes de ces guerres absurdes, des familles des combattants, particulièrement les conjoints et les descendants.

En ce Jour du Souvenir, n’oublions jamais ce que la guerre vient arracher ce qu’il y a de plus précieux à chaque personne humaine touchée par la guerre (combattants, ennemis, victimes, proches) : sa dignité humaine.


Normand Perry.

11 novembre 2011











vendredi 28 octobre 2011

1789 et 2011: le renvoi de Jacques.

Le quotidien La Presse, le journal Le Devoir tout comme Radio-Canada nous apprennent ce midi le congédiement de Jacques Duchesneau.

Le 11 juillet 1789 le Roi de France Louis XVI commettait un geste qui alla bouleverser l'histoire de la France lors du renvoi de son ministre Jacques Necker. Étant très populaire chez les parisiens et les français à cause de certaines prises de positions publiques, ce renvoi de Necker provoqua le soulèvement populaire du 14 juillet 1789, la prise de la Bastille et le début de la Révolution française.

Jacques Duchesneau s'est gagné un très grand estime dans la population du Québec par le dépôt de son rapport, les prises de positions courageuses qu'il a osé prendre publiquement, sa clairvoyance et son franc parlé.

Son renvoi ne peut laisser une population qui l'apprécie autant dans l'indifférence, et il ne faudrait pas s'étonner que ce renvoi puisse avoir des échos populaires au Québec en 2011 que le renvoi de Necker en a eu en France en 1789.

Je pense qu’on a grandement sous-estimé en haut-lieu la portée d’un tel geste …

De Soulanges,

Normand Perry.

lundi 24 octobre 2011

Robin des bois, où es-tu?

Sur les ondes de RDI Économie et ensuite au TéléJournal de 22h00 le 21 octobre dernier, le ministre fédéral conservateur des finances Jim Flaherty, y allait d'une déclaration à l’emporte-pièce, pour réagir à une tendance prenant forme dans plusieurs des pays du G-20 (qui est celle d'une volonté des États de hausser les impôts des gens les plus fortunés). Taxer les riches pour Jim Flaherty «ça n'a aucun sens!». Non seulement le ministre des finances canadien voulait donner la réplique aux indignés de Wall Street, comme à tous les mouvements d’indignés de la planète, où qu’ils puissent assiéger une grande ville, mais il voulait par la même occasion faire une grande leçon d’économie et de saine gestion des finances aux Nicolas Sarkozy, Angel Merkel et Barak Obama de ce monde. Rien de trop beau pour la classe ouvrière monsieur!


A bien y penser, comme déclaration de guerre à l'endroit de la classe moyenne, on peut difficilement trouver plus catégorique que cette affirmation de Jim Flaherty. Au fait, ça ne manque d'aucune subtilité! L'oligarchie dominante au Canada tout comme au Québec refuse de perdre ses acquis et on agit comme si "tout nous est dû".

Le mouvement des indignés a toutes les raisons au monde de poursuivre et d'amplifier son action présente d'occupation. Car il ne faut se faire aucune illusion : l'oligarchie va se démener comme un diable dans l'eau bénite pour éviter de laisser échapper un seul sous noir de son portefeuille, pour faire preuve d’un peu plus d’équité à l'égard de l'ensemble la société. Qui a cru que Séraphin Poudrier n'était qu'un personnage fictif appartenant à la mémoire légendaire de la télévision et des romans feuilletons de la radio?

La lutte des classes que l'on croyait chose du passé (n'est-ce pas ce que l'on prétendait avec l'avènement du Nouvel Ordre Mondial suite à l'effondrement du Mur de Berlin et de la dislocation de l’ex l'URSS?), refait soudainement surface à la stupéfaction générale. Mais pour les observateurs attentionnés, dont votre humble serviteur, la résurgence de cette lutte des classes était prévisible depuis un quart de siècle. Mais elle est surtout devenue inévitable : d’abord avec la crise financière et économique de 2008; une économie mondiale endémique depuis; et la probable dépression qui nous pend au bout du nez avec la crise de la dette grecque qui ne semble trouver aucune issue en Europe.

Cette lutte des classes sera d'une très grande férocité. Il faut bien avoir une chose à l'esprit: c’est l’avenir même du genre humain qui va se jouer dans cette lutte. Un Robin des bois nous serait, dans les circonstances, d’un très grand secours.

De Soulanges,

Normand Perry.

vendredi 21 octobre 2011

Un individualisme déshumanisé.

