Henri Bergson: philosophe français, né et mort à Paris (1859-1941)

mercredi 8 octobre 2014

Troquer la démocratie contre l'indépendance: vraiment?

Mon collègue de plume sur les blogues du Huffington Post Québec, Steve Fortin, se demandait, il y a quelques jours, si les indépendantistes devaient être les seuls à se porter garants de la vertu, en ce qui concerne, entre autres choses, l'éventuelle candidature de Pierre-Karl Péladeau, à la chefferie du Parti québécois.  

Petite question pour mes amis péquistes et qui sont partisans de l'éventuelle candidature de PKP à la chefferie de votre parti: dans l'hypothèse où ce serait le PLQ qui se retrouvait sans chef et qu'une course à la chefferie se préparait; si le propriétaire de Gesca et héritier de l'entreprise de son père, André Desmarais se présentait, quelle serait alors votre réaction?  

Il fait peu de doutes que plusieurs d'entre vous se demanderaient : est-il normal qu'un magnat de la presse québécoise, contrôlant l'un des organes d'information les plus influents du Québec (Gesca), décide de conserver tous ses titres de propriété d'affaires alors qu'il pourrait non seulement devenir chef du PLQ, mais également premier ministre du Québec?  

Si vous répondez «oui» à la question précédente, sachez que vous avez abandonné tout idéal démocratique, et vous le faites de facto en soutenant Péladeau. Et ce faisant, ne vous rendez-vous pas compte que vous ouvrez une porte quelque peu dangereuse, en vous engageant dans une pente descendante, au plan démocratique, où vous n'aurez plus aucune possibilité de retour en arrière? Car tel est le fondement même d'une telle problématique.  

Dans un tel scénario, je vois et entends déjà tous les péquistes, couteaux entre les dents, monter au front et déchirer leur chemise sur la place publique pour dénoncer les abus de pouvoir (en puissance) que représenterait un tel scénario chez les libéraux, celle d'une candidature hypothétique d'André Desmarais à la chefferie de ce parti. Et vous auriez raison dans l'essence même des choses.  

La question n'est pas de savoir si le propriétaire d'une entreprise contrôlant un organe majeur d'information a le droit de devenir chef de parti et éventuellement premier ministre ou non. La question du droit, en cette matière, j'aime mieux la laisser entre les mains de juristes expérimentés pour y répondre. Par contre, il y a une chose qui précède le droit et qui le transcende (comme en toutes choses d'ailleurs), ce sont les questions de morales et d'éthiques. Posons-nous deux questions forts simples, nonobstant les individus ou les partis politiques concernés :  

1-En quoi est-il correct qu'un propriétaire d'un organe d'information majeur puisse devenir chef d'un parti politique (tout en demeurant propriétaire de son entreprise) et ultimement devenir premier ministre?

2-En quoi est-il néfaste qu'un propriétaire d'un organe d'information majeur puisse devenir chef d'un parti politique (tout en demeurant propriétaire de son entreprise)  et ultimement devenir premier ministre?

Faites l'exercice de répondre à ces deux questions-là, dans votre for intérieur, face à vous-même, en toute honnêteté intellectuelle. Prenez une feuille de papier, divisez la en deux colonnes, à gauche placez les éléments de la réponse à la première question,  et à droite, placez les éléments de la réponse à la seconde question. Puis comparez où sont les éléments les plus révélateurs au plan moral et éthique...  

Après avoir fait cet exercice,  je vous pose la question titre du présent billet: «Troquer la démocratie contre l'indépendance: vraiment?»  

En ce qui me concerne, je ne suis pas certain d'avoir très envie de jouer à ce jeu, pour le moins, très risqué et dangereux. Ma liberté démocratique n'a pas de prix, et je n'ai pas envie de la troquer contre quoi que soit: car une fois que j'aurai concédé ma liberté démocratique, qui dit qu'il me restera assez de liberté pour aider ma patrie à conquérir notre indépendance?

Ce texte a été publié sur le Huffington Post Québec le 8 octobre 2014.

Se réapproprier le Mouvement Desjardins.

Si nous avions une Bastille à Montréal, j'irais la prendre en Jupiter!

Il est vraiment temps qu'un grand coup de balais soit donné au Québec, et peut-être pas celui que Monique F. Leroux, présidente chez Desjardins, veut pour tous sans passer par son propre statut de millionnaire!