Ce que met en relief l'indifférence des chinois par rapport à la petite fille (écrasée par deux véhicules et laissé sans secours) est le néant d'un individualisme dépourvu de tout sens commun. Et lorsque les chiens reçoivent meilleures considérations que nos propres enfants, force est de constater qu'il ne reste plus rien qui distingue l'animal de l'humain. C'est ce qu'on appelait autrefois une conscience. Jamais de toute mon existence je ne m'aurais cru capable de me ranger du côté de Camus et de Sartre pour exprimer toute mon aversion à l'égard d'une telle humanité devenue rebelle, même à ces propres rejetons.

J'en ai la nausée!

Normand Perry.

vendredi 7 octobre 2011

Sondage

Les famines dans le monde semblent s’accroître et s'aggraver. Plusieurs spécialistes pointent du doigt les comportements irrationnels de spéculateurs boursiers comme étant à la sources des déséquilibres alimentaires dans le monde.

Vu cet état de fait, croyez-vous que l'ONU devrait déclarer la spéculation sur les denrées alimentaires comme étant un crime contre l'humanité?

Cocher d'accord pour oui.
Cocher en désaccord pour non.

Si vous le souhaitez, vous pouvez commenter votre réponse, il sera publié à condition qu'il soit identifié de son auteur.

Merci

Normand Perry.

jeudi 6 octobre 2011

Communiqué

Il me fait grandement plaisir d’annoncer une collaboration sporadique avec la Section Régionale Gaspésie des Hebdos Quebecor, à partir du 12 octobre prochain. C’est à titre d’exilé de la diaspora gaspésienne que je vais y apporter mon opinion sur divers sujets d’actualité régionale et québécoise, dans les journaux Le Pharillon (Gaspé), l’Écho de la Baie (Gaspé), Le Havre (Gaspé) et Le Riverain (Matane). Voilà une belle façon de renouer le contact avec la population de ma terre ancestrale.



-30-




Normand Perry

mardi 20 septembre 2011

Un paternalisme inexcusable et inacceptable.

Dans mon dernier billet publié en ce blogue le 3 septembre dernier, j’ai voulu alerter les familles de classe moyenne du Québec d’un grave danger pointant à l’horizon, si le projet de loi #24, déposé par le Ministre de la Justice du Québec, Jean-Marc Fournier le 8 juin dernier à l’Assemblée nationale du Québec, devait être adopté sans amendement, en ce qui concerne la volonté du Gouvernement du Québec d’imposer aux institutions financières de faire passer le taux minimum de paiement mensuel sur les cartes de crédit bancaires, entre autres choses. En passant comme ça, j’ai eu beau multiplier les demandes de rencontre avec monsieur le Ministre, mais il semble malgré ces insistances, qu’on fait la sourde oreille dans son entourage. À moins que le principal concerné ne veuille rien entendre du tout.

Mais imaginez-vous donc que le Ministre de la Justice n’est pas le seul à pratiquer cette forme de sourde oreille. Non. Les groupes de défense de consommateur, qui sur le site web se targuent gros comme le bras d’une grande victoire dans le dépôt de ce projet de loi, font également la sourde oreille à mes représentations à leur endroit. Que ce soit chez Option Consommateur, l’Union des Consommateurs et encore la Coalition des associations de consommateurs du Québec (la CACQ), tous refusent de donner un suivi à mes demandes d’assouplissement. Comme il le fut mentionné lors de mon dernier billet, je propose au Ministre de la Justice du Québec, qu’au lieu de faire porter le paiement minimum mensuel sur les cartes de crédit de 2% à 5% de l’ordre de 1% par année, que cette majoration se fasse de manière beaucoup plus modéré, de l’ordre de 0.5% par année au lieu de 1%, ce qui va laisser aux familles de la classe moyenne le temps de s’adapter plus aisément sans être poussé in extremis à la faillite de manière prématurée. Aucun de ces trois groupes, en plus du Ministre de la Justice ne donnent suite à ma demande d’amendement du projet de loi #24.

Comme j’ai appris dans la vie à prendre le taureau par les cornes lorsqu’il refuse d’être confronté, c’est exactement ce que je vais faire.

J’ai deux questions à adresser à ces groupes de défense des consommateurs. Je vais ici employer le « je » au nom des sans voix de la classe moyenne du Québec.

1) J'aimerai savoir quand est-ce que je vous ai autorisé de manière implicite ou explicite, à prendre l'initiative ou à appuyer un tel projet de loi en mon nom de consommateur, dans sa forme présente (dépôt du 8 juin à l’Assemblée nationale du Québec), risquant de me pousser à la faillite à très court terme? En vérité, je me sens tellement lésé par ce fait troublant que je me pose des questions à l'égard de l'ensemble des consommateurs du Québec à l’endroit de qui on n’a demandé ni avis ni permission d'agir de la sorte à notre endroit et en notre nom. De qui tenez-vous cette permission et quand cela fut-il accordé? Je vous pose la question publiquement puisque dans la correspondance privée aucune de vos organisations ne semble vouloir répondre.

2) Allez-vous (chez Option Consommateur, à l’Union des Consommateurs et à la CACQ) prendre fait et acte de ma suggestion au Ministre de la Justice du Québec de modifier son projet de loi #24, en lui demandant de faire passer cette obligation de paiement minimum mensuel sur les cartes de crédit de 2% à 5% de l'ordre de 0.5% par année au lieu de 1%, oui ou non?

Comme je l’ai mentionné lors de mon dernier billet, 99% du projet de loi #24 est fort louable et va véritablement protéger les consommateurs de toutes sortes de formes d’abus de la part des émetteurs de cartes de crédit. Cependant cette partie qui prévoit l’augmentation du minimum mensuel de paiement, dans sa forme actuel représente un danger réel et très grave à l’endroit d’une classe moyenne, qui au Québec, est déjà lourdement, très lourdement dégrevé de sa marge de manœuvre budgétaire au net du revenu lorsque impôts, taxes, hypothèques et obligations de services (électricité, transports etc…) sont payés. Dans l’attitude présente des organismes de défense du consommateur tout comme le Ministre de la Justice, il ne semble y avoir aucune forme de compréhension de cette réalité très concrète, cette réalité se nomme la survie économique dans un contexte de crise mondiale!!!

Mais à vrai dire, et là on va se dire les vrais choses, quel est cette forme de paternalisme qu’on exerce à l’endroit de l’ensemble des citoyens au Québec? Cette quoi cette intrusion dans la gestion de nos finances personnelles? Que signifie ces accros à la liberté des individus au sein d’une société qui se prétend libre?

Une dernière question : va-t-il falloir que l’ensemble des consommateurs du Québec, n’ayant jamais demandé ni autorisé les groupes de défense du consommateur à agir, initier et ou soutenir le Gouvernement du Québec dans le dépôt du projet de loi #24, qu’on se mobilisent pour étudier les recours possibles à l’endroit de ces groupes qui font de l’ingérence à l’égard de notre vie privée en risquant un grave préjudice de nos finances personnelles?

De Soulanges,

Normand Perry.

samedi 3 septembre 2011

Familles endettés: grave danger à l'horizon.

Le 8 juin 2011 le ministre de la Justice du Québec, Jean-Marc Fournier, déposait à l'Assemblée nationale du Québec le projet de loi #24, une "loi visant principalement à lutter contre le surendettement des consommateurs et à moderniser les règles relatives au crédit à la consommation".

Sous la pression de plus en plus grande des groupes de lobbys (ces grands bonzes de nos finances personnelles), représentant apparemment les consommateurs, c'est-à-dire vous et moi, le Gouvernement du Québec a décidé de prendre le leadership en cette matière pour tenter de stopper le gonflement de l'endettement lié à la consommation. Tous ces gens là bien intentionnés à l'égard des familles du Québec, veulent votre bien, et ils l'auront au complet.

En toute honnêteté, 99% des éléments contenus dans ce projet de loi doivent être salués, ils ont du mérite, car ils visent véritablement la protection du consommateur. D'ailleurs je vous recommande de télécharger le document mis à la disposition des citoyens sur le site de l'Assemblée nationale du Québec afin que vous puissiez l'analyser en détail ici -> http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-24-39-2.html

Mais une mesure contenue dans ce projet de loi est de nature à mettre en grave péril les ménages du Québec qui vivent un problème d'endettement lié à la consommation, donc aux cartes de crédit émises par les grandes banques. Voici ce que mentionne le projet de loi à propos de ce danger: "Dans le cas d’un contrat pour l’utilisation d’une carte de crédit, il prévoit que le montant demandé à titre de paiement minimum par période ne pourra être inférieur au pourcentage du solde du compte que le projet de loi détermine, lequel pourcentage atteindra progressivement 5 %." Ce passage est situé au troisième paragraphe de la page 3 du document.

Pourquoi y a-t-il danger pour les familles endettées? Prenons l'exemple suivant: vous avez en votre possession 5 cartes de crédit émises par les grandes banques, où le paiement minimum mensuel est fixé dans la plupart des cas autour de 2% actuellement. Le solde de ces cartes crédit totalise ensemble 45 000$. Cela veut dire que présentement votre mensualité est à 900$. Graduellement au cours des trois prochaines années, ce minimum va passer à 3, 4 à 5%. Ce qui veut dire que vos mensualités vont passer de 900$ qu'elles sont présentement à 1350$ par mois la première année, à 1800$ la deuxième année, 2250$ la troisième année, par mois je le répète. Et cela ne représente que ce que vous allez devoir payer qu'en paiement minimum sur le porte feuille de vos cartes de crédit. L'hypothèque, les services (téléphone, électricité, chauffage, câble/satellite, coûts de transport etc) ne sont pas encore calculé: que restera-t-il pour payer l'épicerie? En réalité, la question n'est pas de savoir combien il en restera pour l'épicerie, mais combien d'heures de travail par semaine serez-vous dans l'obligation de faire pour être capable de tout payer cela? 60, 80, 120 heures?