Madame Leroux, après avoir lu vos propos dans l'article « L'austérité: le passage obligé des Québécois » dans l'édition du Journal de Montréal du 6 octobre dernier, et surtout avoir été témoin d'une attitude que je trouve déplacée pour une présidente d'un mouvement coopératif (dénudé de tout sens au point où j'interroge mon appartenance à ce dernier), j'ai décidé de prendre la plume et de réagir publiquement.

Je suis très inconfortable avec l'idée de vous avoir comme présidente madame, surtout dans le contexte où l'on connaît votre salaire faramineux et que les fins de mois doivent certainement être le cadet de vos soucis, contrairement aux 90% des membres du mouvement que vous présidez.

Alphonse Desjardins a fondé ce mouvement parce qu'il a su faire preuve d’empathie par rapport à son milieu et à son temps; aujourd'hui nous (les membres) devons subir des positions publiques et des décisions venant d'une présidente dont on ne perçoit rien de tout cela. Au contraire, vos positions néolibérales sur des enjeux majeurs, comme celui d'un régime d'austérité, apparemment incontournable au Québec à ce moment-ci de notre histoire, sont aux antipodes de l'idéal coopératif et de solidarité du mouvement que vous présidez!

Membres du Mouvement Desjardins, j'en appel à une rébellion ouverte à l'endroit de Monique F. Leroux, et organisons une destitution de sa présidence. En tant que membre de ce mouvement coopératif, nous en avons le pouvoir et surtout le devoir à l'endroit de la mémoire de notre fondateur, Alphonse Desjardins.

Maudit que je me retiens pour ne pas verser en une terrible colère, vous ne pouvez vous imaginez comment elle me brûle les doigts quand je me fait rire en pleine face de cette manière là!

Normand Perry
Membre du Mouvement coopératif Desjardins.

Les Rockefeller + FIA Formule E = Révolution énergétique mondiale.

Cela est presque passé inaperçu dans les médias nationaux du Québec récemment, mais une véritable chiquenaude est survenue dans le monde de la finance, chez nos voisins américains à Wall Street le 22 septembre dernier.

Les Rockefeller ont retirés leurs billes du secteur pétrolier, afin de réinvestir ces importantes sommes vers le combat contre le réchauffement climatique. Ce n'est pas rien, que cette nouvelle! Surtout lorsque nous savons que la fortune immense de cette famille s'est enraciné dans les énergies fossiles.

Lors de la première course de championnat de FIA Formula E à Beijing le 13 septembre dernier, je me réjouissais de voir cet événement comme une véritable révolution.  Non seulement  une révolution en course automobile, mais dans l'industrie automobile dans son ensemble, puisque le développement de ces voitures de courses électriques, par les ingénieurs du milieu, va constituer un véritable laboratoire (comme c'est toujours le cas dans les courses de voitures de haut niveau), qui va propulser le marché de l'automobile vers l'énergie électrique, et que cette même révolution constitue le début de la fin de l'industrie pétrolière.

Ce que Les Rockefeller ont réalisé cette semaine vient cristalliser, assez solidement, les retombées de cette même révolution. Adieu aux pétrolières et bye bye aux sables bitumineux albertains. Car si le mouvement entamé par les Rockefeller provoque une cascade sur les marchés boursiers et que d'autres grandes fortunes influentes de la planète décident d'aller dans le même sens pour le combat contre le réchauffement climatique, l'industrie pétrolière va décliner, peut-être beaucoup rapidement que certains pourraient le croire en ce moment à Québec et à Ottawa.

Ce qui devrait donner une impulsion additionnelle aux groupes qui combattent, contre vents et marées, les projets pétroliers qui concerne le Québec: que ce soit par le transport du pétrole sur notre fleuve St-Laurent, source d'approvisionnement en eau potable d'une très grande partie de la population québécoise; que ce soit sur les tracés d'oléoducs où le pétrole acheminé vers le Québec servira surtout à l'exportation; que ce soit dans les projets d'exploration et d'exploitation pétroliers dans le St-Laurent (encore!), en Gaspésie et sur l'Île d'Anticosti.

Au total le Québec coure beaucoup plus de risques de catastrophes graves et irréparables en matière de pétrole que de bénéfices que tous les citoyens pourraient en retirer par l'État. Les groupes environnementaux qui combattent actuellement ces projets doivent redoubler d'ardeur et d'énergie, car la révolution de la propulsion électrique en automobile vient de recevoir un très sérieux coup de pouce, inattendu tout autant qu'inespéré, de la famille Rockefeller.

Ce texte a été publié sur le Huffington Post Québec le 29 septembre 2014.