Le scénario qui pointe à l'horizon, et dans un horizon très court : des faillites personnelles en cascades vont déferler sur le Québec. Car il est impensable qu'une famille aux revenus moyens puisse être en mesure de rencontrer de nouvelles obligations initiés par le Gouvernement du Québec avec l'appui de tous ces bonzes de nos finances personnelles, dont entre autres des groupes de protection du consommateur, tel que l'Union des Consommateurs, Option consommateur ou la CACQ, et encore d'autres gens bien intentionnés à l'égard de notre porte feuille. J'ai juste une petite question à leur poser: quand est-ce que je vous ai donné la permission de faire pression sur le Gouvernement du Québec pour l'autoriser à mettre ma famille en danger en me poussant vers la faillite?

Cette mesure du projet de loi #24 du Gouvernement du Québec sera vraisemblablement adoptée par l'Assemblée nationale du Québec au cours de cet automne 2011.

Alors si vous vous croyez en danger, il est temps de sortir votre plume, de décrocher le téléphone et de vous rendre au bureau du ministre de la Justice pour que cette mesure soit biffée du projet de loi ou encore modifié.

Ce que je propose comme modification: que l'augmentation du taux minimal de paiement mensuel sur les cartes de crédit émises par les institutions bancaires passent graduellement de 2% à 5% de manière progressive oui, mais sur une période beaucoup plus raisonnable. Au lieu de 1% par année, pourquoi ne pas y aller de 1/2% par année? Autrement dit le 5% serait en vigueur qu'à partir 2017 au lieu de 2015. Ce laps de temps plus raisonnable va donner une chance réelle aux citoyens de s'adapter tout en payant plus rapidement leurs dettes au lieu de se tourner vers la faillite. Ainsi tous y gagneront au change à la fin: institutions bancaires tout comme les consommateurs.

Dans le projet de loi présent, seules les institutions bancaires gagneront en foutant la grande majorité des familles du Québec à la rue!

Voici les coordonnées du ministre de la Justice du Québec:

Circonscription

750, boulevard Marcel-Laurin
Bureau 128
Saint-Laurent (Québec) H4M 2M4
Téléphone : 514 747-4050
Télécopieur : 514 747-5605

Ministère

Ministère de la Justice
Édifice Louis-Philippe-Pigeon
1200, route de l'Église
9e étage
Québec (Québec) G1V 4M1
Téléphone : 418 643-4210
Télécopieur : 418 646-0027


Agissez alors qu'il est encore le temps de le faire, avant que vous ne perdiez tous vos biens! Écrivez au ministre et aux associations de consommateurs dont les liens de site web sont au sixième paragraphe de ce billet.

De Soulanges,

Normand Perry.

vendredi 26 août 2011

Enterrer la hache

Le rapport présenté par Bernard Drainville ce jeudi 25 août, « Redonner le pouvoir aux citoyens » contient à mon sens les atouts majeurs d’une relance de la ferveur indépendantiste dans la population québécoise, tout autant qu’une force d’attraction assez grande visant à réunifier toutes les tendances du mouvement sous un même chapeau d’action politique. Et avez-vous remarqué une chose dans ce rapport et les dix recommandations qu’il comporte ? Les voici :

1. Élection du premier ministre au suffrage universel.

2. Élections à date fixe.

3. Instauration d’un processus de référendums d’initiative populaire.

4. Organisation d’un référendum sur le mode de scrutin.

5. Instauration d’un jury citoyen chargé d’évaluer le travail des parlementaires, allant jusqu’à la possibilité de révoquer le mandat d’un parlementaire.

6. Assouplissement considérable de la ligne de parti.

7. Instauration d’une assemblée publique obligatoire dans chacune des circonscriptions du Québec au terme de chacune des sessions parlementaires.

8. Création d’un poste de vérificateur général national (VGN).

9. Obligation de fournir un portrait clair des finances publiques six mois avant les élections (à date fixe).

10. Plafonnement des dons aux partis politiques à 100 $ par personne.

En nulle part dans ces recommandations la question nationale n’est aucunement et explicitement soulevée. Pourtant…pourtant, on sent bien qu’une révolution démocratique s’inspirant de ces 10 points pourrait devenir le terreau fertile de la réalisation du pays à faire émerger. Le fait de donner au citoyen l’espace nécessaire pour qu’il se sente un acteur important au sein de l’appareil démocratique, tout en corrigeant le déficit démocratique dont souffre la classe politique présente, va redonner au citoyen confiance en lui-même, confiance en ces institutions et confiance en nos leaders politiques.

Que l’on me comprenne bien ici : depuis 2005 je m’attaque sur une base constante au Parti québécois parce que je l’ai vu se diriger vers un éloignement progressif et toujours plus grand des préoccupations fondamentales de la population en ce qui regarde le fonctionnement démocratique au Québec. Ce constat vaut également en ce qui regarde la question nationale. Qu’on me relise depuis 2005, et on fera le constat que le temps m’a presque toujours donné raison sur le fond des choses. Le rapport Drainville en fait tout autant.

Alors je le déclare de manière très formelle : si les dix propositions du rapport Drainville deviennent le cœur d’une révolution à l’intérieur du Parti québécois et de nos institutions démocratiques suite à une élection du PQ, alors je prends l’engagement d’enterrer la hache de guerre à l’égard du Parti québécois.

Et de plus, si un changement important devait survenir à la direction même du PQ, par l’avènement d'un nouveau chef ayant la capacité de galvaniser le vote d’une soif de nouveauté au Québec, (il semble que ce soit le cas avec la lecture que nous devons faire des événements du 2 mai dernier sur la scène fédérale et des sondages favorisant l’élection d’un parti qui n’existe même pas encore au Québec), alors cet avènement d’une nouvelle direction politique au PQ pourrait me réconcilier avec PQ.

Je crois important de préciser ici, puisque je suis signataire du manifeste du NMQ, que ce que je viens d’exprimer comme opinion n’engage que moi-même, uniquement, strictement et seulement.

De Soulanges,

Normand Perry.


lundi 22 août 2011

Un espoir aussi légendaire que le sourire...

J'ai beau ne pas avoir partagé la vision fédéraliste qu'il pouvait avoir pour le Québec, il n'en demeure pas moins que Jack Layton a su démontrer, dans la vie publique comme dans le privé (et les témoignages abondent en ce sens aujourd'hui) qu'il était profondément humain, un être humain animé d'un espoir indéfectible, et un espoir en une vie meilleure pour ses semblables. Bref un espoir déjà qui lui survit. Il anime désormais un autre monde de son légendaire sourire, alors que l'homme est entré dans la légende.

Jusqu'à la fin, comme tous les grands de ce monde ayant su marquer leur époque, il fut cohérent avec lui-même, affirmant ses convictions les plus profondes, en guise de testament que certains diront de politique, mais que j'ai tendance à croire d'ordre philosophique et spirituel, dans une lettre qu'il signait du 20 août 2011, deux jours avant de rendre l'âme.

Aux proches et aux collègues de Jack, mes sympathies les plus vives.


Salut Jack!
1950-211

Photo: Garnotte/Journal Le Devoir, édition 26 avril 2011

samedi 20 août 2011

Pourquoi l’élite politique manque-t-elle de leadership?

Au cours de la semaine qui s’achève, le PDG de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, Michael Sabia, alors qu’il présentait les résultats de performances de la Caisse pour la période de janvier à juin 2011 inclusivement, a profité de l’occasion pour livrer le fond de sa pensée à propos de nos leaders politiques actuels « les politiciens actuels manquent de leadership » disait-il, parce les marchés ne sont pas convaincu qu’ils sont (les politiciens) en capacité de prendre les décisions appropriés dans les circonstances économiques actuelles, pense-t-il.

Là où monsieur Sabia a raison, c’est dans son constat. Là où il fait erreur c’est dans la ou les causes d’un tel manque de leadership, et à qui ou à quoi les politiciens devraient mettre de l’ardeur pour convaincre des gens de leur idées et plans d’action. Et je m’explique.

Le leadership et le rôle de gardien du bien commun de la part du gouvernement est tout simplement paralysé par l'omnipotence et la main mise du secteur privé sur le système démocratique. Le capitalisme néolibéral a apporté avec son enflement ce désordre dans la démocratie. Hervé Kempf, journaliste et auteur français, en fait une éloquente démonstration dans « L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie », éditions du Seuil, janvier 2011.

La crise boursière présente et une seconde récession appréhendée en une courte période de temps (2008 et 2011), offrent une occasion exceptionnelle (c'est le sens même du concept de "crise") d'instaurer un nouveau paradigme économico-social où la personne humaine et le bien commun soient au cœur même du nouveau système à naître.

Il est clair, très clair, que le capitalisme néolibéral "pète" actuellement ces dernières bulles, et il n'y a que les aveugles de cette doctrine qui ne voudront jamais l'admettre.

Partout dans le monde les foules se lèvent en masse pour réclamer l’instauration d’une démocratie authentique, et ce soulèvement, débuté dans les pays arabes au début 2011, tend à s’étendre maintenant aux pays européens, en Israël, et ce n’est qu’une question de temps avant que les peuples d’Amérique emboitent le pas. Des rumeurs courent à l’effet que certains dirigeants des pays occidentaux songent à des dispositions visant à contrôler l’information circulant sur les réseaux sociaux. Si une telle rumeur était fondée, cela serait un indice assez fort d’une certaine panique qui s’installe au sommet de la plouto-oligarchie ayant vicié nos systèmes démocratiques actuels, dans le but d’asseoir confortablement le Nouvel ordre mondial posthume à l’effondrement du Mur de Berlin et du régime de l’URSS au début des années 1990.

Le règne sauvage du capitalisme néolibéral s’est installé depuis, en croyant que la surconsommation et le surendettement inhérent finirait par noyer la nature humaine éprise de liberté et du sens de la justice distributive. Mais il semble bien que ce gros Titanic vient de frapper son iceberg, qu’il va couler tout droit au fond des abimes de l’océan de l’Histoire!

De Soulanges au Québec,

Normand Perry.

mercredi 17 août 2011

Une méthode qui ne fonctionne pas

Madame Marois,

En tant que signataire du manifeste "Brisons l'impasse" je me permets de réagir à vos arguments présentés hier devant les journalistes, suite à la publication du manifeste sur www.unnouveaumouvement.org

L'un de vos arguments tient au fait qu'après deux tentatives (1980-1995) ayant toutes deux échouées, pour des raisons différentes, vous demandiez que l'on accepte une méthode (gouvernance souverainiste), qui a toutes les apparences du "bon gouvernement" de 1976 et qui n'a aucunement donné les résultats anticipés.

A contrario, je me permets de vous faire remarquer, madame, que la méthode directe et sans détour, d'une élection décisive, elle n'a jamais été essayée de quelque manière que ce soit. Les péquistes n'ont jamais voulu tenter l'aventure ayant trop peur de froisser des fédéralistes, mous ou durs, en proposant des méthodes pour les amadouer. Or, il s'avère qu'après deux échecs référendaires cette méthode a faite la preuve que ce chemin n'est pas celui que nous devons emprunter. Un vieux principe philosophique tout autant que mathématique affirme depuis des millénaires que le chemin plus court entre deux point est, était et sera toujours la rectiligne.

Je me refuse donc de me rendre à votre argumentaire. Je ne crois pas non plus que les indépendantistes proposant une méthode d'accès à l'indépendance du Québec qui soit franche, claire, directe et sans "fla fla" sont des gens qui cherchent la division au sein du mouvement. Ce que nous cherchons c'est un pays, et un pays qui émergera d'une méthode d'accès n'ayant jamais été mise à l’essaie.

Vous nous demandez de revenir au PQ pour discuter? Au temps où j'y étais, plus souvent qu'autrement on me demandait de manière subtile de me taire pour respecter une ligne de parti. En tant que penseur, personne et encore moins un parti politique ne m'obligera à me taire. En démocratie la liberté de pensée et d'expression est sacrée et au PQ on semble avoir oublié ce principe fondamental.

Pour me faire revenir au PQ il y a beaucoup de montagnes à abattre et de vallées à combler. Et la première montagne qui fait obstacle à un retour, est une direction inspirante pour la majorité des québécois. Le mouvement à besoin d'un leader inspirant, et la tendance dans les sondages indiquent depuis plusieurs mois que ce leadership n'inspirent à peine plus que le taux de popularité du premier ministre actuel. C'est un obstacle majeur à l'espérance dont les indépendantistes ont besoin pour être unis derrière un seul et même véhicule.

De Soulanges,

Normand Perry

vendredi 1 juillet 2011

Ça sent les élections…

Alors qu’il termine un voyage d’affaires en Europe, le premier ministre prépare sa rentrée québécoise en dévoilant son cheval de bataille électoral, cheval qu’il a exhibé aux Européens en espérant susciter l’intérêt d’investisseurs potentiel dans le Plan Nord.

Selon lui (le premier ministre du Québec), le Plan Nord est un projet mobilisateur, ayant la capacité d’unir les Québécois autour de cette idée de lancer le Québec pour vingt-cinq ans dans ce projet de développement territorial, économique et social sans précédent dans l’histoire du Québec. Ce premier ministre pense même que ce « grand » projet est un projet de société que les Québécois aiment chérir. « Les Québécois aiment bien avoir un projet devant eux », rapporte Cyberpresse alors que le premier ministre du Québec déjeunait en compagnie du plus haut responsable politique de Bavière. La table est donc mise pour présenter au peuple du Québec un très très « grand » projet qu’ils veulent avoir devant eux. Le prétexte d’une élection automnale est parfaitement ciré et lustré pour la justifier.

Cela c’est le beau côté de la médaille.


Si l’on comprend donc assez bien les intentions du premier ministre du Québec, le principal enjeu de la prochaine élection sera le Plan Nord, un très très « grand » projet désiré par les Québécois. Il faudra donc que les autres formations politiques (nombreuses au Québec, dont quatre officiellement dénombrées à l’Assemblée nationale du Québec) présentent à leur tour un grand projet mobilisateur au Québécois afin d’offrir une alternative équivalente.

En nous basant sur ce qui est proposé sur son site web, Québec Solidaire offre un projet articulé en 8 points que nous résumons très brièvement : 1) développer une économie écologiste et solidaire; 2) maîtriser nos conditions de vie et de travail; 3) renforcer nos services publics; 4) combattre toute forme d’exclusion et de discrimination; 5) appuyer les familles et reconnaître leur contribution citoyenne; 6) valoriser la langue française et la culture québécoise; 7) faire du Québec un pays par la souveraineté populaire; 8) favoriser la solidarité entre les peuples dans le monde. Pour des gens convaincus par les idées sociale-démocrates, c’est mon cas, ces propositions sont inspirantes et mobilisatrices. Pour des gens restant à convaincre par les idéaux de gauche, ce programme (présenté ainsi) représente un problème de communication et n’est guère accrocheur. Québec Solidaire va devoir trouver une façon originale de se présenter à la population lors de la prochaine élection, en tentant de développer une idée mobilisatrice et en faire son leitmotiv. Sans quoi cette formation ne passera pas le test de la popularité. C’est triste à dire, mais vaut mieux être prévenant et aller au-devant des coups. Il y a du travail à faire ici mes amis au plan des communications.

Le site web de l’ADQ accueille quant à lui ses visiteurs avec un slogan « Pour un Québec automne ». On me permettra ici de faire l’économie d’une description de la section « Dossier » du site où l’on retrouve les six points où s’articule le programme de ce parti. Faire l’économie de description par une certaine allergie aux idées de droite et ultra individualiste, faisant fie de la communauté d’individus qui aspirent à autre chose que de vivre en simple agrégat au sein d’une même société.

Quoiqu’absente sur les bancs du Salon Bleu de l’Assemblée nationale du Québec, la CAQ de François Legault quant à elle fait jaser, beaucoup jaser, tant et si bien que les Québécois, de manière presque aveugle, sont prêt à lui confier le pouvoir tant ils en ont marre des odeurs de corruption depuis 2003 et qu’ils n’en peuvent plus d’attendre après un parti qui dans la forme promet un pays qu’il n’offre plus en substance. Alors à défaut de confier à un parti crédible la gouvernance de sa nation, le peuple Québécois préférera, selon la tendance dans les sondages depuis janvier 2011, de confier son avenir politique et sociétal à un parti qui n’a encore aucune existence. Faut moyennement avoir été abusé dans sa confiance pour faire une telle chose. Il n’en demeure pas moins que les trois grands axes de réflexion propulsés par le groupe de Legault ont au moins le mérite d’une audace, une audace qui semble plaire à la population du Québec. Tant en éducation, en santé qu’au plan économique, (la culture est un autre axe à nous présenter bientôt), on voit la nette volonté dans ce groupe de lancer un débat public centré sur des idées. Je trouve à tout le moins intéressant le slogan portant sur l’économie : « Une économie de propriétaire et non de succursales ». De nature à éveiller l’entrepreneuriat caractéristique des Québécois, ce qui est louable en soit, ce slogan éveille aussi une autre grande préoccupation, que Legault tente pourtant de repousser de toutes ces forces : celle de l’idée de l’indépendance du Québec. La première grande succursale qu’il faudrait transformer en propriété collective est bel et bien la nation québécoise. Et tant et aussi longtemps que cette réalité sera reléguée aux oubliettes, tout projet de grande réforme de la société québécoise au plan politique, économique, social et culturel sera toujours en butte au grand patron de la succursale, un patron situé à Ottawa. Le Québec ne peut aspirer, ni à de grands projets mobilisateurs pas plus qu’à de grandes réformes tant qu’il ne possédera entièrement les leviers de contrôle en mains.

La seule formation politique qui aurait pu être en mesure de présenter un seul grand projet mobilisateur et ainsi offrir un vrai choix à la nation québécoise est le PQ. Vous avez sans doute noté le temps employé dans cette dernière phrase, qui « aurait pu être » (passé conditionnel)? Suite aux évènements des dernières semaines au PQ (démission de quatre députés du caucus) et antérieurement l’adoption au dernier Congrès de ce parti de la « gouvernance souverainiste » (qui dans ma perspective ne vaut pas mieux que « l’affirmation nationale » de Pierre-Marc Johnson), il m’est devenu assez clair que ce parti politique a scellé son avenir vers le caveau funéraire. Bernard Landry a eu cette phrase caractéristique de ce que pourquoi ce parti existe : « le PQ a été fondé pour faire l’indépendance nationale et non pour gouverner ». La substance par laquelle ce parti a pris forme est évaporée et la forme qui demeure aujourd’hui n’inspire personne dans la population. Son chef actuel illustre très bien l’indifférence parfaite que peut avoir aujourd’hui l’ensemble de la classe politique à l’égard des profondes aspirations du peuple qu’ils n’écoutent jamais! Une seule chose peut éviter un sort semblable, voir pire que celui qu’a subi le Bloc Québécois le 2 mai dernier est un putsch, un putsch éjectant à la fois son chef actuel et la tiédeur devenue caractérielle du PQ à l’égard de sa mission et de sa raison d’être : l’indépendance nationale du peuple du Québec. Pour sauver ce parti du caveau funéraire qui l’attend, il lui faudra un chef n’ayant qu’un seul et unique leitmotiv, un projet de société mobilisateur que la nation québécoise appelle de tous ces vœux : l’avènement d’un pays. Que l’on en fasse un enjeu d’élection! On prend le pouvoir et on déclare l’indépendance. Cette proposition électorale n’a jamais été LA proposition du PQ et dans l’état actuel des choses c’est peut-être la stratégie électorale qui pourrait encore sauver la peau de ce parti.

L’envers de la médaille.

Le Plan Nord deviendra vraisemblablement le motif et le cheval de bataille d’une élection automnale au Québec. Le premier ministre, dans son entêtement habituel, s’est créé une petite ritournelle dans sa tête se convainquant lui-même, une fois de plus sans écouter vraiment personne dans la population, que ce projet sera le projet que veut le peuple. Ce n’est vraiment pas après avoir fait le tour de quelques cuisines, terrasses et lieux de socialisation des gens au Québec qu’il a pu tirer de telles conclusions. Non, strictement après avoir fait un voyage d’affaires en Europe. Mais pour créer un projet mobilisateur pour une nation, encore faut-il que celui qui le lance ait une certaine crédibilité auprès de ces commettants pour réussir à le faire. Et la crédibilité de ce premier ministre au Québec présentement, disons que je ne parierais pas même ma camisole la plus usée sur ce facteur par les temps qui courent. Saviez-vous que lorsque ce Plan Nord fut officiellement présenté au printemps dernier, que l’un des premiers concernés par ce plan, le Chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador aurait été invité à cette conférence de présentation à la dernière minute et par courriel? Il me semble qu’en matière de diplomatie il y aurait eu mieux à faire pour impliquer l’un des interlocuteurs de premières lignes dans ce projet, non?

L’un des arguments que le premier ministre a évoqués pour justifier l’importance de ce très très grand projet qu’est le Plan Nord, toujours selon Cyberpresse, dans l’engouement qu’il pourrait créer, est le fait qu’il serait tellement mobilisateur que cela pourrait permettre de « régler » un autre problème, celui du multipartisme au Québec. D'ailleurs, il (le premier ministre) souligne que ce « problème » n’est pas unique au Québec, mais qu’il est observable un peu partout dans le monde occidental. Ah bon, voilà que nos démocraties occidentales, paraît-il, s’accommodent de moins en moins avec la multiplication des tendances et partis politiques! Et pendant ce temps-là dans certaines autres parties du monde, on se bat jusqu’à livrer sa vie pour faire advenir la démocratie. Mais quel curieux paradoxe, ne trouvez-vous pas?

Inconsciemment le premier ministre ce faisant confesse deux choses : 1) qu’il veut régner en roi et maître sur le Québec pour achever l’œuvre destructrice qu’il a entamée depuis avril 2003 et 2) que la présence de plusieurs joueurs dans l’arène politique actuelle lui font craindre une défaite écrasante à cette prochaine élection. Décidément en matière d’audace, la droite néolibérale use de tous les subterfuges possibles et inimaginables pour assurer son règne oligarco-ploutocrate.

Et s’il y en a pour croire que le Plan Nord à la sauce PLQ va permettre aux Québécois de s’enrichir, ils feront bien de se documenter et d’analyser la présence des acteurs sous-jacents à ce plan : il faut bien avoir à l’esprit qu’une poignée d’industriels du secteur privé vont s’en mettre un gros « motton »dans les poches alors que nos sous-sols leur a été vendu ou sur le point de l’être pour une bouchée de pain. Et pendant ce temps, la nation québécoise s’en sera fait passer une autre p’tite vite en ramassant les quelques miettes qu'il en restera, s'il en reste!

De Soulanges en ce 1er juillet 2011,

Normand Perry